LA MARCHE A LA SARRE I
La 6^ division de cavalerie à Meisenheim, avant-garde Lauterecken ;
La colonne Bredow à Dûrckheim, un régiment à Neustadt ;
La 5^ division d'infanterie à Fûrfeld (IIP corps, Wôrrstadt) ;
La 8^ division d'infanterie à Kaiserslautern (IV^ corps, Grûnstadt).
Le 3 août, ces troupes doivent atteindre la ligne Wôlklingen, Neunkirchen, Hombourg et «: exécuter, par escadrons ou par régiments, de continuelles entreprises contre l'ennemi ; surveiller constamment la frontière, enfin maintenir le contact avec l'adversaire ». Elles se trouveront pour cela à une étape de la frontière.
Soutenues à une étape en arrière par les divisions d'infanterie, elles doivent fournir, pense- t-on, le renseignement et par suite la sûreté voulus pour qu'on puisse aborder et traverser sans danger la région boiséd.
L'insuffisance du système de sûreté, déjà prévue, résultera des faits ; retenons dès à présent, les imperfections du fonctionnement de ce corps de cavalerie, fort cependant de cinquante-six escadrons.
Il est dès le début dispersé sur trois directions distantes de 5o kilomètres à vol d'oiseau, sans communications transversales; il n'a pas de réserve. C'est le hasard des débarquements qui a déterminé la constitution de la mas^e affectée à chacune des trois routes. Une organisation des divisions dès le temps de paix eût évité cet inconvénieni, Moltke l'eût adoptée s'il avait cru indispensables les services qu'il demandait à ce corps de cavalerie. Mais facilement il se passe, comme on le verra par la suite, de la reconnaissance qu'il a jugée utile cependant.
A signaler encore la place du commandant du corps le cavalerie : il est à la colonne de gauche, la moins importante
Il6 LA MANŒUVRE POUR LA BATAILLE
d'où il n'a aucune action ni sur les colonnes de droite ni sur l'ensemble des forces, ce qui montre bien qu'en définitive ce sont trois masses distinctes qui opèrent vers la Sarre et non un corps de cavalerie ; que le dispositif adopté permet de se mouvoir facilement, en l'absence de tout ennemi, mais non d'aborder cet ennemi, si d'aventure on le rencontre, ce qui arrive à la guerre; qu'il n'y a pas plus de corps de cavalerie que d'avant-garde, devant les armées en marche.
Le fonctionnement d'un pareil corps de cavalerie nous a élé indiqué par les dispositions de Murât sous l'Empire, dans les premières journées d'octobre 1806 notamment. Un corps composé de trois divisions à l'organisation actuelle (52 escadrons), cli,argé d'une entreprise analogue à celle de 1870, tendrait à se fractionner en trois colonnes sur trois routes séparées par 6, 8, 10 kilomètres, mais en se réservant toujours la possibilité de se concentrer sur une quelconque de ces routes, par la distance à laquelle il pousserait sesescadrons de découverte. Parfois aussi il tendrait à grouper ses escadrons par divisions de même arme formant :
Une division de légère pour explorer;
Une division de dragons pour explorer et manœuvrer;
Une division de cuirassiers, troupe réservée pour le choc, dégagée, dans ce but, de toute exploration.
C'est avec raison qu'après les expériences de 1812 et de 1866 on a renoncé à l'organisation permanente de pareils corps de cavalerie, difficiles à nourrir, lourds à manœuvrer, arrivant généralement trop tard. Pas davantage nous ne serons sans doute amenés à les reconstituer au début d'une guerre. De vastes espaces à explorer, comme ceux du Palalinat en 1870, ne sont pas à prévoir avec les effectifs actuellement assignés à la couverture et avec les espaces qui séparent les couvertures opposées. Il y a 27 kilomètres de Château-Salins à Nancy. Employer de pareils corps à