Rapport de M. de Barthélémy à la Chambre des Pairs
sans être obligés de grever outre mesure le budget départemental. In 1837, 380 aliénés étaient soignés à la maison du Bon-Sauveur, à Caen, 630 dans l'hospice de Maréville (Meurthe), dirigé par la congrégation des Dames de Saint Charles. Les établissements de Bar-le-Duc, Saint-Dizier, Bourg, Dinan, etc., traitaient également un grand nombre de malades; et, la rétribution exigée par ces associations était des plus minimes, parfois elle ne dépassait pas 0 fr. 60 par Jour. Quant à l’argument tiré de l'influence néfaste qu'excrceraient peut-être les idées religieuses sur l'esprit des malades, il a été victorieusementréfuté par M. de Barthélemy. « L'influence que la religion peut exercer, dit- «il, ne paraît pas devoir être redoutée. Dans « une maladie pour la guérison de laquelle les « moyens moraux sont reconnus si efficaces, « les secours de l'art ne peuvent que trouver de « puissants auxiliaires dans les soins qu'inspire « la charité chrétienne. Le dévoûment reli- « gieux commande tour à tour la fermeté et la « douceur nécessaires à la direction d’une « maison de fous ; c'est ce qui faisait dire à un « habile médecin que les malheureux aliénés « considéraient les sœurs comme des anges « tutélaires, et que la sage direction qu’elles
Leo. CU.
€imprimaient contribuait à la fois à l'ordre, à « la santé et à la guérison des malades. Il résulte des enquêtes solennelles faites en « Angleterre sur cette grave question, que l’in- « fluence religieuse est salutaire, loin d’être « nuisible, et, des relevés statistiques des hos- « pices de Paris, que, parmi les causes de folie, « l’exaltation religieuse se trouve dans les der- « niers rangs, et qu’elle ne vient qu'après la « transmission par le sang, l'ivrognerie, le « libertinage, les revers de fortune, les passions « contrariées et la simple terreur. »
La loi n’a donc pas limité la durée des traités intervenus entre les départements et les établissements privés. Mais, dans l’intérèêt des aliénés, il ne faut pas que les départements prennent des engagements de trop longue durée. Les circulaires du Ministre de lintérieur, des 14 août 1840 ‘, 3 mai 1852 ?, 4 août 1866 à, recommandent de ne conclure ces traités que pour un an.
La loi de 1838 a soumis à lPapprobation du Ministre de lintérieur les traités passés avec les établissements privés ; cette approbation n'est donc pas nécessaire pour le cas où le département s’est entendu avec un établissement
1, DALLOZ, Rép., v° Aliénés, 2, DALLOZ, 1852, 111, 86.