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de l'invasion des barbares, l’affaiblissement du pouvoir central favorisa de toutes parts les entreprises de violence et de rapines. Les routes furent aussi peu sûres que jamais et la profession d’auberoiste devint trop souvent un moyen facile d’extorquer de l’argent à des voyageurs qui venaient bénévolement livrer leurs personnes et leurs biens à leurs pires ennemis.
Les méfaits étaient si nombreux qu’un saint illustre, saint Benoît, résolut de fonder spécialement un ordre religieux dont une des attributions était de donner un abri sûr aux voyageurs. On ne saurait reconnaître avec trop de gratitude les services rendus en cette matière par les moines Bénédictins. Pendant plusieurs siècles encore, le voyageur fut considéré comme une proie naturellement destinée à être l’objet de tous les pillages. La société féodale n'avait aucune place pour celui qui ne rentrait dans aucune des cases de la hiérarchie des terres et des hommes, si bien qu’au douzième siècle on voit les seigneurs riverains de la mer invoquer comme une de leurs prérogatives l’odieux « jus naufragil ».
Aussi bien lorsqu'on voulait ouvrir une auberge devait-on obtenir une autorisation. Cette obligation était déjà ancienne, car Charles IX, dans une déclaralion du 25 mars 1967, parle des « hôteliers qui auront la permission des juges du lieu ».