II. — Fabrication des allumettes
Les fabriques reçoivent les bois débités appelés allumettes blanches. Des ateliers de débitage, annexés à la fabrique de Saintines et à la manufacture de Dijon, occupent un personnel ouvrier infime.
A leur arrivée aux fabriques, les allumettes blanches sont mises en bateau par des femmes, c’est-à-dire rangées dans des cases spéciales formées de quatre panneaux. Elles sont ensuite mises en presse ; une presse se compose d’un cadre sur lequel des plaquettes en bois sont enfilées par leurs extrémités. La mise en presse consiste à dresser d’une manière régulière une rangée d’allumettes blanches entrechaque couple de plaquettes et à les maintenir toutes dans cette position en serrant les plaquettes les unes contre les autres. L’opération se fait au moyen d’un appareil mécani- , que : la machine Sébold ou la machine Walch.
Ces appareils sont rusti([ues et peuvent être maniés sans soin spécial. Pour la préparation et le bon remplissage des presses, il n’est pas nécessaire que l’ouvrier soit habile, il suflit qu’il soit consciencieux. Le travail à la machine Sebold est peu pénible, aussi était-il exécuté autrefois indifféi*emment par des femmes et pai’des hommes. Aujourd’hui les hommes seuls sont employés.
GHAP. [. — L’ATELIEa
Avec la niachine Walch le travail est plus siniple encore et moins dur ; on le confie indistinctement à des femmes et à des hommes.
Les presses rangées dans une sorte d’étagère montée sur roulettes sont successivement transportées au soufrage, au chimiqiiage, et au séchoir.
Pour enduire les allumettes de soufre on plonge leurs extrémités, presse par presse, dans un bain de soufre fondu.
Pour les enduire de pâte, deux ouvriers font passer la presse sur un rouleau trempeur qui en est couvert (1) ; après un court séjour au séchoir, des femmes dégarnissent les presses et pour cela elles desserrent les plaquettes puis retirentles allumettes et les rangentdans des boîtes ; en même temps elles épluchent, c’est-àdire enlèvent les allumettes défectueuses. Les allumettes sont ensuite mises en portefeuilles ou en boîtes.
Les tisons sont comptés. Pour les autres espèces, je nombre des allumettes est évalué d’après le poids ou le volume.
Pour les allumettes en cire la mise en presse est automatique, aussi bien que la préparation de la bougie fiée.
Le gros écueil de tous ces travaux était leur insalubrité ; le maniement du phosphore blanc donnant lieu à une intoxication lente très dangereuse. Nous aurons à revenir sur ce sujet (2), mais disons dès maintenant
1. Pour les tisons la pâte se pose par trempage. Un tour de main très simple permet de donner au bouton la forme voulue.^