XXVI DROIT ROMAIN
pureté originelle, mais rapportée au Code avec une retouche qui l’accommode à la théorie dominante sous Justinien? La solution de cette question est sans importance ici, mais ce qu'il importe de remarquer, c’est que le rapprochement de ces deux textes fait pour la première fois par Pellat, en 1827, prouve le remaniement par les compilateurs byzantins du fr. 2 C., De donat quæ sub modo, et assure par conséquent l'existence d’une ancienne théorie, et le triomphe d’une nouvelle dont Ulpien fut le principal partisan.
Cette conciliation historique n’est pas admise par tous, et Zimmern (!) soutient que de tout temps à Rome on admit la coexistence des actions réelles et personnelles; ainsi donc le vendeur aurait pu, si la condition résolutoire s’accomplissait, invoquer la revendication ou l’action personnelle suivant la convention des parties. Cette conciliation tend à l'arbitraire, et se rapproche de celle des glossateurs, qui, après avoir distingué les verba directa des verba obliqua ®), arrivèrent à créer du temps de Tiraqueau les verba communia; nous la repousserons donc, parce que, d’une part, Ulpien en donnant l’action 27 rem ne se préoccupe en aucune façon de l'expression de la volonté des parties, et parce que, d'autre part, s’il s’agit d'interprétation de volonté, on ne comprend point que les jurisconsultes qui accordent l’action 27 rem soient si peu nombreux.
noir (op. cit., p. 171), qu'on ne doit pas s'arrêter à la différence des noms, que l’un et l’autre texte donnent à la personne à laquelle le rescrit est adressé , et préférons suivre l'opinion de Pellat.
(1) Ueber resolutiv. bedingungen. (Archiv. für die civilistische praxis, t. IV, 1822, p. 234-252.)
(2) Voet ad pandect. de Lege Comm., $ 2, in fine.