L OLIVIER
On rencontre l'olivier sur le massif, dans la plaine, et à l'état sauvage. Souvent il forme des masses compactes de bois incultes , ou se développe en haies vives autour des champs. Sa vigoureuse et puissante végétation fait soupçonner un arbre de race indigène; et, en effet, depuis que les Phéniciens l'ont implanté sur la terre d'Afrique, il s'est tellement identifié avec elle, qu'il est devenu un des traits les plus riches et les plus familiers de sa physionomie pittoresque.
Dans toutes leurs expéditions, nos troupes ont trouvé le sol couvert d'oliviers, comme le font observer les rapports du gouvernement. Un officier ajoute, que toutes les fatigues de nos soldats sont oubliées , quand , après une marche
pénible, il leur arrive de bivouaquer dans une foret de ces beaux arbres, dont les branches vertes s'enflamment et pétillent aussitôt qu'on les met en contact avec le feu *.
En un mot , l'olivier est un de ces végétaux qui participent du caractère monumental des œuvres de l'arcliitectonique , par leurs formes proéminentes, leur existence séculaire et leur immuable aspect. Son nom populaire se rattache intimement aux traditions des Arabes, et se reproduit partout dans la nomenclature géographiq^uc du pays : c'est ainsi qu'il y a , chez les tribus de la côte et de l'intérieur, un port des oliviers, une rivière des oliviers, une vallée des oliviers, etc ^.
Si les Arabes s'étaient appliqués à diriger par
' Situation des établisstmens français dans VAlgcric^ p. 42 et 279. — ProceS'Verbaux et. rapports de Id commission d' Afrique j, p. gS. — Rapport sur la colonisation , par M. de la Piosonnière, I'^ part., p. 67. — Foyage dans la régence cC Alger, par le capitaine Rozet, t. P', p. 191.
lies plu^ belles plantations d'oliviers, d'après Desfontaines, sofat aux environs de Blidali , de Bonc , de Bougie et de Tlemsen. Ou cite plusieurs districts, dans le petit Atlas, où ces arbres donnent de bonnes olives sans le secours de la greffe. — Nouvelles annales des Voyages, II'^ série, t. XVII, p. 35o.
' Mers-el-Zeitoun, Oued-el-Z eitoun^ etc., etc.
La Revue des Deux-Mondes a donné dernièrement une description pleine d'intérêt de la vallée et de la rivière des oliviers. Voyage au camp d'Abd-el-Kader, liv. du i5 août 1858.
la culture les instincts productifs de l'olivier, l'huile la plus belle eût, pour ainsi dire, coulé dans leurs champs, et, de là, débordé sur le monde. Mais ce n'était pas seulement les tribus de la plaine qui négligeaient de mettre à profit de si grands avantages ; les habitans du massif d'Alger n'étaient ni plus avancés, ni plus soigneux sous ce rapport.
Pendant les sept premières années qui ont suivi la conquête , les colons ont greffé plus de soixante mille oliviers. Le mouvement de la culture eût été encore plus rapide sans les obstacles que les propriétaires européens ont trouvés dans la cherté de la main-d'œuvre, et surtout dans la rareté des ouvriers exercés à ce genre de travail ^
La province d'Alger renfermait, en 1837, 63,327 oliviers greffés, et 502, S06 oliviers sauvages. On comptait, en outre, à Bone, 1,135 arbres de la première classe et 16,257 de la seconde.
' Tableau des ètablissemens français dans V Algérie ,, IP part., p. 270 et 280.
En i836, le jardin de naturalisation possédait un plant de sept mille pieds d^oliviers. Mais cet établissement manquait de sujets pour fournir des grefles. Il n'était muni que de 9 pieds venus de Provence, lesquels ne pouvaient fournir annuellement' t]u'une cinquantaine de greffes c\\diC\m.— Annales de la société coloniale^ t. V^'', p. 57,