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LRi SYNDIC \TS PROFESSIONNELS
cas d’infirmité prématurée (quelle qu’en soit d’ailleurs l'origine) avec un minimum de 400 francs pour les hommes et 300 francs pour les femmes, augmenté de l/2o par année de service au-dessus de 15 ans — constitution directe de la pension par l’Etat et inscription des pensions viagèi*es au grand livre de la dette publique conformément à la loi de 1853 sur les pensions civiles. Cette dernière partie du programme a fait, en 1890, l’objet d’une pétition adressée au Parlement et qui comprend une proposition de loi précédée d’un important exposé des motifs rédigé par M. Yictoi* Dalle conseil judiciaire de la fédération (1).
Les allumettiers ne se sont jamais préoccupés des voies et moyens destinés à réaliser leurs exigences, qui sont sensiblement plus grandes que celles de la fédération des tabacs. En effet, s’ils préconisent les memes conditions d’âge que les ouvriers des tabacs, ils réclament 9^0 francs pour les hommes et 740 francs pour les femmes avec relraite proportionnelle au bout de 15 ans (2) «considérant que la plupart des ouvrières « sont sujettes à quitter la manufacture soit par leurs « charges de famille ou par leur âge » (compterendu du congrès de 1899, p. 75). Ils ^'oudraient donc que la retraite proportionnelle put être obtenue après 15 ans de services, indépendamment de toute condition d’invalidité.
1. Ces documents sont reproduits à la suite du compte rendu du Congrès tenu à la Bourse du travail en 1891.
2. Ce qui permettrait à une femme d’obtenir sa retraite à 55 ans.
Pour justifier l’abaissement de la limite d’âge, les ouvriers des tabacs font presqu’exclusivement valoir les travaux « pénibles et malsains » auxquels ils sont astreints dans leur profession. « Depuis la fondation « de la fédération nous avons constamment demandé « au Parlement l’abaissement de l’âge de la retraite. (( La raison pour laquelle nous le demandions étant la « mortalité prématurée du personnel des manufac- (( tures des tabacs. Il y a un petit nombre qui arrivent « à 60 ans, mais, à partir de cet âge, la mort fauche « les rangs et très peu passent à la caisse pour tour cher leur pension. La nicotine les a rayés des regis- (( très et porté leur inscription sur une tombe » (Echo, (septembre 1897) « c’est avec juste raison que nous « demandons l’abaissement de l’âge pour la retraite, (( s’écrie au congrès de 1898, un des chefs de la fédé- « ration, car nous savons que pas 5 0/0 en profitent » (Echo, septembre 1898).
Ün secrétaire général de la fédération écrivait d’autre part : « Maintes et maintes fois, en déposant nos « cahiers de revendications à la Chambre, on nous a « fait allusion à la retraite à comparer avec les ou- (( vriers des arsenaux, et nous voudrions que MM. les « députés comparent également la différence qui existe « entre le travail des manufactures des tabacs et des -c( arsenaux... » (Echo, mars 1900).
L’incapacité doit en outre, à leurs yeux, être toujours attribuée à leur jirofession. « Nous estimons que si après ^0 ans de labeur l’incapacité survient », déclare un délégué s’adressant à un groupe parlementaire,
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« c’est bien la fatigue et la privation d’air qui sont le « point capital de cette incapacité rt (£'c/îO, juillet 1901). Les ouvriers ont obtenu déjà de nombreuses satisfacr tions, mais ils s’irritent de n’avoir pu encore imposer intégralement leur programme, d Nous sommes tou- « jours à nous demander pour quel motif* M. le minis»
(( tre et les législateurs reculent devant si peu de « chose, quand il n’y a qu’un si petit nombre qui ar- (( rivent à en jouir (de la retraite) et ceux qui en « jouissent en profitent si peu de temps... En deman-- (( dant ^ francs par jour pour les hommes et 1,50 pour (( les femmes, on n’est pas exagéré... et ce n’est que « le strict nécessaire pour ne pas dire mourir de faim » (Echo, octobre 1900),
La question de l’amélioration des retraites est uniquement de la compétence du Parlement. L’administration n’intervient que pour fournir au ministre des finances les renseignements dont il peut avoir besoin; c’est dans ces conditions qu’elle a fait remarquer que de 1896 à 1900 fâge moyen des retraites volontaires avait été de 63 ans, alors que la limite d’âge est de 60.
A cela la fédération répondait depuis longtemps que (( si les vieux travailleurs restent jusqu’à la der- « nière limite, c’est qu’ils savent que sûrement les (( sommes actuellement servies ne peuvent K's mettre (( à l’abri du besoin » {Echo, mai 1897). En raison précisément de cette situation la fédération réclame, en même temps que l’abaissement de la limite d’âge, l’augmentation des retraites. Malheureusement, avec cette double condition, la réforme devient extrême-
ment onéreuse. On évalue la dépense annuelle qui en résulterait à 1.200.000 fr. (en accordant aux allumettiers les mêmes conditions qu’aux ouvriers des tabacs) et elle serait destinée à croître encore.
L’élévation de la dépense ayant tait rejeter déjà à plusieurs reprises par la Chambre les revendications de la fédération, le comité central paraît disposé à suivre le conseil d’un député qui disait à la séance de clôture du congrès de 1898. « Il ne faut pas monc( trer au Parlement une carte à payer trop impor- (( tante; il faut faire avaler vos revendications par (( doses successives (Echo, janvier 1899). Le comité central a donc renoncé à présenter en bloc son programme de réformes, réduisant les prétentions actuelles à l’abaissement de la limite d’àge et à la question des retraites proportionnelles. En adoptant sa nouvelle tactique, la fédération n’a d’ailleurs rien abandonné de ses prétentions antérieures et elle se déclare plus décidée que jamais, si le Parlement ne lui donne pas satisfaction, à répondre par la grève générale (1).
1. A la séance de la Chambre du i8 décembre 1900, le Ministre fit les déclarations suivantes au sujet de la retraite proportionnelle à 20 ans de services : « Ce serait assurer à ce personnel un « avantage qu’il nous serait extrêmement difficile sinon impossi- « ble de refuser à tous les fonctionnaires de l’Etat » mais il acceptait rabaissement de l’âge de la retraite proportionnelle à 20 ans de services en cas d’invalidilé, précisément en vertu de l’assimilation qu'il établissait entre les ouvriers et les fonctionnaires « bien que cette assimilation ne soit pas rigoureuse sur plus d’un point ».
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Hygiène, maladies, blessures. — Hans tous leurs cahiers de revendications, les fédérations font figurer en bonne place la question de l’hygiène. Nous avons vu que les établissements, malgré toutes les améliorations déjà apportées, présentent encore à ce point de vue, des situations très diverses. Les ouvriers le reconnaissenl, mais ils ne peuvent pas admettre que l’hygiène, parfaite dans Tune, laisse à désirer dans l’autre (Echo^ octobre 1898). La création de salles de bains, de lavabos, est réclamée pour tous les établissements qui n’en sont pas encore pourvus. Ils demandent des ateliers plus vastes, le balayage en dehors des heures de travail, etc. Ils réclament en un mot, l’application stricte de la loi « On demande de faire respecter les (( lois sur Lhygiène, car c’est d’abord dans les manu- « factures de l’Etat qu’on doit faire respecter les lois (( du pays » (Echo, mars 1897).
Malheureusement chaque fois qu’il s’agit de locaux existants l’Etat se heurte, comme les autres industriels, à des difficultés pratiques graves (1) et souvent même à des impossibilités matérielles.
Les ouvriers attribuent au manque d’hygiène des manufactures, aussi bien qu’à l’insalubrité de leur profession, toutes les maladies qui les atteignent. Aussi entendent-ils que LEtat en assume complètement les charges. Une délégation du comité central déclare par exemple au directeur général, « que toutes les per-
I. Au sujet des améliorations réalisées, voir siiprd, chapitre I, i 5.
362 situation morai-e et juridique des ouvriers
« sonnes rentrant à la manufacture saines et bien pora tantes, il était juste que les maladies contractées « par elles soient supportées par l’administration » (Echo, juin 1900).
Cet état d’esprit explique pourquoi les améliorations successives qui ont été apportées dans ces dernières années au service d’assistance, soient loin de satisfaire encore les exigences des syndicats. Ils demandent que tout ouvrier malade reçoive une indemnité égale à la moitié de son salaire moyen et que celle indemnité lui soit toujours payée .directement ; autrement dit, ils veulent que l’administration ignore les sociétés de secours mutuels. Enfin, ils demandent que l’indemnité leur soit allouée à partir du premier jour de la maladie et pendant toute sa durée {Echo, janvier 1899).
En cas de chômage résultant d’une blessure, les fédérations réclament le salaire complet, quelles que soient les circonstances dans lesquelles elle a été produite « ce que nous soutiendrons toujours, c’est que a l’ouvi ier qui est forcé de travailler pour vivre, lui et « sa famille, ne se fait pas blesser par plaisir ni pour « se faire payer à rien faire, et que d’autre part, si la « blessure n’est pas toujours directement contractée a dans le travail elle en est toujours la conséquence et a que du moment qu’il y a cessation de travail l’in- « demnité doit être égale et complète )' {Echo, octobre 1898). Le règlement qui était alors déjà ap[)li(|ué, est, nous l’avons vu, plus favorable que la loi, puisque le demi-salaire est une indemnité minima et que les 2/3, les 3/1 et parfois la totalité du salaire est allouée;
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mais c’est le salaire complet que les ouvriers réclament dans tous les cas. Nous avons déjà cité leur manière de voir au sujet de la loi sur les accidents du travail « les administrations n’entrent pas en compte, (( L’Etat est considéré faire mieux » {Echo, janvier 1898).
La réalisation de ce programme exigerait des crédits considérables et qu’il est impossible d’évaluer, car l’attribution de tels avantages aux malades et surtout aux blessés, entraînerait d’inévitables abus (1).
Revendications diverses. — La plus importante et la plus intéressante aussi pour le personnel est la création des crèches. L’existence de pareils établissements, comme dépendances des manufactures et fabriques où travaillent en grande majorité des femmes est d’une utilité incontestable (2). L’administration en a créé déjà un grand nombre et il n’est pas douteux que des crèches existeront un jour partout.
A diverses reprises les ouvriers, ont réclamé dix jours de congé payés par an. Ils invitent aussi l’administration à obtenir pour eux des permis de demi-place sur les chemins de fer « nous demandons qu’on nous (( accorde comme aux employés de l’Etat cette faveur
1. Les cigarières en particulier sont atteintes très fréquemment par des échardes aux doigts, qui les mettent dans l’incapacité durant quelques jours, de confectionner les cigares, Si pendant toute la durée du chômage occasionné par cette «blessure» elles avaient droit au salaire complet il n’est pas douteux que des abus pourraient se produire.