‹ De La Conduite A Tenir dans les Plaies Thoraco-AbdominalesChapitre 19 sur 32 · LES · texte numérisé non relu

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: Nous croyons avoir assez insisté, pour prouver que l’abstention ne suffit pas dans le traitement des plaies thoraco-abdominales, voyons une page plus consolante, plus chirurgicale. IL faut opérer. Comment l’a-t-on fait jusqu'ici ?

OBSERVATION XXII. — Plaie par arme à feu du 7° espace intercostal. — Laparotomie, rien à l’abdomen. — Péricardite et Pneumonie. — Guérison.

Pierre DEcser. — Société anat, Février 1892,

Suzanne P...,àgée de 32 ans, se tira un coup de révoiver de petit calibre dans le 7° espaçeintercostal le 16 janvier 1892. Vers 41 h.1/2 du matin. Je la vois pour la première fois à la Charité, salle Gosselin, le soir à 4 h. 1/2 — Je suis frappé tout de suite par son état général. La face est pâle, les traits sont tirés, le regard anxieux ; il existe un mélangede prostration et d’excitation ; plaintes incessantes ; on a tout de suite l'impression qu'ils’agit d'une lésion grave, d’une plaie pénétrante.

L’orifice de pénétration est dans le 7° espace,un peu en dehors de la lignemamillaire. L’auscultation du cœur et du poumon ne révèle aucune altération des appareils cardio-péricardiques ou pleuropulmonaires. Du côté de l'abdomen, il n’y a pas de ballonnement, pas de sensibilité, mais une sonorité tympanique très exagérée. Le pouls est petit et rapide. Je demande si la malade à vomi; on me répond affirmativement et on me présente unbassin, dans lequel je vois,nageant dans un liquide jaune clair,une dizaine de petits caillots noirâtres.Je pensai qu'il s'agissait d’une plaie de l'estomac et la tem-

pérature étaità 38; je fis immédiatement l'opération avec l’aide de

mes amis RocHARD et CAZIN.

Incision sur la ligne blanche, de l’ombilic à l’appendice xyphoïde.

— Sidel’ouverture du ventre il ne s’échappeni gaz, ni sang, ni matière — l'aspect du péritoine est normal. L’estomac ne présente: aucune altération sur sa face antérieure.Le côlontransverse est sain. J'introduis ma main dans l’abdomen et je cherche à sentir par la face interne l’orifice de la balle. J'arrive facilement au point corres-

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pondant à l’orifice d'entrée, mais je ne sens rien aux alentours, je prends alorsle parti de fermer l’abdomen sans dérouler l’intestin grêle.

Le lendemain et le surlendemain, la température s'élève à 39° le soir. Matité et souffle intense dans la poitrine. Péricardite intense et pneumonie s’accompagnant d’un petit épanchement pleural.

Cette malade est guériesans avoir présenté aucun trouble du côté de l'abdomen.

Ceci prouve que les signes en apparence les plus décisifs (tympanisme,hématémèse) peuvent exister sans plaie

de l'estomac. Il est probable que dans les faits favorables |

à l’abstention il s’est glissé un certain nombre de cas de ce genre où des crachats sanglants déglutis, puis vomis, en ont imposé pour de l’hématémèse.

Nous n’avons cité cette observation que pour montrer que quand on croit absolument à une plaie thoraco-abdominale,onpeut se tromper, mais que, même dans le doute, il vaut mieux opérer dans l'intérêt bien compris du malade.

Voici maintenant une observation très intéressante et qui nous sert de transition :

OBsERVATION XXIII. — Coups de couteau dans le thorax. — Pas d'intervention. — Hernie diaphragmatique étranglée. — Pleurésie. — Résection tardive (2 mois après) de la 7° côte. — Mort sous le chloroforme.

BERGMANN (Si-Pelersburg med. Wochenschr. 1896, ne 48, p. 427).

Un homme de 29ansreçoit, au cours d’une rixe, quatre coups de couteau dans le thorax ; une de ces plaies, située à cinq travers de doigt au-dessous de la pointe de l’omoplate gauche, est entourée d’un emphysème sous-cutané indiquant que la plaie est pénétrante. En l'absence d’une hémorragie oude symptômes pulmonairesinquiétants on n'intervient pas activement et le malade semble guéri complètement, sans fièvre, ni complications.

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