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ralement avec des périodes de guerre. Adhémard Leclère note, en effet, à propos d’une invasion du Cambodge par les Annamites, en 1658: « Les Annamites prétendent que les prisonniers faits au cours de la campagne ne furent rendus au Cambodge qu’à la suite d’un traité de paix statuant qu’un tribut régulier serait payé par le Cambodge à l’Annam, et que les Annamites établis dans le royaume y jouiraient de toutes les terres occupées par eux et qu’ils seraient traités comme des régnicoles. » 19).
Parfois aussi l’origine des étrangers dicte aux rois khmers une politique qui peut paraître arbitraire. C’est qu’ils voient dans la présence de certains étrangers, soucieux de prosélytisme religieux, une atteinte à l’unité du Boucdhisme et, par là, une menace à l'intégrité du territoire : seul l’intérêt politique les guide, à l’exclusion de tout esprit d’intolérance confessionnelle. S'ils prennent ombrage du prosélytisme auquel se livrent les Européens en faveur du Christianisme, les Hindous en faveur du Brahmanisme, les Chams et Malais en faveur de l’Islamisme, c’est qu’ils ont conscience que les conversions, en transformant la mentalité de leurs sujets, pourront entraîner la désagrégation du royaume. Leur politique tend donc à s'appuyer fermement sur l’unité du Bouddhisme pour s’en faire un rempart contre tout danger de scission. Par là s’explique la réglementation restrictive prise à l’encontre de certaines catégories d’étrangers, ainsi qu’il apparaîtra plus loin.
Il serait donc erroné de prétendre que de telles dispositions infirment les déductions précédemment tirées de l'influence libérale du Bouddhisme. La contradiction n’est qu'apparente. Si le Bouddhisme est une religion de la plus large tolérance et si l’on n’a jamais eu à enregis-
19) Histoire du Cambodge, op. cit., p. 351.