Louis Barthou. L'action syndicale, p
Pour remédier à cette situation, des réformes sont nécessaires, et ce sont ces réformes que le rapporteur étudie dans une seconde partie.
Il se demande tout d’abord s’il y a lieu de confirmer par un texte de loi & la tendance des syndicats à revêtir la forme, obligatoire, soit par les dispositions de la loi soit par la rigueur de leurs règlements intérieurs et leur action disciplinée contre les non-syndiqués» (1). M. Barthou repousse le syndicat obligatoire «comme oppressif pour les syndiqués et comme exclusif pour les non-syndiqués (2), selon le mot de Frédéric Passy, qu'il cite lui-même ». Il le repousse parce qu’il serait attentatoire à la liberté du travail, parce qu’il mettrait à l’index toute une catégorie d'ouvriers qui ne voudraient pas se plier « à la tyrannie syndicale» ou qui, exclus du syndicat, ne pourraient plus exercer leur profession.
fl constate que le syndicat obligatoire est préconisé à la fois et par les catholiques sociaux et par les socialistes. Aussi, tirant argument de cette communauté d'idées, il cite de longs passages des discours de M. de Mun, demandant la reconstitution des corporations « chrétiennement organisées » et la proposition de loi déposée en 1894, au nom du Conseil national du parti ouvrier français, notamment par MM. Guesde, Jaurès et Sembat.
Enfin M. Barthou étudie les réformes à apporter