Nous en avons cité le texte page
CHAP. V
(( ministre des finances, relativement an retrait de la (( circulaire du 30 octobre dernier, est une prov'oca- (( tion directe atteignant la corporation des allumet- « tiers dans son ensemble : déclarent ne vouloir Iran* (( siger en aucune façon à la circulaire liberticide du « 30 octobre, mais au contraire s’engagent à fomenter «.une agitation sérieuse, préparant un état d’esprit « lui permettant, à un moment donné' de relever le défi de M. Gaillaux par une cessation générale du « travail dans toutes les manufactures. »
En résumé, les syndicats ont un double objectif :
D’une part, poursuivre la réalisation des réformes qu’ils jugent susceptibles de donner à l’ouvrier plus d’indépendance, plus de bien-être, plus de sécurité, et à défendre ceux de leurs membres qu’ils croient victimes d’une injustice.
On peut discuter le principe ou l’opportunité de leurs revendications, critiquer leurs interventions, on ne peut pas nier que leur action, limitée à ces objets, ne soit légitime et utile.
Mais, si respectables que soient les intérêts des ouvriers des manufactures de l’Etat, ce ne sont que des intérêts particuliers; l’administration, les pouvoirs publics, le Parlement n’ont pas le droit de sacrifier à leur profit les intérêts généraux dont ils ont la garde.
D’autre part, l’action des syndicats tend à annihiler les mesures prises dans l’intérêt du consommateur et dans l’intérêt du Trésor, ü s’affranchir de toute disci-
pline, à substituer à l’autorité patronale leur propre autorité, en un mot, à devenir les maîtres, ainsi que l’annonçait, dès 1894, celui que tous reconnaissent comme le véritable chef de la fédération des tabacs : (( Par votre ténacité, vous pourrez arriver à ébranler
(( un peu la puissance du directeur général et même (( celte du ministi*e, votre patron, car vous, syndiqués, « vous devez être les supérieurs de ces gens-là, quoi « qu’ils en disent » (1).
Par là leur action est néfaste, elle est dangereuse, elle est incompatible enfin avec la marche régulière d’un grand service de l’Etat.