ETABLISSEMENT DU PLAN DE GUERRE 2 I
ment arrêtées d'autre part par l'ennemi. On peut, il est vrai, modifier, influencer ces dernières si, en temps utile, on esl prêt et résolu à prendre l'initiative, mais le combat n'en reste pas moins le seul moyen de les détruire...
« Or, les conséquences matérielles et morales de toute aff'aire sérieuse ont une action si considérable qu'elles amènent d'ordinaire un renversement complet de la situation, et par suite une base nouvelle pour de nouvelles combinaisons. // ri est pas possible d'arrêter avec quelque certitude un plan d opérations au delà de la première rencontre avec le gros des forces de l'adversaire. Un homme étranger à toute notion dart militaire croit seul voir dans le développement d'une campagne l'exécution d'un plan arrêté d'avance en principe dans tous ses détails et fidèlement suivi jusqu'à la fin. Assurément un chef d'armée a toujours devant les yeux le but essentiel qu'il poursuit; les diverses alternatives ne le lui font pas perdre de vue, mais il ne peut jamais préciser à l'avance, d'une manière certaine, les voies par lesquelles il compte l'atteindre. »
Résumons ce qui précède, nous voyons :
1° Possibilité de préparer avec quelque certitude jusqu'à la première bataille, jusqu'à la rencontre avec le gros des forces de l'adversaire, parce que jusqu'à ce moment on est libre de part et d'autre, parce que la situation respective des partis n'est pas changée; chacun d'eux est maître de ses actes, il n'y a ni vaincu ni vainqueur ;
2° Préparation d'ailleurs d'une importance considérable:
Par la valeur du résultat en lui-même, la bataille décisive ;
Par les conséquences de cette grande bataille, prémisses d'où va sortir le développement du plan de guerre. Développement possible si elle a été bien engagée, impossible dans le cas contraire.
Qu'on ne dise donc pas qu'une bataille heureuse règle tout, qu'on aura le temps de redresser un plan vicieux. « C'est à peine, dit Moltke, si au cours d'une campagne il est possible de réparer les fautes commises au moment de la concentration primitive. »
Comme on l'a vu précédemment, Metz et même Sedan restant des victoires tactiques, mais qui auraient rejeté les Français sur Paris et sur la Loire, laissaient presque tout à faire ;
3° Impossibilité de régler avec quelque certitude un plan d'opérations au delà de la première bataille. La situation respective des partis est alors modifiée ; elle est à fixer à nouveau d'après les résultats de la bataille.
Le parti victorieux peut seul compter poursuivre ses propres desseins en dépit des efforts contraires de l'ennemi. Ses combinaisons reposent sur un terrain solide que l'adversaire n'a pas.
Aussi est-ce a qui arrivera à prendre le plus tôt possible cette situation avantageuse ; par là, la compréhension simple des choses de la guerre amène les deux partis à rechercher une grande bataille, une victoire décisive.
En tout cas, celui-là des deux partis la recherche qui a le plus de décision et le plus de confiance en ses propres forces. C'est ainsi que le premier objectif des armées est l'armée principale ennemie^ pour faire sortir de la rencontre la victoire ou la défaite, base noiweUe fixant alors les nouvelles combinaisons à adopter.
« Tout, néanmoins, n'est pas obtenu par ce résultat. Car si, par la bataille, le vainqueur soumet la volonté du vaincu à la sienne propre, il ne la sappj^ime pas.
ce Les succès semblables à ceux de Sedan, faisant disparaître d'un seul coup des armées entières du théâtre des opérations, sont tout à iait exceptionnels. Généralement, la