Voir aussi infrà, chapitre IV, | 2, I
2. Déposée en 1890 et votée par la Chambre le mars 1892, modifiée par le Sénat le 27 avril 1894 et votée avec modifications par la Chambre le 6 décembre 1898.
répartition entre les diverses catégories d’ouvriers des manufactures de l’Etat.
Tableaux II, III, IV. — Ces tableaux font connaître les salaires moyens des hommes et des femmes par manufacture et fabrique, année par année — la progression de la moyenne générale est particulièrement intéressante à considérer.
Elle n’a jamais cessé de se produire; le fléchissement qui apparaît en 1898 pour les femmes, dans les manufactures de tabacs, n’est qu’apparent. Il provient de la présence d’apprenties, consécutive à la reprise du recrutement.
Les vides qui existent sur ces tableaux se rapportent aux manufactures de fondation récente.
Tous les chiffres sont empruntés aux états 70, c’est-à-dire au résumé des feuilles de paye, adressé semestriellement à l’administration.
Tableau V. — Ce tableau permet de se rendre compte de la progression du gain annuel des hommes et des femmes dans les manufactures de tabacs. 11 ne présenterait aucun intérêt en ce qui concerne les fabriques d’allumettes en raison de la proportion considérable des absences qui se sont produites jusqu’en 1896, c’est-à-dire jusqu’à l’intervention de la Commission médicale. Nous avons fait figurer sur ce tableau le gain moyen journalier, c’est-à-dire le gain annuel divisé par 300, nombre moyen des jours ouvrables, dans les manufactures de l’Etat. Nous avons rapproché de ces chiffres les salaires moyens, afin que lacom- [laraison avec les gains puisse être faite facilement.
GHAP. II.
LE SALAIRE
On remarquera que Técart est moins grand pour les femmes que pour les hommes.
S’il a augmenté pour ces dernières en 1897, on peut l’attribuer à la présence de jeunes ouvrières dont les absences sont plus fréquentes que chez les femmes d’âge mur. Nous avons fait figurer d’autre part, les sommes payées à titre d’indemnité (maladies, accouchements, appels sous les drapeaux, blessures) aux ouvrières et ouvriers en interruption de service pour toutes sortes de raisons. Ces sommes diminuent encore l’écart qui existe entre les gains et les salaires, mais aucun document ne permettant de faire le départ entre celles qui ont été attribuées aux hommes et celles qui reviennent aux femmes, il n’est pas possible de se rendre compte de la diminution d’écart qui en résulte.
Le nombre des ouvrières et ouvriers est celui qui figure au Compte de l’exploitation du monopole, dit « Compte bleu ». Les temps de présence sont extraits des états 70 ainsi que les sommes payées; celles-ci ne paraissent pas cadrer avec celles qui figurent au compte bleu. Cela tient à ce que, dans ce document, les sommes payées en salaires, sont réparties sous plusieurs rubriques.
Tableau VL — Ce tableau est extrait d’une notice parue dans le Bulletin de statistique et de législation comparée du ministère des finances en octobre 1896 ; ces tableaux sont accompagnés des notes suivantes :
« En ce qui concerne les ouvriers hommes, les gains « augmentent avec l’âge. Il en est de même des salai-
« res moyens, l’assiduité au travail restant à peu près (( constante.
(^ Ce fait tient à ce que la plupart des ouvriers tra- « vaillent en association ou sont payés à la journée. « Les premiers, quoique avançant en âge, reçoivent « toujours sensiblement le m.ême salaire que celui de (( la brigade dont ils font partie. Quant aux seconds, « ils sont en général rétribués d’après les tarifs crois- (( saut avec le nombre d’années de service.
« Le tableau relatif aux femmes tendrait à prouver « que les gains et les salaires moyens atteignent le (( chiffre le plus élevé au-dessous de 21 ans et au-des- « sus de 65. Ce résultat peut paraître surprenant <( mais il est à remarquer que sur 130 ouvrières âgées « de 20 ans et au-dessus, 53, soit près de la moitié, « appartiennent à la manufacture de Pantin qui, étant (( située dans le département de la Seine jouit de tarifs « plus fort que les établissements de province.
« Si l’on fait abstraction de ces 53 ouvrières les « moyennes relatives de la première catégorie sont de « 647 francs comme gain moyen et 2 fr. 53 comme sa- 4 laire moyen. On doit de même laisser de côté dans « cette étude comparative les 3 ouvrières de plus de « 65 ans qui sont affectées à la manufacture de Paris « Gros-Caillou. Ces réserves faites, de l’examen du ta- 4 bleau ci-dessus on peut tirer les conclusions suivan- « tes: l’ouvrière normale, au triple point de vue du 4 gain, des présences et du salaire, est celle qui vient « d’atteindre 40 ans. Plus jeune elle est plus active et « son salaire plus élevé, mais de 20 à 30 ans elle
CHAP. II
LE SALAIRE
« s’absente plus souvent et son gain s’en ressent. Plus « âgée elle devient plus assidue mais son salaire fai- (( blit avec son activité et son gain s’abaisse pourdeve- « nir minimum de 56 à 60 ans ».
Tableau VIL — Les salaires moyens figurant sur ce tableau permettent de comparer la situation de diverses catégories d’ouvriers. Ce tableau met en évidence le fait que nous avons signalé savoir; l’infériorité relative des salaires des ouvriers d’état, et la situation exceptionnellement favorable des manœuvres et des femmes de peine qui ne subissent aucun apprentissage. Gela tient à ce que les ouvriers appartenant à cette catégorie travaillent en majorité à l’entreprise, alors que les ouvriers d’état sont presqu’exclusivement rémunérés à la journée (1). Ajoutons que les ouvriers d’état sont occupés tous les jours ouvrables de l’année, c’est-à-dire même pendant les inventaires, ce qui augmente leur gain annuel.
I. Nous avons expliqué que le travail à l’entreprise était toujours mieux rémunéré que le travail au temps. V. p 120.