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Les signes physiques relevés du côté dela poitrine sont lessuivants : déformation nulle, maisimmobilisation de la paroi à gauche, absence de vibrations, sonorité tympanique, disparition du bruit respiratoire, résonnance métallique de la voix, pas de gargouillements, abaissement de la pointe du cœur.
Au niveau de la plaie, ni traumatopnée, ni emphysème sous-cutané; infiltration sanguine très limitée.
Pas d’hémoptysie lors de l’agression ; depuis, aucun crachat hé: moptoique.
Du côté de l'abdomen, aucun signe particulier. L'examen fait, on procède d’urgence à l'intervention.
Deux injections de caféine, chloroformisation; l’anesthésie se fait sans incident, malgré l’état asphyxique et les habitudes alcooliques du blessé.
L’épiploon étant rabattu vers la partie supérieure du thorax, nous pratiquons dans le 8 espace intercostal gauche une incision longue de 11 centimètres, débutant à 2 centimètres en dehors de la ligne mamillaire, débordant d'environ 5 centimètres en arrière de la ligne pré-axillaire et entamant les muscles du dos ; deux petites incisions la complètent à chaque extrémité, pour faciliter les manœuvres ultérieures. Une seconde incision de 2 cent. 1/2, partant du milieu de la plaie primitive, réunit celle-ci, en croisant la 8e côte, au tracé de la première incision.
Dissection de deux petits lambeaux latéraux. Résection sous-périostée de Ja 8° côte, sur une étendue de 10 centimètres. On constate, que, sous la violence du coup porté, le bord supérieur decelleci ainsi qu’une partie de sa face postérieure ont été nettement entamés par le tranchant du couteau; deux incisions sur le lit de la côte, l'une longitudinale, l’autre courte et presque verticale, donnèrent accès, par une brèche assez large, dans la cavité pleurale, libérant le pédicule épiploïque; en même temps, il se fait des projections bruyantes d’airet la partie gauche du diaphragme est agitée de mouvements désordonnés. Le poumon gauche est complètement rétracté, la plèvre ne contient qu’une quantité insignifiante de sérosité à peine teintée de sang.
En se guidant sur l’épiploon, on arrive sur une plaie du diaphragme située à 3 travers de doigtenviron du fond costo-diaphragmatique, longue de 3 centimètres et dont l’ouverture bride fortement l'épiploon. Le diaphragme étantsaisi à l’aide de longues pin-
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ces, au voisinage de cette plaie, et immobilisé autant que possible, on agrandit, au ciseau courbe et sur le doigt servant de conducteur, la plaie diaphragmatique, on dégage eton étale l’épiploon, on place une ligature en chaîne en dessous de la partie étranglée, on résèque le fragment en dehors d’elle et, après attouchement léger au thermo-cautère, on réduit le moignon avec précaution.
Le diaphragme étant ensuite attiré vers la plaie thoracique, on l’adosse au voisinage de celle-ci, àla paroi interne, par une suture pleuro-pleurale, de façon à fermer la plèvre ; ce temps s’exécute assez facilement ; la suture terminée, le jeu du diaphragme se régularise et aucun déplacement d’air nese produit.
Le grand cul-de-sac de l’estomac est amené avec les doigts entre les lèvres de la plaie et exploré sur toute son étendue ; nulle plaie intéressant l'organe ou les vaisseaux.
Rien du côté du coude gauche du côlon,qui se trouve du reste éloigné du trajet suivi parl’instrument vulnérant.
Par contre, le tissu cellulaire séparant l'estomac de la rate a été divulsé ; on peut facilement examiner les 2/3 supérieurs de celle-ci et son pédicule ; légère éraillure sur sa face interne. On étanche le Sang qui la baigne, puis, aucun süintement ne se produisant, on procède à la fermeture de la cavité abdominale, adossement successif des lèvres péritonéales et diaphragmatiques par des points en U. Réunion avec régularisation des divers lambeaux cellulaires, périostiques, musculaires, etc., de la paroi thoracique. Par-dessus suture de la peau, pansement compressif.
La plaie de la région lombaire gauche, à direction verticale, sur le trajet de la ligne passant par l’angle de l’omoplate et affleurant la crête iliaque, donne accès dans un décollement sous-cutané sans im. portance. Capitonnage et suture superficielle.
A noter qu'aucun lavage n’a été pratiqué dans la plèvre.
‘: Dans la soirée, nulle réaction. Température 37 degrés. La dyspnée a cessé, la teinte asphyxique a disparu, le malade ne se plaint que de la gêne apportée par la compression du pansement. Pas
d’emphysème sous-cutané. Ventre souple et indolore, sonorité nor-
male dans l’hypocondre gauche.
8 août. — Temp. matin, 370 10; temp. soir, 37° #. g août. — Temp. matin, 36°8 ; temp. soir, 37° 2. 10 août. — Temp. matin, 36° 6 ; temp.soir, 379 [.
Etat général excellent, nulle complication du côté de la poitrine et de l'abdomen.
12 août. — Le pansement est défait, la réunion des plaies est opérée. Respiration faible, sonorité thoracique presque normale, aucune trace d’épanchement.
23 août. — Les fils de suture sont retirés.
25 août. — Temp. soir, 98° 7.
26 août. — Temp. matin, 38 degrés; temp.soir 37° 5. Au niveau de la plaie supérieure, formation d’un abcès du volume d’une noisette, résultant de l'infection provoquée par un fil profond; lincision, lavage, pensement bichloruré.
27 août. — Temp. matin, 36° 2 ; temp. soir, 37 degrés.
29 août. — Temp. matin, 36 degrés.
Le 2 septembre, la cicatrisation étant complète, le malade est mis en exeat.
{Au moment de son départ, voici les quelques particularités que
nous relevons :
La pointe du cœur bat au niveau de la 5e côte, sur le trajet de la
ligne mamillaire ; ni palpitations, ni douleurs dans la région pré-
cordiale.
Douleurs spontanées au niveau de l'épaule gauche, avec irradia-
tions sur le trajet du médian et du radial. Point douloureux du
scalène antérieur. Très légère submatité dans l’espace de Traube. En arrière de l'hémithorax ;gauche, légère submatité dont la
limite ne s'élève guère au-dessus de l'horizontale de la plaie. se
tions normales. Respiration normale.
Douleurs à la pression, au-dessous du rebord des fausses côtes gauches.
Novembre.— Depuis sa sortie de l'hôpital, cet homme, qui a repris du service, n’a accusé aucun symptôme particulier ; néan-
moins, il a été prévenu, en vue de salibération prochaine,de setenir
en garde, pour l'avenir, contre toute manifestation qui pourrait révéler une déchirure diaphragmatique et une hernie, possibles avec
la nature de la blessureet malgré l’heureuse issue de l'intervention.