‹ De La Conduite À Suivre Dans Les Cas De PhysiométrieChapitre 4 sur 40 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

DÉFINITION. — ÉTIOLOGIE

La physométrie (de qôsa, vent, air et uiroæ, matrice) est un accident de la puerpéralité, dû à la distension de la cavilé ulérine ou plus exactement de la cavité de l'œuf ouvert par des qaz de putréfaction.

L'ouverture de l'œuf est un facteur indispensable de la phvsométrie. Sans doute l'infection putride de l'œuf a été observée alors que les membranes ne présentaient aucune solution apparente de continuité (1), mais dans ces cas, d’ailleurs très exceptionnels, jamais le syndrome clinique de la physométrie n’a été réalisé.

Quand l’œuf est ouvert, les conditions ambiantes de température et d'humidité, jointes à la pénétration de l’air extérieur septique et à l'en hissement des germes venus du vagin, constituent un milieu extrêmement favorable au développement de colonies microbiennes.

(1) I existait alors des altérations histologiques des enveloppes de l'œuf (Thèse de JraAnniN, 1902).

Celles-ci, surtout composées de microbes anaérobies, ne sont pas seulement et toujours anaérobies.

Les recherches bactériologiques modernes, grâce à une technique plus exacte, nous montrent chaque Jour combien les infections monomicrobiennes sont l'exception. Le plus habituellement, une forme microbienne domine, mais il ne faut pas plus songer à diviser les différentes formes de fièvres puerpérales en partant de la nature des germes, comme l’essayait autrefois Doléris (1), qu'il ne faut penser à établir une cloison trop étanche entre les infections aérobies et anaérobies.

La large conclusion qui s'impose dans l’état actuel de nos connaissances, c’est que la physométrie est d'origine polymicrobienne, le plus souvent anaérobie, quelquefois mixte aéro-anaérobie.

S1 la putréfaction intra-utérine implique pour ainsi dire l’idée de décomposition putride du fœtus, et si cette constatation s’observe dans la majorité des cas, elle n’est pas absolue et l’on peut rencontrer un fœtus vivant dans un liquide amniolique très fétide, alors que des gaz infects se dégagent par le vagin (obs. 9).

Dans la physométrie, les accidents du début ne sont pas toujours semblables à eux-mêmes.

1° Tantôt, c’est la mort du fœtus qui ouvre la scène, et les germes qui sont les hôtes habituels du vagin n’attendent que la rupture des membranes pour faire ascension dans l’utérus ;

2° Tantôt, l'ouverture prématurée de l’œuf permet d’emblée l'invasion microbienne ; la putréfaction du liquide

(1) Doréris (Thèse de Paris, 1882).

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ammniotique s'ensuit, el pour peu que le travail se prolonge, le fætus meurt et se putréfie à son tour.

Plus la rupture des membranes est éloignée de son terme normal, c'est-à-dire de la dilatation complète, plus sont grandes les chances de physométrie. Cela est particuhèrement vrai lorsque la rupture est contemporaine du travail et surtout d’un travail traînant en longueur, pour quelque raison que ce soit. Dans ces cas, quand l'enfant est mort, mieux encore s'il est macéré, les pires complications sont à redouter.

Il faut en effet se souvenir que des parturientes perdant les eaux avant tout début de travail, expulsent leur produit de conception plusieurs jours, quelquefois deux ou trois semaines après la rupture de l'œuf, sans présenter aucun phénomène infectieux. Le col n'ayant pas encore subi de modifications physiologiques, la barrière est généralement suffisante contre l'infection. Il est vrai d'ajouter que ces faits s’observent surtout quand le fœtus est vivant.

Retenons donc que la rupture de l'œuf est la circons- Lance indispensable de la physométrie, la lenteur du travail et la mort du fœtus, à fortiori sa macération, en élant les conditions les plus favorables.

Ajoutons que si la femme est malpropre, comme l’observation 3 nous en fournit un bel exemple, ousi elle a subi des touchers ou manœuvres septiques, l'infection a beau jeu.

L'influence saisonnière est enfin manifeste, puisque quinze Cas — sur vingt el un que nous rapportons — furent observés de mai à octobre, avec maximum en juin, juillet etaoût. c'est-à-dire pendant les mois les plus chauds.

L'œuf étant supposé ouvert, passons maintenant rapi-

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dement en revue les causes qui peuvent contribuer à prolonger le travail.

1° Causes d'origine maternelle. — Sur 21 observations, 17 concernent des primipares dont l'âge moyen est de 29 ans. Il y a donc lieu d'incriminer dans une certaine mesure la mauvaise qualité des tissus et la dégénérescence fibreuse du muscle utérin.

Dans deux cas, nous trouvons un obstacle à l'engagement dû à un rétrécissement du bassin (obs. 13 et 15).

Chez trois parturientes, 1l y a sténose du col {obs. 18 : fibrome intrapariétal du volume d’une tête fœtale, canal cervical de 7 centimètres aboutissant à une stricture infranchissable ; — obs.19 et 19 bis : cicatrices opératoires).

Nous ne possédons pas d'observation de physométrie chez une femme atteinte de cancer du col, mais nous savons que l'obstacle apporté à l'accouchement dans ces conditions est tout à fait favorable au développement de la tympanite utérine.

2° Causes d'origine fœtale. — Ces causes tiennent à une malformation où à une présentation vicieuse, qui créent un obstacle à la marche normale du travail. Nous relevons :

Deux cas d'hydrocéphale (obs. 4et 16);

Trois présentations vicieuses (obs. 6, 6 bis et 17).

3° Causes d'origine ovulaire. — 1ci encore peuvent en trer en ligne toutes les causes capables de créer un obstacle à la marche normale du travail.

Dans l'observation 5, nous trouvons le placenta inséré sur le segment inférieur qui chez une primipare empêche jusqu'au dernier moment l'engagement de la tête.

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