Voir infrà Chapitre 1. 13. III
que depuis la suppression totale du phosphore blanc aucun danger n’est plus à craindre.
III, — Remarques sur le caractère des diverses mains-d’œuvre
D’après ce que nous venons de voir, dans les fabriques d’allumettes comme dans les manufactures de tabacs, le travail individuel est de règle. Il en est ainsi pour les cigarières, les cigaretteuses, les fileuses, écoteuses, robeuses, hacheurs d’une part, puis les metteurs en presse, les dégarnisseuses emboîteuses, d’autre part.
Cette règle subit quelques exceptions ; le paquetage du scaferlati est la principale application du travail combiné. L’époulardage et la plupart des manutentions sont exécutées en commun par un certain nombre d’ouvriers ou d’ouvrières. Nous étudierons en détail ces modes de travail, en traitant la question des salaires.
Il est utile aussi de remarquer que dans l’industrie des tabacs, les opérations des diverses fabrications s’enchaînent mais ne se commandent pas immédiatement.
En effet, la matière en cours de transformation peut ou doit être mise en dépôt pendant un laps de temps plus ou moins long, autrement dit il existe toujours pour chacune des mains-d’œuvre un stock de la matière première correspondante.
C’est ainsi que les masses de scaferlati représentent
la quantité hachée pendant un mois, et que les cases
CHAP. I. — l’atelier
de poudre contiennent la production de plusieurs mois de râpage. Le stock des robes pour cigares suffit à la confection de plusieurs jours, et celui des tripes parfois à celle de plusieurs semaines.
Ces stocks évitent les à-coups et laissent une latitude suffisante dans l’organisation du travail, pour permettre d’accorder aux ouvrières une assez grande liberté.
11 n’en est pas de même pour la fabrication des allumettes. Là les opérations se commandent immédiatement. Le fait qu’on ait pu réaliser une machine continue met cet enchaînement bien en évidence. Toute variation d’effectif dans un atelier et toute variation de production se répercute sur l’ensemble de la fabrication.
Au point de vue de Tesprit du personnel, cette observation suffirait à expliquer, indépendamment de toutes les autres raisons, pourquoi il existe une solidarité beaucoup plus étroite entre allurnettiers qu’entre ouvriers des tabacs. 11 en résulte aussi que les conflits qui peuvent rester partiels dans les manufacturer de tabacs s’aggravent inévitablement dans les fabriques d’allumettes, où ils sont toujours généraux.