‹ De La Conduite À Suivre Dans Les Cas De PhysiométrieChapitre 5 sur 40 · SYMPTOMES, DIAGNOSTIC, ÉVOLUTION · texte numérisé non relu

SYMPTOMES, DIAGNOSTIC, ÉVOLUTION

Sous l'influence des gaz de la putréfaction, le muscle utérin, paralysé, se laisse distendre. Il est, suivant l’heureuse expression du professeur Pinard, « frappé de stupeur ».

S1 l’on pratique alors la percussion au niveau du fond de l'utérus, après l'avoir délimité par le palper, au lieu de la matité qui correspond habituellement au globe utérin, on trouve de la sonorité : tympanite utérine.

Ces deux constatations : augmentalion de volume et sonorité de l'utérus, indiquent que cet organe est distendu par des az. S'il s'écoule en même temps de la vulve un liquide amniotique fétide, ayant la consistance et l’aspect d'une purée jaunâtre, grisâtre ou verdâtre, la preuve est faite que les gaz contenus dans l'utérus sont des gaz de putréfaction : il y a physométrie.

Le diagnostic est confirmé quand, à l’occasion d'une contraction où d’un toucher, il s'échappe des parties génitales, avec un bruit spécial, un liquide fétide mélangé de gaz.

À la palpation de l'abdomen, la main exploratrice peut éprouver la sensation de crépitalion gazeuse. Dans ces cas, 1l y a plus que de la physométrie ; c’est le commencement de la septicémie gazeuse : les gaz sont déjà répandus

Rice

dans l'épaisseur du muscle utérin et jusque dans le tissu cellulaire sous-péritonéal (obs. 2 et obs. 11). Le pronostic est {rès assombri puisque nous avons à déplorer la mort des deux parturientes.

L'ascension de l'utérus peut être modérée (obs. 5 : de 8h. du soir à # b. du matin, c'est-à-dire pendant huit heures, il s'échappe des gaz par le vagin, tandis que l’utérus est rétracté).

Le plus souvent l'ascension se fait en quelques heures et peut devenir extraordinairement rapide (obs. 1: à 10 h. 1/2 du soir, il n’existe pas de physométrie.A 11 h.45, un léger tympanisme est constaté. De 11 h. 45 à minuit, c'est-à-dire en un quart d’heure, le fond de l'utérus s'élève de 3 centimètres ; — obs. 11: à midi, la hauteur utérine est de 38 centimètres ; à 2 heures, de #4! centimètres ; à 3 heures, de 44 centimètres). Dans ces cas, on a pu suivre des yeux le soulèvement progressif de la paroi abdominale, correspondant à l'ascension du fond de l’utérus.

Le volume de l’utérus peut atteindre des dimensions considérables, jusqu'à occuper toute la cavité abdominale (obs. 3: le fond de l'utérus remonte à droite jusqu'à la face supérieure du foie. La hauteur utérine est de 45 centimètres ; — obs. 2 : le ventre tout entier est extrêmement distendu, la hauteur utérine est de 52 centimètres).

Cette augmentation du volume de l'utérus n’est pas un signe particulier à la physométrie, on l'observe dans l'hémorragie rétro-placentaire et dans l'hydramnios à évolution rapide, où l'utérus peut subir un mouvement

ascensionnel également très rapide.

0008 y CR

Dans l'hémorragie rélro-placentaire, l'utérus est dur, d'une consistance lhigneuse ; dans la physométrie au contraire l'utérus distendu est généralement mou. Cependant, il est des cas où on le trouve tétanisé (obs. 4 : utérus rénitent; — obs. 6, 16 et 18 : utérus tétanisé ; — obs. 14: utérus très tendu). La Percussion, en révélant le tympanisme, tranche toujours le diagnostic.

Dans l’hydramnios à évolution rapide, l'ascension n’est Jamais aussi prompte ; les membranes sont intactes 214 percussion enfin impose le diagnostic. Si nous en parlons c'est parce que l'observation 14 com porte une erreur clinique de ce genre, des plus instructives (v. p- 57).

Tels sont les signes de la physométrie à la période d'état. À ee moment le diagnostic n'est souvent que trop facile, mais la situation déjà très compromise.

Il importe donc de prévoir, de surprendre à son début la tympanite utérine. Pour cela, il ne faut pas ignorer qu'à côté des symptômes cardinaux de la physométrie, il existe un ensemble de signes satellites qui la précèdent ou l’accompagnent si souvent, que leur présence doit toujours faire redouter cette complication.

Nous supposons, bien entendu. l'œuf ouvert.

Ces signes sont au premier chef, les modifications du liquide amniolique, qui prend l'aspect d'un liquide ou d'une purée verdâtre, grisâtre ou Jaunâtre, d’odeur infecte, indice d’une putréfaction.

Ce sont les confractions ulérines qui cessent plus ou moins brusquement, parce que le muscle utérin se paralyse sous l'influence des éléments toxi-infectieux. Cette

cessation est d'autant plus nette et appréciable’ que les Mallet 2

nn Te

contractions utérines avaient été jusque-là rapides et fortes l'obs. 1 est particulièrement démonstrative).

Ce sont au toucher, les bords de l'orifice utérin, infectés, qui s'indurent, s épaississent, s'infiltrent.

C'est encore au toucher, la bosse séro-sanguine qui progresse seule, prend d'énormes proportions et peul fournir la sensation d'une poche à surface lisse, plus ou moins tendue, pouvant en imposer pour une poche des eaux (obs. # et 14). Dans l'observation 14, en présence de l'affirmation formelle de la femme, qui prétend n'avoir pas perdu les eaux, un perce-membranes introduit dilacère par erreur la bosse sanguine d’un fœtus macéré.

C'est enfin, dans la grosse majorité des cas, la mort du fœtus qui précède la physométrie.

En résumé :

Quand la poche des eaux est rompue,

Quand la femme perd un liquide très fétide,

Quand l'orifice ne se dilate pas et s'infiltre,

Quand la mort du fœtus se produit,

Quand la bosse séro-sanquine seule progresse et prend d'énormes proportions,

Quand les contractions utérines cessent.

11 faut redouter l'apparition de la physométrie ; 1l faut, afin de la dépister, percuter fréquemment l'utérus et mesurer la hauteur utérine, de façon à intervenir dès le début des accidents et sans perdre un instant.

I faut savoir que les gaz surnagent au-dessus du liquide amniotique et que c’est à la limite supérieure de l'utérus quil convient de rechercher tout d’abord la sonorité (obs..4,9,:11,12, 45,16}

DIU le

L'état général de la femme devient rapidement mauvais, l'infection d’abord localisée à l'œuf ne tarde pas à se propager à la mère. Le facies est grippé, la langue sèche, l'haleine fétide. La température atleint et dépasse 39° et 40°. Le pouls est petit et fréquent.

Des frissons, de la dyspnée, de la cyanose des extrémités complètent ce lableau qui est celui d’une infection grave.

La femme est en danger de mort.

DEEP ERRT! TE | ; We

Page 1