LES GRÈVES
H est universellement admis que l’examen des faits constitue la base de toute étude sociale. Il est évident, en particulier, qu’avant de pouvoir se prononcer sur l’opportunité d’une loi destinée à retirer à une catégorie de personnes un droit acquis, il est nécessaire de connaître les résultat^; produits par l’exercice de ce droit.
Pour justifier les idées de réforme qui feront l objet de notre conclusion il nous paraît indispensable de compléter les considérations théoriques que nous avons exposées, par un historique succinct des princi[)ales grèves qui se sont produites de 1870 à 1900 (1).
Notre but n’est pas de faire œuvre de statistique ; intentionnellement, nous négligerons d’indiquer l’effectif exact des grévistes, le détail technique de leurs revendications ou des solutions intervenues. Nous chercherons surtout à mettre en lumière l’état d’esprit qui s’est manifesté parmi les ouvriers au cours de chaque grève, et nous insisterons parfois sur des incidents peu importants en eux-mêmes, mais qui nous paraîtront caractéristiques à cet égard.
En un mot, nous nous efforcerons de décrire la phy-