DE LA COMPLICITÉ INTELLECTUKLLE
des nécessités, sans les avoir éprouvées par Tusage. Dans leur esprit, il s'agissait d'une œuvre loyale. Le progrès humain devait être cherché dans l'affranchissement des consciences, dans la libre discussion. Les excès les plus flagrants de la pensée humaine devaient être amnistiés d'avance, au nom même de la liberté *.
L'opposition de droite, par une attitude naturelle à toute opposition, joignit ses votes à ceux de ces trop généreux esprits.
Ainsi fut, d'abord proclamé, sans limite, sans contrôle, le droit de réunion. Puis vint l'affranchissement de la presse, favorisé encore par le dégrèvement des impôts sur le papier, des droits de poste, de télégraphe, les tarifs réduits de transport, l'abolition du timbre, de la patente, etc., l'octroi de fils spéciaux.
Avec raison, cependant, on estima qu'il ne fallait plus aucune entrave à l'expression d'une opinion. Le timbre, le cautionnement, le brevet d'imprimeur ou de libraire, l'autorisation préalable, la censure, le droit de suppression tout cela disparut.
On ne peut qu'applaudir à ces réformes. Il en est d'autres qui ont été profondément malheureuses.
Ainsi, un régime exorbitant du droit commun a été créé
1. M. Floquet, à la Chambre, exprimait cette opinion « que toute « conception intellectuelle devait échapper à la répression de la loi, « si elle ne s'était pas traduite par des actes et des faits;' et qu'en « dehors d'un trouble matériely il n'y avait que des opérations de la « pensée qui devraient être insaisissables. »
M. Eugène Pelletan disait au Sénat, dans son rapport : « Tout ce « qui a pu être un délit d'opinion disparaît ... Quand une intelli- « gence parle à une autre intelligence, lui impose-t-elle son opinion ? « Non! elle ne fait que la proposer; on est toujours libre de l'ac- .« cepter ou de la rejeter. Parler et convaincre sont deux choses dis- « tinctes. Si celui qui parle n'a pas converti celui qui l'écoute, pour- « quoi le punir? et s'il l'a converti, est-ce que l'adhésion de l'auditeur « n'est pas alors une présomption de vérité? Cette vérité présumée « pourrait cependant bien être une erreur; mais dans ce cas, qui donc
« pourrait oser faire la police du cerveau humain? ICn fait d'opi-
« nions particulières il n'y a qu'un tribunal possible, le bon sens « public. »
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inent la préparation réfléchie et le commencement effectil d'un attentat.
Les menaces sont prévues au Gode pénal de môme que les soustractions frauduleuses, et Tappel aux attentats contre les propriétaires ou leurs biens, cola n'a rien à voir avec la politique ^