Lclire coniiiiiiiie du h) juillet
GHAP. I. — l'atelier
En 1887 à la suite d’une grève qui avait eu pour origine Tanimosité du personnel contre un préposé, l’administration réitérait ces prescriptions et insistait sur l’interprétation qu’il convient de donner à l’article 125.
« Il est essentiel que les employés supérieurs se tiennent « en relations personnelles fréquentes avec leurs ouvriers, « tant au cours de leurs tournées quotidiennes dans les ate- (( liers qu’en donnant libre accès aux réclamations qu’on (( peut avoir à leur soumettre. Leur attitude doit être telle « qu’elle leur fasse gagner la confiance du personnel placé « sous leurs ordres, qu’on ne puisse mettre en doute, non « seulement leur équité mais leur bienveillance aussi; « bienveillance qui se concilie parfaitement avec le main- « tien de la discipline et la résistance cà toute prétention mal (( fondée. Quand ces relations confiantes sont bien établies, (( il est facile aux employés supérieurs de couper court dès « l’origine et bien avant que la situation se soit enve- « nimée, à toute récrimination, à toute prévention non « justifiée, comme à tout acte des préposés pouvant être G considéré comme un abus d’autorité, si léger soit-il. Mais « il est nécessaire pour que ce but soit atteint que tout « ouvrier puisse aller porter librement sa réclamation « comme le stipule nettement l’article 125 de l’Instruction, « soit à l’ingénieur soit en dernier ressort au directeur « sans se le voir interdire par son contre-maître ou son « chef de section ».
Ces prescriptions sont toujours restées en vigueur et les employés supérieurs n’ont pas cessé de les observer scrupuleusement. Mais lorsijue les ouvriers se
MANNHEIM
furent syndiqués puis fédérés, les ra[)ports entre le personnel et les chefs devaient devenii* [)lus tendus(l).
Des ingénieurs, des directeurs ont été mis en cause; les réclamations, au lieu de suivre la voie hiérarchique ont souvent été présentées par le comité central de la fédération au directeur général et même au ministre, à l’insu des services locaux. Une telle situation était intolérable et risquait en se prolongeant, de ruiner la discipline et de compromettre les intérêts des consommateurs aussi bien que ceux du Trésor. Un prompt retour à la stricte observation des errements antérieurs était indispensable. C’est ce (jui a été réalisé par l’ordre de service établi par le directeur général le 30 octobre 1900, qui réglemente d’une manière complète le droit de réclamation et la procédure que comporte Texercice de ce droit.
Nous reproduisons ce document in extenso à la tin de cet ouvrage.
Le droit de réclamation y est reconnu aux ouvriers d’une manière absolue et sans restriction. En cas d’urgence, l’audience est accordée immédiatement. Le directeur donne sa réponse au bout de trois jours au plus. Dans tous les cas, Louvrier qui croit avoir à se plaindre de la décision prise à son égard, [leuten appeler, et soumettre sa réclamation successivement, en suivant les échelons de la hiérarchie, à tous ses chefs jusqu’au directeur général, placé lui-même sous lecontrôledu ministredes finances auipiel il ne négiigepasd’en
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référer, avant de prendre les décisions importantes ; et le ministre, lui-même, suivant un usage établi, reçoit régulièrement à certaines époques, une délégation du personnel ouvrier qui lui'présente ses revendications et ses doléances.
Si on considère au surplus, qu’ingénieurs, directeurs, administrateurs et directeur général sont tous des fonctionnaires, n’ayant aucune part d’intérêt dans les résultats financiers de Findustrie qu’ils gèrent et n’ayant, par conséquent, aucun intérêt en opposition avec ceux du personnel dont la conduite leur est confiée, si l’on ajoute enfin que le premier devoir imposé à ces fonctionnaires à l’égard de leurs ouvriers, est la bienveillance et l’équité (ainsi qu’en témoignent les instructions dont nous avons cité des extraits) l’on est en droit de conclure que le personnel des manufactures de l’Etat jouit de garanties que l’industrie privée peut rarement offrir.