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NOUVELLE EXPLOITATION AGRICOLE DE N'DOUTE

Cependant leur zèle ne s’est pas arrêté là. À seize kilomètres environ de Thiès est la province sérère de N’Doute.

C’est une plaine dominée par une chaine de collines qui

offre aux yeux du voyageur un aspect des plus pittoresques. Les pères du Saint-Esprit ont acheté à Demba War, chef du Cayor, quatoïze hectares de terre,etont établi sur une Colline isolée une mission nouvelle. On peut être sûr qu'avant peu ils auront transporté notre langue dans ce pays et y auront fondé une petite exploitation agricole.

Quoi qu’il en soit, 1l faut, par tous les moyens possibles,

favoriser les pères du Saint-Esprit à Thiès et leur confier la direction d’une ferme-modèle qui ne tardera pas, je

puis l’affirmer, à prendre entre leurs mains une importance capitale. D'ici quelques années, Thiès, grâce à sa proximité de la côte, à laquelle d’ailleurs il est relié aujourd’hui par un chemin de fer, va devenir le plus grand centre d’affaires de tout le Bas-Sénégal. I n’y a plus rien à redouter des populations qui nous sont soumises. La fondation officielle d'une école d'agriculture sera plus

utile pour nous que l'implantation récente de notre dra-

peau à Tombouctou.

Le rôle des missionnaires est d'aller toujours plus loin. En effet, ce qu'ils ont entrepris à Thiès, ils l’ont également entrepris à Kita ; mais le grand éloignement de Saint-Louis ne permet pas encore de signaler cet en-

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droit, d’ailleurs d’une fertilité admirable, à l'attention que Thiès mérite de provoquer immédiatement.

LA MISSION A KITA

La mission de Kita a été fondée vers la fin de Pannée 1888, dans les deux villages de Makandiambougou et de Bangassi. Elle est située à 1.500 kilomètres de la côte, au centre du plateau d’où sortent le Sénégal et le Niger. C'est de Kita que rayonnent dans tout le Soudan les grandes routes du Nord par Bamakou, Ségou, D’iermé, Bandiagara, Kabara et Tombouctou et du Sud par Sigiri, Kankan, Kérouané, Bissandougou et Jarrenah. Aussi Kita est-il appelé à un bel avenir et, dans quelques centaines d'années, sera-t-1l probablement Ja plus grande ville de l'Afrique intérieure.

Le pays est très accidenté et offre aux yeux ravis du voyageur les aspects les plus-variés et les sites les plus grandioses. Çà et là des picsisolés s'élèvent au milieu de la plaine ; plus loin d'énormes assises de pierre, creusées, on ne sait comment, aux flancs mêmes des rochers, ressemblent à des marches colossales taillées jadis par des géants. Au milieu du jour, une multitude de singes s’y livrent en grimaçant à des contorsions macabres, et la nuit, quand la lune se lève sur cette terre primitive, elle détache avec une vigueur saisissante de relief le fauve profil d’un lion qui rêve immobile, ou Jette un regard de maitre sur la solitude profonde qui s'étend à ses pieds.

Du fond des gorges verdoyantes s’élancent, pendant la saison des pluies, de vrais torrents dont les eaux roulent en grondant au milieu des pierres et des massifs touffus.

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On est loin des rives si souvent désolées du Sénégal et,

sur ces bords enchanteurs, on se croirait revenu aux

pays de nos régions méridionales, si par dessus toute cette verdure le superbe, mais terrible soleil d'Afrique ne brillait de tout son éclat.

Ilest vrai que, de novembre à juin, Kita subit l’influence de la sécheresse de cette zone torride. Pendant cette époque, le soleil et les mcendies allumés dans la brousse par les indigènes mettent à nu le sol durer. Les plaines ne présentent aux yeux qu’arbustes rabougris et les flancs des montagnes que d’épais fourrés de bambous. Mais à peine les pluies de l’hivernage ont-elles fécondé

cette terre calcinée que soudain, par enchantement, sur-

git une splendide et folle végétation.

Les Malinkèsrépandus dans le Pouladougou et le Ouassoulou occupent les seize villages qui forment Kita et ses environs. Ce sont de pacifiques cultivateurs et des artisans qui professent une haine mortelle pour les musulmans. Ces derniers ont cherché, mais en vain, il y a quelque temps, à faire chez eux de la propagande à main armée.

LA CUETURE A KITA

C’est parmi ces tribus douces et sympathiques, où notre influence peut s'implanter facilement, que les missionnaires ont été prêcher la bonne parole. Fidèles d’ailleurs à leur but de colonisation, ils y ont déjà fait des essais de culture.

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RICHESSES DE KITA — LE KARITÉ

01 y à beaucoup de parti à tirer du pays où le coton,

e tabac, les pastèques, le mil, Le riz, les arachides pous- sent en abondance.

5 La nourriture principale des indigènes est le mil pilé 5 cuit à l’eau avec du karité. Le karité ou beurre végétal, est 4 4 un produit sur lequel j'appelle l'attention et qui pourrait devenir, je crois, un article important d'exportation. C’est le fruit d’un arbre qui pousse par véritables forêts dans le Soudan. Il affecte à peu près la forme d’un marron. Après l'avoir écrasé, les noirs en font une sorte de bouillie . qu'ilsjettent dans de l'eau chaude: Ils recueillent lécume ne. qui surnage et, quand elle s’est refroidie, ils en forment 1e des pains qu'ils entourent de la feuille même de l'arbre, + comme cela se fait pour le kola. Les pains de karité peuvent se conserver indéfiniment et sont une des bases de Palimentation indigène.

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