DE LA CONDITION RÉSOLUTOIRE. XXVII
Comme nous l'avons dit plus haut, deux autres conciliations ont été proposées. D’après l’une, dominante en Allemagne, la propriété aurait toujours pu à Rome être transférée sous condition résolutoire, et le précédent propriétaire, la condition accomplie, aurait toujours pu invoquer la revendication. Pour expliquer les textes qui parlent de l’action personnelle, on propose deux interprétations, cette action est nécessaire, dit-on, si, la propriété étant transférée d’une façon absolue, celui qui doit bénéficier de la résolution ne s’est conservé que le droit d'exiger la rétrocession de la propriété; et on invoque alors le fr. 12, De præscript. verb. (D. XIX-5). Mais comme cette interprétation fait dépendre l’action réelle ou l’action personnelle de la volonté des parties, et comme d’après des textes nombreux l’action personnelle est donnée dans des hypothèses semblables à celles où Ulpien donne l'action nr rem, on propose une seconde interprétation, et on dit : l’action personnelle est nécessaire même à celui à qui la propriété revient de plein droit après l’accomplissement de la condition résolutoire, parce que la preuve à fournir est plus facile, et parce que, comme nous le verrons plus loin, on obtient par cette action des accessoires que ne comprenait point la revendication.
Dès lors, conclut M. de Vangerow, partisan de cette conciliation, l’action personnelle concourt avec l’action réelle et n'est point exclusive de cette dernière. Pour compléter son argumentation, ce savant romaniste cherche à démontrer que d’autres jurisconsultes comme Julien et Scévola admettaient l’action in rem, et avec les fragments du Digeste, il en cite un du Code.
Nous sommes les premiers à reconnaître l'utilité de