‹ De la condition des ouvriers dans les manufactures de l'État (tabacs-allumettes)Chapitre 103 sur 147 · Voir chap. I, | 5, III · texte numérisé non relu

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« odeurs et [loussières du tabac, un empoisonnement (( se produit sous différentes formes : des troubles de « digestion, de la dyspepsie, des vomissements giai- (( reux puis alimentaires, de l’anémie, des battemenis (( de cœur plus faibles et plus irréguliers, de Tangine c( de poitrine, un amoindrissement des facultés céré* « braies, la perte de la mémoire, des troubles de la (( vue, et une diminution très sensible de la puissance (( génésique, etc. » (Echo, octobre 1897).

Et encore: « quand les ouvrières arrivent à l’age de « 50 ans, très peu sont valides et sont obligées de « finir leur existence dans d’affreuses douleurs si « elles ne quittent pas l’atelier (Echo, septeinbre 1897). Au congrès de 1897 un délégué s’écriait : «Nous avons « toujours la fièvi*e ; la fièvre nous nourrit» (Echo^ septembre 1898)^

Les ouvriers se plaignent enfin du surmenage auquel ils seraient soumis : citons à ce sujet cette phrase typique extraite d’une conférence faite en province par un délégué du comité central :« Tout comme les autres

« corporations, nous sommes exploités par le pati-on « modèle, ou du moins qui devrait l’ètre. L’Etat-

« patron abuse de son personnel [lourle faire produire

« de jour en jour davantage, pour lui arracher le « maximum de ses forces, qui nous laisse, au bout « d’un certain nombre d’années épuisés et sans forces, « la santé détruite, et cela oour faire rentrer dans le « trésor des sommes énormes de 350et iOOmillions» {Echo, avril 1900).

Travail pénible, milieu malsain, surmenage inhu-

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main, telles sont les doléances qui accompagnent toU' tes les réclamations des ouvriers des manufactures de l’Etat. Leur parti-pris de dénigrement est d’ailleurs visible ; ainsi il est de style, lorsque les syndicats demandent un règlement uniforme, d’ajouter qu’il devrait être emprunté à la manufacture la moins lésée .

On reconnaît encore ce même parti-pris, à des arguments aussi inattendus que celui-ci, émis par un secrétaire général de la fédération des tabacs : « Dans l’in-

(( dustrie privée tout n’est pas rose, j’en conviens, mais « on peut devenir patron dans sa profession, on peut « assurer sa vieillesse, on peut aussi se créer une (( situation qui vous mette à l’abri de la misère pour « les vieux jours, choses que ne peuvent faire les (( ouvriers et ouvrières des manufactures de TEtat. « On est ouvrier en entrant, on en sort de même... » (Echo, mars 1897).

Il n’est pas douteux cependant que tous les ouvriers se rendent parfaitement compte qu'ils occupent dans la classe ouvrière une situation tout à fait exceptionnelle et ils en laissent parfois échapper l’aveu. Un membre du comité central déclai’e par exemple au congrès de 1899 » les ouvriers des tabacs ne sont pas privilé- « giés ; ils ne subissent pas de chômage, voilà tout « l’avantage qu’ils ont » (Echo, avril 1890) et un autre, préconisant la grève générale, s’écrie : « Nous « venons de voir les terrassiers qui ont fait grève et « qui ne travaillent que six mois de l’année seulement ; « comment font-ils ceux-là ? Tandis que nous, nous « travaillons toute l’année sans chômage, gagnant

« une journée à peu près normale, nous ne pourrions

« pas en faire autant nous sommes habitués à une

« certaine félicité et nous avons peur de la perdre. Eh « bien, camarades, il est certain que si nous ne vou- « Ions supporter quehjue privation pour obtenir gain a de cause, nous n’avons plus qu’à avouer que nous « sommes satisfaits, que nous n’avons aucune revendi- « cation à formuler » [Echo, juin 1899).

Pendant le congrès des allumettiers qui eut lieu en 1899 à Angers, une grève éclata dans la scierie Ron¬

deau, qui fournit à l’administration une partie des l)ois d’allumettes, et qui est située dans la même ville. Les grévistes ayant sollicité l’appui du co^ngrès, le membre le plus influent de la fédération, parlant au nom de tous, explicjua aux délégués grévistes que si l’administration exploitait la scierie pour son propre compte ils deviendi’aient eux aussi ouvriers de l’Etat, ce qui serait très avantageux pour eux « car, ajouta-t-il, chez « nous tout le personnel est avantagé lui-même » (Compte rendu du Congrès de 1899, p. 30).

Enfin , ce qui montre (|ue le personnel des ouvrier.s des manufactures de l’Etat se sait « avantagé », c’est l’insistance extrême (|ue mettent, tous les ouvriers sans exception, à obtenir l’admission de leurs enfants

et

lies.

Le Congrès de 1899 a cru se montrer très modéré en demandant (jue 70 0/0 du personnel fut choisi parmi les enfants ou orphelins d’ouvriers et d’ouvrières. Les places étant rares, les fédérations ont souvent fait les [)lus vifs efforts en faveur de la reprise ou de l’accrois-

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sement du recrutement, et les chefs de la fédération des tabacs ont violemment pris à partie des directeurs, qu’ils accusaient d’exclure du recrutement les enfants des syndiqués et par là de violer la loi de 1884. Ils se rendaient bien compte qu’un tel ostracisme aurait suffi pour faire déserter les syndicats.

En attribuant autant d’importance à l’admission de leurs enfants dans l’administration (1), même dans les grandes villes où la main-d’œuvre est relativement abondante et bien rémunérée, les syndiqués montrent que, malgré leurs doléances, ils savent qu’aucune industrie privée ne peut oftVir une situation aussi avantageuse et des garanties aussi sérieuses que les manufactures de l’Etat. Mais à leui’s yeux, leurs privilèges perdent toute valeur, parce qu’ils les considèrent comme dus. Ne sont-ils pas ouvriers de l’Etat, et l’Etat ne doit-il pas être le patron modèle, et, comme tel, donner l’exemple du progrès? les ouvriers sont si complètement imbus de ces idées, qu’ils en arrivent à penser que les lois ne sont [)as faites pour eux. C’est ainsi que le porte-parole le plus autorisé de la fédération des tabacs, parlant de la loi sur les accidents du travail qui accorde aux blessés une indemnité égale à la moitié de leur salaire journalier, déclare : « La loi est telle, (( mais les administrations n’entrent pas en compte, « l’Etat est considéré faire mieux.... » et encore : « Les (( ouvriers de l’Etat ne sont [las compris dans la loi qui

I. Voir à ce sujet le compte rendu de la séance de la Chambre du i8 décembre 1900.

(( ne vise que les ouvriers de Tinduslrie [)i‘ivée. Malgré (( que celte loi u’est pas encore en vigueur, on veut (( nous rini[)oser dans les manul’actures. C’est à nous (( de réagir contre cette manière de voir de l’adminis- « tration et nous devons exiger la journée entière »(1) Ec/io, janvier 1898).

(yest là une opinion courante parmi les syndiqués. Tous sont persuadés cpie leur qualité d’ouvriers de l’Etat les place en dehors, les place au-dessus de la classe ouvrière; à leurs yeux tous les privilèges dont ils jouissent et tous ceux qu’ils réclament sont inhérents à la qualité d’ouvriers de l’Etat.

Entrons maintenant dans les détails de ces l’éclamations.

Il, — Les revendications des syndicats

Salaires. — Le secrétaire général de la fédération des tabacs traçant dans un article de VEcho des tabacs de juillet 1899, le programme des travaux du Congrès qui allait s’ouvi'ir, et appelant l’attention des sections sur les questions les plus importantes qui devaient être traitées disait : « La première et la [jrincipale est celle (( des salaires et c’est principalement sur cette question (( que je tiens à m’étendre. Depuis huit ans que nous « nous plaignons des salaires, et cela dans toutes les (( manufactures et partout ailleurs, des grèves surgis- (( sent de tous côtés, tout le monde se plaint, tout le

I. (7osl-à-dire une indeiimitr journalière ô(jiiivalonle au salaire.

(( monde est écrasé par la cherté des vivres et les im-

« pots . Quoique sur le nombre des ouvriers, quel-

(( ques-Lins sont sans famille, par conséquent ont moins (( de charges, mais ce n’est pas sur ceux-là qu’il faut (( se baser, c’est sur les chargés de famille, et si nous « voulions passer en revue les moyens d’existence de « ces derniers, sans exagération, c’est la misère. C’est (( donc la question des salaires qui a la plus haute « importance dans notre congrès, c’est le point de « départ ou bien la racine principale pour arriver (( successivement aux autres questions);.

Cette déclaration résume d’une manière très nette la façon dont la fédération des tabacs envisage la question des salaires. La vie étant chère, la situation des ouvriers chargés de famille est parfois précaire, donc les salaires sont insuffisants.

Les allumettiers s’en tiennent aux réclamations précises, individuelles mêmes, mais si nombreuses qu’elles embrassent en somme toutes les mains-d’œuvre. Jl suffit, pour s’en convaincre, de parcourir 1 un quelconque des comptes-rendus de leurs congrès. L’ordre du jour suit toute la fabrication et pour chaque main d’œuvre, le délégué de chaque fabrique déclare : « Cette tâche est payée tel prix, nous demandons tel autre » ; parfois ils ajoutent que le travail est difficile, pénible ou dangereux ; le plus souvent ils ne joignent aucune justification à leur demande.

La fédération des tabacs, tout en se faisant l’interprète des revendications particulières, préconise surtout l’accroissement général du taux de rémunération.

A coté des raisons d’ordi*e, en quelque sorte humanitaires, que nous avons relatées, elle invoque l’élévation des bénélices réalisés par le monopole. Un membre du comité central développa cette idée au cours d’un congrès en disant « 11 y a 380 millions de béné- (( fice annuel. Si nous ne les [irodn isons pas en entier € nous y contribuons pour une grande part. Donc « nous devinons y particifier au [irorata de notre travail « {Echo, septembre 1898).

Celte thèse a été soutenue aussi à la tribune de la Chambre à la séance du 11 février 1898. M. Lavy, renouvelant une proposition antérieure, demandait nettement (pie l’Etat fasse participer aux bénéfices le personnel des manufactures. Le rapporteur ré[)ondit : (( Si vous voulez considérer comme un bénéfice ce qui <( n’est([u’un impôt, vous arriverez à un chiffre fan- (( tasti(}ue de bénéfices, sur lesquels il n’est pas possi- (( ble (pie les contribuables consentent à assurer une (( [larticipation aux seuls (unjiloyés et ouvriers de (( l’Etat » et un député, M. Roch, l’interrompant, disait avec raison : « La [larticipation aux bénéfices pour les « ouvriers de l’Etat est réalisée par un salaire plus

D’autres revendications paraissent aussi se faire jour touchant non plus le taux, mais le mode de rémunération. En 1898 un syndicat de [irovince appela l’attention sur cette question dans un article où on lit notamment : « Le jour où on verra disparaître le trace vail à la tache de nos manufactures, on v verra

(( apparaître une franche cordialité et une soli-

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« darité à toute épreuve et sans aucune arrière-peu- « sée, nous sei'ons tous prêts à défendre les intérêts « d’un seul, car ils seront alors les intérêts de tous.. » Ce syndicat évoque ensuite les inconvénients du surmenage auquel le travail à la tâche incite et termine en disant qu’il ne s’agit pas de résoudre la question du jour au lendemain mais de « semei* l’idée » (Echo^ février 1898).

Cette idée paraît faire son chemin, d’autant qu’elle se rattache à la question de l’unification des salaires qui a été soulevée à maintes reprises par les ouvriers (1 ). Au congrès de 1898, un délégué déclare : Je suis[)ar- (( tisan de l’égalité des salaires pour tous. Quand vous (( aurez fait tomber le travail aux pièces, vous aurez (( fait runificalion des salaires (Echo, juin 1899); quoi qu’il en soit, la suppression du travail à la tâche n’est encore qu’une revendication d’avenir, que quelques militants tiennent en réserve (plusieurs y sont formellement opposés), et à laquelle ils s’efforcent d’accoutumer les esprits. La seule revendication actuelle concernant les salaires, se rapporte à leur taux. Les fédérations ne paraissent pas disposées quant à présent à faire d’une augmentation générale l’enjeu d’une grève, mais chaque syndicat en poursuit pour sa part la réalisation par des réclamations incessamment renouvelées.

Nous n’avons pas à revenir sur l’attitude adoptée

1. Ceux qui sont partisans de cette unification disent que ])uisque les prix de vente sont partout les inênies, la fabrication des produits doit être partout payée au même prix.

par l’administralion au sujet du taux des salaires. Nous avons dit qu’elle se refuse à toute mesure générale d’augmentation ; elle s’est en particulier nettement prononcée contre toute pai’licipation aux bénéfices, en faisant remarquer que si l’on consentait à faire participer au rendement d’un impôt ceux qui contribuent à sa perception, les employés des douanes, des contributions directes et indirectes, etc. devraient jouir du même avantage que les ouvriers des manufactures de l’Etat. Nous avons vu aussi qu’elle accueille avec bienveillance toutes les demandes particulières raisonnables, c’est-à-dire susceptibles d’assurer aux salaires moyens une progression continue et d’améliorer peu à peu le bien-être du personnel.

Nous avons vu enfin qu’elle n’a pas hésité à mettre dès maintenant à l’étude l’amendement, sinon la suppression, du travail à la tâche, attaquant ainsi résolument une question, que les syndicats eux-mêmes n’abordent encore que timidement, parce qu’ils la jugent trop révolutionnaire.

La journée de huit heures. — Cette revendication se rattache à la question des salaires, car si les fédérations demandent la réduction de la journée de travail à huit heures, elles réclament une augmentation connexe de 20 0/0 du taux de rémunération . « Nous savons, « dit un des chefs de la fédération des tabacs en par- « laut des ouvrières, qu’elles ne [leuvent pas déployer (( plus d’activité, puisque la machine (ourne d’une « manière réglée (d (ju’on ne peut pas augmenter sa

(( vitesse ; par conséquent si nous demandons une « augmentation de salaire de 20 0/0 c’est logique » janvier 1899). Précédemment il avait déjà insisté sur ce point : « On ne pourrait faire autant de travail (( en 8 heures qu’en 10, car en travaillant pendant « 10 heures aux pièces, on donne la quantité maxi- « mum de travail qu’il soit possible de donner. C’est (( pourquoi nous avons été d’accord pour demander « un relèvement de salaire correspondant aux heures « en moins » (Echo, novembre 1898). La fédération des allumettes à chacun de ses congrès insiste sur cette même revendication.

La réduction de la journée de travail, a pris dans ces derniers temps une très grande importance aux yeux du personnel. Les ouvriers y voient d’abord un moyen de favoriser le recrutement, en même temps qu’une contre-partie légitime du machinisme. « La journée de « huit heures est la seule solution possible pour mettre « fin au chômage qui va sans cesse grandissant par « suite de l’extension du machinisme dans toute l’in- « dustrie en général et celle des tabacs en particu- (( Vier y) [Echo, août 1898). Cette réforme, disent-ils «est « à l’heure actuelle la préoccupation constante de tous « les travailleurs du monde entier » (Echo^ octobre 1898). Aussi, les syndicats voudraient-ils « voir l’Etat « donner l’exemple et prendre l’initiative d’une « réforme qui intéresse au plus haut point la classe (( ouvrière » [Echo, août 1898). L’Etat, selon eux, devrait d’autant plus réaliser cette amélioration que

lès manufactures emploient « surtout des femmes, « des mères de famille, qui, pour la plupart, après « une journée pénible de 10 heures, sont le plus a souvent obligées d’en recommencer une autre en (( rentrant chez elles, et ne peuvent avoir un repos a indispensable ; et après on s’étonne de voir arriver d les maladies et l’épuisement avant Tâge », (Echo^ mai 1897).

Au congrès de 1897 un vœu en faveur de la réduction de la journée de travail, fut voté à Tunanimité, à la suite d’un discours prononcé par l’ouvrier que nous avons déjà si souvent cité et qui a été le plus ardent propagantiste de la réduction de la journée de travail, comme de la plupart des autres revendications. Il disait :« Lorsqu’on se trouve dans des situa- « tions comme celle des manufactures des tabacs, où « la mortalité sévit sur le personnel, occasionnée par « les émanations des poussières et de la nicotine et « les maladies qui nous atteignent, nous disons qu’il « ya lieu de diminuer les heures de travail... il y « vingt ans nous étions 21,000 travailleurs qui pro- « duisions 250 millions de bénéfice, tandis qu’aujour- « d’hui nous ne sommes plus que 14.000 et nous rap- « portons à l’Etat 380 millions... L’Etat devrait dire : « je ne veux pas bénéficier seul pendant que ceux qui « sont employés à la manipulation de cette matière « n’en retirent aucun profit » [Echo, novembre 1898.)

Les ouvriers font valoir que l’Etat pourrait sans aucun risque leur appli(|uer cette réforme à eux « ou- « vriers d’un patron spécial et producteurs d’un

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a produit spécial, pour lequel la concurrence n’est <( pas à redouter » {Echo, mai 1897), L’Etat, disentils, ne peut pas arguer « de la concurrence qui pour- « rait lui être faite par un voisin, raison qui peut en- « core être donnée par l’industrie piâvée » {Echo, octobre 1898), Pourquoi donc l’Etat n’a-t-il pas encore réalisé cette amélioration? « il eut fallu relever un peu les salaires, voilà où cela tient » disait le secrétaire général de la fédération (Echo, mai 1897) et un orateur indique cette autre raison encore : « Cette réforme « inquiéterait les intérêts bourgeois, parce qu’ils se « disent que si nous arrivons à faire diminuer les <r heures de travail pour nous, ouvriers de l’Etat, ce (( serait donner l’exemple à ceux de l’industrie privée » (Echo, octobre 1898).

L’administration ne se croit pas autorisée à préconiser l’attribution au personnel de ses établissements d’un privilège nouveau, entraînant une moins-value du rendement de l’impôt des monopoles, qui se chiffrerait dès maintenant par près de 5 millions par an. Le ministre a fait récemment (juin 1901) une déclaration dans ce sens aux représentants de la fédération, ajoutant cependant qu’il était disposé à examiner la question de la journée de 9 heures « mais à la condition « qu’il soit, au préalable, bien entendu qu’aucun relè- « vement de base ne sera demandé de ce chef » (1).

1. Il ajoutait: « Pour éviter tout malentendu la dépense supplé- « mentaire à prévoir sera uniquement celle devant résulter du « maintien, pour q heures de présence, des gains actuellement (( payés pour lo heures aux ouvriers à la journée ».

D’ailleurs le ministre a décidé en même temps que : « la deuxième entrée sera rendue facultative dans « tontes les mcuuifactures pour tous les agents occu- « pés à l’entrefirise et ne travaillant pas en associa- « tion )) (1). Les femmes qui ne peuvent profiter de cette facilité forment donc une infime minorité et l’on peut dire (lu’actuellement, toute ouvrière qui juge (( malsain et pénible » de travailler 10 heures, est absolument libre de réduire, de sa propre autorité, sa journée de travail à 8 heures. Donc^ en fait, la journée de 8 heures existe maintenant dans les manufactures de l'Etat. La fédération, en continuant à réclamer la réduction de la journée de travail, a par conséquent exclusivement pour but d’obtenir d’une manière détournée une majoration de 20 0/0 du taux des salaires.

Retraites. — L’amélioration des conditions de la retraite est la revendication qui tient la plus grande place dans les préoccupations de l’universalité du personnel. Aussi, depuis sa fondation, la fédération des tabacs n’a-t-elle pas cessé de poursuivre avec ténacité la réalisation du programme de réformes qu’elle avait tracé dès l’origine : 720 francs de retraite pour les hommes et 540 francs pour les femmes — abaissement de la limite d’ûge à 55 ans pour les hommes et 50 ans pour les femmes avec 25 ans de service pour les deux sexes (service militaire compris pour les hommes). — Enfin, retraite proportionnelle après 20 ans de service, sans condition d’age, et après 15 ans en

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