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2. Au Congrès internalional des travailleurs de tabacs, cjui s’est l’éuui à Paris au milieu de Pannée 1900 le rapporteur pour la France s’est exprimé ainsi :« Depuis 1890 il y a eu 5 grandes grèves à Dijon, au Mans, Nantes, Lille, Dordeaux. Partout les grévistes ont eu gain de cause. Pour soutien il a été déboursé 22.i:’)() francs » (Echo, février 1901).
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façons, et en second lieu, un régime des entrées moins
sévère. Le 25 mars, une délégation du syndicat local, accompagnée de représentants de la fédération, est reçue par le directeur général. Celui-ci maintient le principe des punitions pour malfaçons, mais se déclare prêt à examiner la question des retards, quand le travail aura repris. Après une réunion, au cours de laquelle les délégués rendant compte de leurs démarches, laissent entendre que les ouvriers avaient reçu satisfaction, le travail reprend (27 mars).
Dès le 30 mars, le personnel s’étant aperçu que le régime de surveillance du travail n’était pas modifié, l’agitation recommence et le président du syndicat repart pour Paris. Le directeur général se borne à confirmer ses déclarations précédentes.
En juillet, la même question suscite une nouvelle suspension de travail et de nouveau l’administration refuse de modifier le régime des punitions pour malfaçons.
Le 8 novembre, pour la troisième fois, les ouvrières se mettent en grève et restent les bras croisés à leurs places. Le directeur reçoit l’ordre d’inviter nominativement les ouvrières à travailler sous peine de renvoi. Les ouvrières résistent et le directeur est obligé de faire intervenir le commissaire spécial.
Le 13 novembre, après une entrevue des délégués du syndicat avec le ministre, le travail est repris.
Grève de Marseille 1894. — Les robeuses se mettent en grève le 27 octobre trouvant mauvais le tabac
qu’on leur donne à manipuler. Malgré la promesse, - faite |)ar le directeur, de rendre le triage plus sévère, elles persistent dans leurs résolutions.
Le directeur fait alors afficher que faute de robes, les oOO cigarières devraient chômer le lendemain. En présence du mécontentement manifesté par leurs camarades, les robeuses reprennent leur travail le 31.
Grève de Dijon 189o. — Au cours d’une entrevue avec des délégués du personnel, le directeur émit une appréciation défavorable sur la conduite privée d’une ouvrière. Une vive émotion s’en suivit. Le propos du directeur fut qualifié d’injurieux et les ouvrières se mirent en grève le 9 février, réclamant son déplacement. Un ingénieur en chef inspecteur fut envoyé à Dijon et le comité central fit une dén>arche auprès du directeur général et du ministre. Une demande d’interpellation fut même déposée à la Chambre mais remise à un mois. Le travail reprit le !27, le ministre ayantdéclaré qu’il était prêtàfaire respecter la dignité des ouvrières, mais ayant mis comme condition à l’ouverture d’une enquête, la reprise préalable du travail. A la suite de l’enquête le directeur fut mis d’office à la retraite. Le "23 février, le directeur avait été assigné devant le tribunal de simple police par l’ouvrière en cause; il fut acquitté et l’ouvrière condamnée aux dépens (1).
I. Le i5 mars i8(j5 le président du Conseil, ministre des finances parlant de cette grève à la tribune de la Cliand)re expliqua ainsi sa conduite.
« Les ouvrières se plaignaient (pie le directeur de la manufac-
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Grève de Marseille 1897. — Pour améliorer la qualité des scaferlatis, jugée défectueuse par Pexpertise, les employés supérieurs modifièrent la méthode d’écotage ; le travail devint par là moins facile et le salaire s’en ressentit. En conséquence, le directeur proposa à l’administration d’élever la base de 1 fr. 25.
L’administration jugea suffisante une augmentation de 1 fr. Les ouvrières réclamèrent 2 fr. et le 26 février elles se mirent en grève.
L’administration maintientses instructions et charge le directeur d’avertir le bureau du syndicat, que si le travail n’est pas repris le 6 mars, la manufacture sera fermée. Les déléguées répondent en offrant de ti'ansigeràl fr. 50. L’administration persiste dans son refus;
« ture, très imprudemment (je ne crois pas qu’il ait eu une (( intention mauvaise), avait prononcé en face d’une délégation, (( des paroles qui en réalité avaient blessé une ouvrière, qui (( l’avaient atteinte dans sa vie privée, et avaient produit une « émotion que j’avais considérée comme légitime. J’ai demandé (( que le travail fut repris, ne pouvant pas examiner les faits, « tant que la grève durait, tant qu’il y avait une sorte de menace (( adressée à l’administration. La grève terminée, le travail (( repris, j’ai examiné les faits avec la plus grande impartialité ; « et autant j’exigerai toujours que la discipline soit maintenue et « que l’autorité soit respectée, autant je demanderai aux direc- (( leurs de ne pas oublier que les ouvriers et ouvrières employés (( dans nos ateliers doivent avoir les memes sentiments de sus- (( ceptibilité et de dignité, que nous apportons tous dans notre (( vie. L’autorité ne peut que gagner à ce qu’il y ait ce respect « mutuel ; j’ai cru en accomplissant mon devoir, comme je l’ai (( fait, librement, avec indépendance, une fois la grève terminée, (( avoir plus fait pour maintenir l’autorité, dans ce qu’elle a de (( légitime et de bon, qu^en opposant une lin de non recevoir à (( des réclamations qui étaient justifiées ». Rappelons que la Chambre a voté l’affichage du discours où figure cette déclaration.
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rassemblée générale des grévistes conseille aux éco' leuses de céder. Le 7 mars le travail est repris, les déléguées des grévistes ayant accepté, avec l’assentiment des écoteuses, l’augmentation de 1 fr., et le directeur ayant, de son côté, modifié dans une certaine mesure la méthode d’écotage.
L’adrninistiation, après avoir reçu un rapport favorable d’un ingénieur en chef envoyé pour étudier sur place la nouvelle méthode, ratifia la transaction.
Grèves de Nantes 1899. — Le 5 avril une délégation d’ouvrières étant venue se plaindre de l’état de sécheresse des tabacs et n’ayant obtenu qu’une satisfaction partielle, le personnel descendit dans la cour et se livra à des manifestations. Le directeur refusa de continuer à discuter dans ces conditions et une grève éclala. Le 7 un ingénieur en chef inspecteur arriva et expliqua aux déléguées des grévistes qu’il ne pourrait utilement étudier les conditions du travail que si le travail était repris, ce qui eut lieu le lendemain. L’ingénieur reconnut d’ailleurs ensuite, que les difficultés provenaient de malentendus faciles à éviter.
Cette grève laissa dans l’esprit du personnel une certaine hostilité contre le directeur et qui devait se manifester bientôt.
Le 21 novembre, au cours d’une entrevue avec une délégation du syndicat, venue pour protester contre une mutation de préposés, le directeur cita le proverbe connu (( à chacun son métier, les vaches seront iiien gardées ». Immédiatement les déléguées se reti-
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rèrent et colportèrent dans les ateliers le récit de Tincident ; réinotion s’empai'a du personnel qui se mit aussitôt en grève.
Le lendemain, une délégation demanda au préfet de réclamer le déplacement du directeur et une autre délégation fut envoyée auprès du directeur général. Le 29 et le 30, des manifestations tumultueuses se produisirent devant la manufacture, et les grévistes organisèrent de grandes processions, auxquelles de nombreux syndicats se joignirent, et qui circulèrent à travers la ville.
Le 3 décembre, un ingénieur en chef inspecteur, à la suite d’une entrevue avec les délégués, rédigea un procès-verbal constatant que le directeur n'avait eu aucune intention injurieuse. Après la signature de ce procès-verbal, par l’ingénieur en chef inspecteur et le président du syndicat, et sur la promesse que nul ne serait inquiété pour fait de grève, la rentrée eut lieu le lendemain 4 décembre. Le directeur fut changé de situation quelques mois plus tard.
Grève de Lille 1900 (1). — Le 31 janvier, les ouvrières de la manufacture de Lille, mécontentes de la qualité des tabacs, remirent au directeur un cahier de revendications contenant des demandes d’augmen-
I. Nous laissons de côté une courte grève qui eut lieu à Bordeaux en 1899 ^ l’occasion de la venue d’une ouvrière de Paris chargée de la mise en train d’un nouvel outillage. Des dissensions entre les ouvriers de Bordeaux et la fédération en fut la vérita-^ ble cause. Les ouvriers obtinrent que l’ouvrière de Paris ne resterait à Bordeaux qu’un jour.
tâtions de bases. Le directeur les transmit, en appuyant plusieurs d’entre elles, mais la récolte de 1898, qui était mise en œuvre en 1900, étant toute entière mauvaise, l’administration en présence des difficultés soulevées dans diverses manufactures par cet état de choses, ne put adresser de réponse immédiate.
Dès le il février, l’impatience se manifeste parmi les ouvrières ; le 12, les ateliers de cigares ordinaires se mettent en grève. Ce même jour, l’administration avait envoyé sa réponse, mais elle n’accordait d’augmentation qu’aux ouvrières de l’époulardage et de l’écotage. Le 14, l’assemblée générale des ouvriers, syndiqués et non syndiqués, décide que si, dans un délai de douze heures, l’administration n’a pas cédé, la grève de tout le personnel sera déclarée. Le 15, l’administration, qui d’ailleurs ignorait encore cette résolution des ouvrières, accordait des augmentations de salaires à la confection, et envoyait un ingénieur en chef inspecteur, pour discuter l’établissement d’une prime provisoire destinée à compenser la mauvaise (jualité des tabacs delà récolte de 1898. Les ouvrières réclamaient 0 fr. 20 de prime, l’administration en offrait 0 fr. 10. Le 17, une dépêche ministérielle, affichée à la manufacture, avertit le personnel que les concessions déjà accordées constituaient un maximum, et en subordonnait le maintien à la reprise immédiate du travail ; le ministre faisait savoir en même temps, qu’aucun événement et qu’aucune démarche ne modilierait cette décision irrévocable. Les grévistes n’en maintiennent pas moins leurs prétentions et la grève
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c;onLinue avec calme ; chaque jour des cortèges silencieux parcourent les rues.
Le 25 février, répondant à un appel des grévistes, les députés, les conseillers généraux et municipaux de Lille, proposent à l’ingénieur en chef en mission, de faire eux-mêmes une enquête sur la qualité du tabac et les conditions du travail, et de rendre une décision arbitrale. L’administration autorise l’ingénieur en chef à donner à la délégation des corps élus toute explication qui serait demandée, mais non à entrer en discussion. Cette délégation, composée de 20 personnes, s’abouche avec l’ingénieur en chef le 28, mais le maire ayant émis la prétention d’inviter une délégation d’ouvriers à assister à l’entrevue, afin de pouvoir vérifier les dires de l’ingénieur en chef, ce dernier s’y oppose et la séance est levée.
Le maire et les députés partent alors pour Paris, afin de faire une démarche auprès du ministre. Pendant ces -démarches, les manifestations continuent, deviennent tumultueuses, et la police est obligée d’intervenir. Le 4 mars, la réunion des grévistes vote la continuation de la grève par 428 voix contre 127. Le 5 mars, le ministre, à la suite d’une entrevue avec le maire de Lille et les députés, accorde la plupart des augmentations permanentes réclamées par les ouvrières, mais persiste à refuser l’augmentation provisoire de 0 fr. 20 au lieu de 0 fr. 10 à la confection des cigares ordinaires.
A la suite de ces concessions, la l’ciirise du travail,
MANNHEIM
est votée par 304 voix contre 260 el effectuée le 7 mars.
Grèves de Chateauroux 1900. — Le 4 octobre, une ouvrière, qui depuis un an était em[)loyée à la confection des cigares à 0 l‘r. 10, est renvoyée dans l’atelier des cigares ordinaires (ce qui diminuait légèrement son salaire moyen), à la suite d’une faute commise
dans son travail. Une délégation sollicite le reti*aitde cette mesure; sur le refus du directeur, la grève éclate; une grande réunion a lieu sous la [irésidence du maire. Le 6, un ingénieur-inspecteur anâve à Ghâteauroux. A la suite d’une entrevue avec les délégués des grévistes, le ministre consent à faire placer l’ouvrière à la confection des cigares à 0 fr. 075; le lendemain le travail était repris et le maire félicitait le personnel de sa victoire.
Au cours des pourparlers auxquels cette grève avait donné lieu, les déléguées s’étaient plaintes du mode de vérification des rejets. Pour donner satisfaction aux ouvrières, le directeur établit un système nouveau.
Les ouvrières s’insurgent, persuadées que cette réorganisation cachait un piège, et, malgré les efforts sincères du bureau du syndicat, qui reconnaissait les avantages du système nouveau, le travail cesse le 28 décembre. Les ouvrières viennent dans les ateliers et emploient leur temps à de menus travaux de couture. Le 29, le ministre fait a[)peler à Paris cinq déléguées pour conféi’er avec lui et décide que les ouvrières sei’ont libres d’ojiter pour rancien ou le nouveau
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système. Le 2 janvier, le ti*avail reprend et toutes les ouvrières optent pour l’ancien système, c’est-à-dire pour celui, précisément, qui avait suscité leurs plaintes.
Grève DE Morlaix 1900. — Au commencement de l’année, l’administration avait accordé divers relèvements de bases et en avait annoncé d’autres qui devaient être fixés plus tard. Le 21 mars, les robeuses cessent le travail, réclamant pour la manipulation des grandes feuilles le même prix que pour celle des petites feuilles. La rentrée eut lieu le 27 mars, diverses améliorations ayant été promises, à condition que le travail serait immédiatement repris.
Quoique postérieure à 1900, il nous paraît intéressant de citer une grève, d’un caractère très particulier, qui eut lieu à Dieppe en janvier 1901 La vice-présidente du syndicat ayant été punie d’une mise à pied de deux jours à la suite d’une faute banale, protesta, déclarant que sa qualité d’élue du personnel devait la faire considérer comme inviolable (1). La punition ayant été maintenue, elle entraîna 350 ouvrières à chômer pendant deux jours en même temps qu’elle.