‹ De la colonisation du nord de l'Afrique; nécessité d'une association nationale pour l'exploitation agricole et industrielle de l'AlgérieChapitre 30 sur 53 · SAUVAGES · texte numérisé non relu

SAUVAGES

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Ce qui mettait les oliviers greffés relative-

ment aux oliviers sauvages, dans la proportion de 64 à 318. En d'autres termes, sur 100 oliviers, 14 étaient greffés et 86 sans culture. Quelle latitude immense pour les travaux de notre association agricole !

L'olivier du littoral ne ressemble en rien à l'arbre de même espèce qui croît dans le midi de la France. Considéré dans l'ensemble de ses proportions, il a une élévation, une force, une exubérance qu'on chercherait en vain dans les formes épuisées de celui-ci. La culture n'affaiblit en aucune manière son énergie naturelle. Tous les cultivateurs de notre Afrique française savent qu'après avoir reçu la greffe , il prend un développement trois ou quatre fois plus prompt et plus considérable que celui de l'olivier provençal ^.

Comme le cotonnier à longue soie, l'olivier se plaît évidemment dans le voisinage de la

• « L'olivier de l'Algérie est aussi beau que le chêne d'Europe. » ( Le capitaine Rozet, Voyage dans la régence, t. I«% chap. IXj p. 2i5.) « Les oliviers cultivés en Barbarie sont bien plus beaux et bien plus élevés que ceux que j'ai vus en Proj vence. » (L'abbé Poiret, Voyage en Barbarie , II« part.. Histoire naturelle j p. 8i.) Cest donc surtout dans l'Afrique septentrionale que l'olivier est h premier des arbres, olea prima omnium arborum est j selon l'expression de Columelle.

mer *. Peut-être faut-il attribuer sa rapide croissance sur les côtes de l'Algérie, à leur atmosphère si fortement imprégnée de vapeurs salines.

Il y trouve d'ailleurs toutes les autres conditions nécessaires à son bien-être. Les pentes montueuses, sur lesquelles il vient le mieux, abondent dans les campagnes accidentées du littoral; et la douceur du climat le protège contre les gelées destructives qui désolent si

' Voyez les noies de M. Fée , sur V Histoire naturelle de Pline, bibliothèque latine de Panckoucke, t. IX, p. 549-

« Les auteurs anciens ont dit que l'olivier ne pouvait subsister à plus de SoJ^ieues delà mer. Cette assertion n'est pas rigoureusement vraie, puisqu'on en voit dans le royaume de Lëon , en Espagne, à plus du double, et dans l'Asie raineui-e et la Mésopotamie, à plus du triple de cette distance. Cependant, il est certain qu'on ne le trouve que sur les bords de la Méditerranée , de la mer Noire et de la mer Caspienne. Les plantes qu'on a transportées au Chili ne sont pas non plus très-éloignées de la mer.

» Des documens authentiques constatent qu'on cultivait autrefois l'obvier, en France, à un plus grand éloignement de la mer, par exemple, aux environs de Valence : aujourdiiui, on n'en voit plus, même aux environs d'Avignon, et ceux de la plaine d'Aix sont si souvent maltraités par la gelée , que beaucoup de propriétaires commencent à les faire arracher pour les remplacer par les amandiers, dont la récolte est plus certaine et plus productive. Il en est de même aux environs de Limoux. » — Nouveau cours complet ci' agriculture , t. X, p. 497'

souvent le midi de la France et s'étendent quelquefois sur le nord de l'Italie ^

Outre que les produits des plantations de la société ne seraient jamais compromis par l'intempérie des saisons , ils donneraient des revenus beaucoup plus élevés que dans le midi de la France , où l'on commence d'ailleurs à abandonner cette culture.

Prenons , par exemple , un champ d'un hectare, contenant 225 pieds d'oliviers. Au bout de six ans , les frais de plantation et d'entretien, estimés à 1 fr. 25 cent, par arbre , auront occasionné une dépense de 156 fr. 25 cent. Le champ sera en plein rapport, et, à raison de 10 fr. par pied, il donnera un revenu annuel de 2,250 fr.

' Tableau des èlablissimens français j p. 280.

En 1709, un froid subit et intense lit périr presque tous les oliviers en France. Depuis , ces arbres ont été frappés de la gelée , mais moins généralement et moins fortement , dans les hivers de 1740, 1745, 1748, 1755, 1768, 1784, 1820 et i83o. A la suite des gelées , les cultivateurs sont souvent obligés de retrancher les plus grosses branches de l'olivier. Ces grandes amputations, qui ne laissent guère subsisler que les troncs, exi» gent des précautions infinies. — Voyez la Collection de mémoires relatifs aux effets produits sur les olii'iersj par la gelée du 11 au 1-2 janvier 1820, i vol. in-8". Paris, 1822, Et la Notice sur les oliviers frappés de la gelée et le moyen de conserver le plus grand nombre de ceux que le froid n'a pas entièrement détruits j, par M, Raybaud- l'Ange, in-12^ Paris, 1825.

En suivant ces bases approximatives, 10,000 oliviers coûteront 12,500 fr. en frais d'établissement, et donneront un revenu annuel de 100,000 fr. D'un autre côté , il faudra dépenser environ 6,000 fr. pour la construction d'un moulin nécessaire à l'extraction de l'huile. Qu'on ajoute à cette somme les charges de toute espèce pour rente de terrains , intérêts des capitaux, récolte des fruits, etc., et l'on verra que notre association réalisera encore des bénéfices très-élevés sur les plantations d'oliviers.

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