Voir cliap. III
2. L’importance de cette remise d’impôt serait d’environ G5.000 francs par an.
chaque congrès il en surgit de nouvelles ; toutefois malgré leur diversité, elles présentent un caractère commun : conquête de l’indépendance au point de vue ouvrier, et, au point de vue patronal, anéantissement de toute discipline.
Nous avons déjà signalé la plupart de ces revendications au cours de notre étude sur la situation morale des syndicats, mais il n’est pas inutile d’en récapituler ici la liste et en même temps de la compléter.
Les syndicats réclament la reconnaissance absolue du droit d’ancienneté, de telle sorte que le recrutement du personnel, l’attribution des postes, la répartition du travail, soient complètement soustraits à l’appréciation des directeurs. Ils demandent que l’immatriculation définitive soit acquise de droit au bout d’une année de service ; que sous aucun prétexte, aucun ouvrier ou ouvrière ne soit appelé à chômer, ou du moins, qu’en cas de chômage, même s’il résulte d’un cas de force majeure, l’ouvrier continue à être rétribué. Les allumettiers veulent en outre que le renvoi soit supprimé, même pour des fautes graves, telles que l’ivrognerie, l’insubordination, les rixes, les actes contraires aux bonnes mœurs, l’absence prolongée (1) et, en cas de vol ou de voies de fait, ils veulent que le syndicat soit chargé de procéder à une enquête (1)..
Les ouvriers revendiquent le droit de s’absenter
I. Voir compte rendu in extenso du Congrès de 1899, pages 84 et 85.
quand bon leur semble, non seulement sans alléguer de motif, mais sans demander de permission préalable à leurs chefs, un avertissement leur paraît suffisant. Ils entendent être libres, dans l’intérieur des établissements, de circuler, de se livrer à des conciliabules, de faire des quêtes, d’apposer des affiches, etc. Les bureaux du syndicat en particulier estiment qu’il leur est nécessaire de pouvoir exercer librement le contrôle des matières premières, la surveillance du travail, c’est-à-dire en somme la surveillance des préposés. Ils réclament aussi un loôal à l’intérieur de chaque établissement, où ils puissent provoquer des réunions lorsqu’ils le jugent utile. Ils protestent contre l’ordre de service réglant les rapports du personnel avec ses chefs, car ils revendiquent le droit de s’adresser à leurs chefs, quand ils veulent, comme ils veulent, sans que les audiences soient astreintes à aucune réglementation et, en particulier sans que la voie hiérarchique soit imposée (1). Ils réclament un règlement uniforme calqué, disent-ils, sur celui de la manufacture « la moins lésée » ; ils s’insurgent contre la fouille et demandent la « suppression complète de cette honte » (vote du congrès, Echo^ mai 1900) Ils veulent imposer la suppression de toutes les mesures prises en vue d’assurer la bonne qualité des produits et d’éviter les gaspillages des
1. Voir le projet d’ordre de service opposé à l’ordre de service du 3o octobre 1900 ( Echo, juin 1901) et compte rendu analytique du Congrès de 1901 l^Eclio, mai 1901).
matières premières, les primes, le rendement, les mises à pied infligées pour malfaçons. Ils réclament d’ailleurs la suppression de toute espèce de sanction, celle des gratifications aussi bien que celle des punitions.
L’administration ne peut pas s’engager dans cette voie ; elle ne peut pas consentir, sous prétexte d’éviter des choix arbitraires, à faire de rancienneté, c’est-à-dire du hasard, une loi. Elle ne peut pas tolérer une liberté qui, à certains moments, dégénérerait nécessairement en désordre, ni accorder aux chefs des svndicats des pouvoirs susceptibles d’annihiler ceux des directeurs. Elle ne peut pas renoncer aux mesures sans lesquelles le gaspillage n’aurait plus aucune sanction et sans lesquelles les plaintes les mieux fondées des consommateurs ne pourraient recevoir aucune satisfaction.
Elle ne peut pas, enfin, supprimer les mises à pied ni surtout le renvoi, qui sont les seules pénalités appliquées dans ses établissements, et dont la disparition entraînerait, avec l’anéantissement de la discipline, la suppression même du monopole.