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LA BATAILLE DE SPICHEREN I

A Kaisersiautern, .Frédéric-Charles a été prévenu de bon malin par la 5^ division de cavalerie qui tient les environs de Sarrebruck, que l'ennemi semble se préparer à partir de Forbach; il paraît embarquer des troupes. Frédéric-Charles a télégraphié au IIP corps, à S'' 5 du matin : « Les divisions de cavalerie suivent de près l'ennemi en retraite, la 5^ division d'infanterie marchera le 6 sur Sarrebruck (') :»

En conséquence de cet ordre, Alvensleben prescrit à 1 1 heures à la 6* division d'infanterie à^ occuper Sarrebruck et de se concentrer au nord de la ville (même manière encore de traiter la question de la Sarre). Dans cette division, la 9** brigade marche en tête de colonne. Le général Dœring qui la commande a couru à Sarrebruck aux premiers coups de canon ; voyant la faiblesse de la 1 4^ division, il a appelé de lui-nlême sa brigade. Le général de division arrive avec elle, et approuve la décision prise. De la sorte la décision, arrêtée par Alvensleben à 1 1 heures, était en voie d'exécution avant d'être connue des troupes.

Quant au commandant du III' corps, prévenu encore, vers 2 heures, du développement de l'engagement à Sarrebruck, il fait embarquer en chemin de fer à destination de Saint-Jean :

A Neunkirchen, le i3^ d'infanterie (de la lo* brig., 5^ div.);

A Saint- Wendel, le 20* d'infanterie (de la 12* brig., 6' div.).

Il fait également avancer sur Sarrebruck, par la route, le restant de la division (^) et l'artillerie de corps du llPcorps(').

Q-) Rheinbaben télégraphie encore dans la matinée l'abandon de Sarrebruck par les Français, puis le passage de la i4^ division à Sarrebruck et son engagement, sur les hauteurs de la rive gauche. Frédéric-Charles, furieux de voir sa route de marche de Sarrebruck envahie par la I'^ armée, répond en donnant au général commandant la J« division d' in fanterie plein pouvoir pour faire évacuer, même par la force, la ville et la route de Sarrebruck par la i4^di~ vision.

(2) 52^ régiment et deux batteries.

(') Arrivent également en chemin de fer deux batteries du i^' corps qui, apprenant la bataille au moment de débarquer à Birkenfeld, continuent leur voyage jusqu'à Saint- Jeaa,

1^2 LA MAJNŒUVRE POUR LA BATAILLE 6 COÛt

Unité de vues, aclivilé, iniliative, confiance, solidarité, telles sont les forces qui animent, à tous les grades, l'iirniée prussienne, et qui vont amener immédiatement sur ce champ de bataille improvisé, trois divisions (i4% 16% 5*) de trois corps différents, apportant ainsi la vie où devrait se produire la mort. Tout le monde ose agir, décider. Le supérieur n'est que devancé par son inférieur ; il adopte et approuve la décision qu'il a prise ; il règle sa conduite sur les dispositions qui en résultent. C'est partout le sentiment de l'action, le besoin de l'offensive dans toute sa splendeur. Une armée est bien près d'être victorieuse quand du haut en bas de l'échelle un pareil élan l'électrise.

Quoi qu'il en soit et tandis que ces décisions se prennent, la i4' division s'engage bientôt tout entière dans l'action.

Le général de Gœben, revenu vers S heures sur le théâtre de la lutte, a pris la direction; il voit bien arriver (S^'So) les premières troupes de la 16^ division, puis celles de la 5^.

Bientôt encore arrive le général Alvensleben avec un train de troupe ('); enfin à f\^ 3o paraît le général de Zastrow; il prend le commandement en raison de son ancienneté.

A partir de ce moment, l'action redouble d'intensité, on tente également de la coordonner et de grouper les efforts en faisant agir les troupes des i4' et 16^ divisions par le Reppertsberg et le Galgenberg, sous les ordres de Gœben, celles du IIP corps (9* et 10' brigades), par le Winterberg, sous Alvensleben.

A la nuit, ces efforts ont bien déterminé l'enlèvement de l'éperon du Rotherberg, mais les résultats obtenus ne

{') Le premier bataillon du 12^ débarque entre 3 et 4 heures et marche dès 4 heures sur le Reppertsberg et sur l'éperon.

Le deuxième bataillon débarque une demi-heure après.

6 août LA BATAILLE DE SPICHEREN I^S

S3nt pas considérables, les troupes sont' à bout de forces, émiettées et enchevêtrées par le fait du désordre qui a présidé à leur engagement, des combats qu'elles ont eu à soutenir dans les bois; il n'y a plus de réserve disponible, l'action se ralentit. Steinmetz vient enfin d'arriver sur le cliannp de bataille ; il approuve les mesures prises, mais ne peut donner aucun ordre relatif à la poursuite de l'action, t'orsque le canon se fait entendre du côté de Forbacli (7^3o) : c'est sans doute l'avant-garde de la i3' division qui s'engage à son tour.

Parvenue à midi à Vôlklingen, elle a marché de son propre mouvement, en entendant le canon, jusqu'à la Grande-Rosselle ; là, la canonnade cessant de se faire entendre, l'ordre de Zastrow (i heure) arrivant d'établir le VII* corps sur la Sarre, elle s'est arrêtée. Mais, à 4 heures du soir, Zastrovr, du champ de bataille,.a envoyé des officiers d'état-major communiquer les événements en cours et prescrire de reprendre le mouvement; ils arrivent à S'' 3o à Vôlklingen, à 6 heures à la Grande-Rosselle; l'avant-garde repart aussitôt dans la direction de Forbach ; vers 'j^ 3o, elle rencontre l'ennemi établi sur le Kaninchenberg ; il n'a pas d'artillerie; i comme on le sait, ce ne sont là que des dragons à pied, une compagnie du génie, des réservistes arrivés à l'instant (200 environ); entre 8 heures et S'' 3o, l'avant-garde de la i3* division a eu raison de cette résistance; elle a poursuivi avec quelques compagnies sa marche jusqu'à Forbach. A cette apparition de 4 bataillons, 3 batteries, 2 escadrons sur la route de Saint-Avold, le commandant du 2* corps français se mettait en retraite ; il se dirigeait vers Sarreguemines.

Steinmetz ordonnait que les troupes passeraient la nuit dans les positions qu'elles avaient conquises ; il portait son quartier général à Sarrebruck.

l'y 4 LA. MANŒUVRE POUR LA BAÏAILLK 6 ttOÛt

Cette journée appelle plusieurs observations.

La bataille est née, comme on le voit, d'une interprétation par les commandants de troupes de première ligne, d'une situation inattendue qu'ils n'ont pas qualité pour juger entièrement. Prendre possession de la Sarre est évidemment un avantage à ne pas perdre, d'autant qu'on peut l'avoir sans difficulté. Mais regarder au delà de la Sarre, entreprendre l'offensive sur la rive gauche sort entièrement dé leurs attributions et de leur compétence. Aussi, quelles qu'aient été les raisons invoquées en faveur de cette offensive, à l'appui de la décision de Kamecke, ou de l'ordre de Steinmetz, elles se sont montrées insuffisantes à la critique.

La conduite à tenir était au contraire clairement indiquée par les instructions du prince Frédéric-Charles (') qui, « sans entamer une offensive prématurée, décide de s'assurer le passage redevenu libre de la Sarre et de maintenir le contact de l'ennemi » ; qui, dans cet or^re d'idées, ordonne, à 8 heures du matin : aux 5* et 6^ divisions de cavalerie « de suivre l'adversaire l'épée dans les reins; à la 5' division d'infanterie d^ occuper Sarrebruck ».

Sur les effectifs engagés : comme on l'a vu, c'est la valeur de deux corps d'armée qui viennent en fin de journée travailler ensemble sur un champ de bataille improvisé ; résultat incontestablement digne de remarque, si l'on observe qu'il est uniquement dû à l'esprit de soHdarité, de camaraderie, non à l'action du commandement supérieur; effectif qui est malgré tout bien faible pour aborder une puissante armée intacte, d'un moral excellent, comme l'armée française du 6 août 1870. Au total, la bataille n'est nullement préparée; elle s'engage d'une façon inconsidérée. Est-on sûr d'avoir de quoi vaincre ?

(■) Gomme par les instructions de Zaslrow, pages 167 et 162.

6 août LA BATAILLE DE SPIGHEREN l'jS

Mais, en outre, ces effectifs, déjà insuffisants par euximêmes, de quoi sont-ils faits? Pendant la plus grande partie jde la journée, de trois divisions (i4% 5% i6*) de trois corps d'armée différents (VIP, IIP, VHP) appartenant à deux armées distinctes, ce qui indique la différence de situation d'où ils partent, d'objectifs qu'ils visent, de directions qu'ils suivent. Tout les divise, seule la camaraderie les fera travailler ensemble ; ils ne pourront quand même aboutir qu'à des combats de division, jamais à une action de corps d'armée encore moins d'armée. A aucun moment, l'affaire ne peut être conduite. Jusqu'à la fin de la journée, l'échec est menaçant. En fait, comme on le sait aujourd'hui, le 2* corps français qui avait lutté toute la journée du 6 sortait non battu, mais simplement menacé, de celle bataille de pièces et de morceaux.

Tels sont les résultats immédiats d'une action engagée où et quand le commandement ne la veut pas, c'est-à-dire sans force ; engagée d'une façon désordonnée, elle est d'une conduite impossible ; en l'entreprenant, les commandants d'avant-garde, général de Kamecke en particulier, ont foulé aux pieds, sans la connaître d'ailleurs, la manœuvre et la bataille des armées^ à la recherche desquelles Moltke subordonne tout cependant; ils ont engagé le procès sans en avoir en main toutes les pièces, ils en ont lancé le grand argument, la bataille, sans pouvoir la manier. On a couru les plus grands risques pour aboutir à une victoire sans résultat appréciable. C'est qu'en effet, au lieu de la bataille de deux armées montée sur la Lauter pour le 7, ou de la bataille de trois armées préparée sur la Sarre pour le 9, c'est avec trois divisions seulement qu'on a gauchement frappé un corps français ; on a bien obtenu le succès tactique, mais non les grands résultats que l'on pouvait attendre de la manœuvre Moltke. Celle-ci, visant à frapper d'emblée, avec la totalité des forces, en surprise, le gros encore incomplel ei inactif des

176 LA MANŒUVRE POUR LA BATAILLE 6 ttOÛt

corps français, eut, par un développement logique, abouti à un Sedan de Lorraine, le résultat était à prévoir. Tout au contraire, le coup de tonnerre de Spicheren, sorti de la décision Kaniecke, en avertissant les Français, les sauvait d'une destruction aussi complète ('). Le 7, en tout cas, ils ne sont plus sur la Sarre; pour les atteindre, il faudra recommencer une manœuvre, le 12, le 16, le 18; mais alors ils ne seront pas surpris, ils auront eu le temps de se renforcer, de secouer la torpeur qui les tenait à la Sarre, d'entreprendre eux-mêmes une manœuvre, ils seront plus difficiles à battre. Non seulement rien de définitif n'est fait à Spicheren, mais le résultat poursuivi s'éloigne et peut être discuté.

Que l'obligation de changer des combinaisons soit souvent imposée par l'adversaire, que le but d'une manœuvre entreprise soit manqué par le fait qu'il la pare, rien de plus naturel à la guerre ; mais devoir ces difficultés à la manière de penser des chefs subordonnés semble bien indiquer une lacune dans le commandement supérieur; ce n'est pas commander que de n'être pas obéi. Si donc les projets de Moltke sont d'emblée chavirés, c'est à une absence de direction qu'il faut rattribuer. Car enfin l'initiative excessive et maladroite de Kamecke pouvait se présenter aussi du fait du général commandant la 16^ division appelée par Gœben en première ligne à Sarrebruck, si Kamecke n'y fût venu ; du fait du général commandant la 5^ division poussée par Frédéric-Charles à Sarrebruck. Dans un cas comme dans l'autre, c'est un chef d'unité de deuxième ligne, un commandant d'une troupe quelconque, brusquement mis, sans orientation préalable, en présence de l'ennemi et d'une situation inconnue; c'est l'opérateur subitememt arraché à la chambre noire pour travailler en pleine lumière et travailler sans

(') A retenir également que le 2» corps français a rempli, en fait, le rôle rl'avant-garde de l'armée de Lorraine.

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retard. Gomment verrait-il clair et bien ? Ne faut-il pas que son œil se contracte, que sa vue s'accommode à l'horizon? Aucun des chefs présentés de la sorte n'est tout d'abord au point.

Le système de commandement n'est donc pas viable qui fait dépendre le sort de la manœuvre projetée, et de la bataille en particulier, d'une décision juste ou fausse d'un commandant de troupe forcément ignorant de la situation générale des deux partis.

Moltke a cru pourvoir à tout, en commandant au jour le jour comme en 1866, ou en réglant lui-même les mouvements des corps d'armée. Aux directives et instructions d'ensemble réclamées par Steinmetz qui marche en aveugle et demande la communication des projets du générahssime, aux longues lettres de Napoléon à ses maréchaux, il a substitué de brefs télégrammes; les faits donnent tort à cette façon d'agir.

C'est que, en réalité, commander n'a jamais voulu dire être mystérieux, mais bien communiquer, au moins aux exécutants en sous-ordre immédiat, la pensée qui anime la direction.

Si quelqu'un eût pu être mystérieux, c'était bien Napoléon, à l'autorité incontestée, qui assumait la tâche de penser et de décider pour toute son armée. Nous avons déjà signalé comment par sa correspondance il exposait aux commandants de corps d'armée ses vues et son programme de plusieurs jours. Qu'on se rappelle encore maintes de ses proclamations, on verra ses troupes initiées à la manœuvre. Souvarov l'a déjà dit : « Il faut que chaque soldat sache sa manœuvre », convaincu qu'on obtient tout d'une troupe à laquelle on parle, parce qu'elle sait alors ce qu'on lui demande et qu'elle ne demande pas mieux que de le donner.

Ici, un commandement supérieur fait défaut. Moltke n'est que chef d'État-major, c'est évident, mais en outre son action ne franchit jamais les limites de ces fonctions intel-

17^ LA MANŒUVRE POUR LA BATAILLE 6 ClOÛ

lecluellcs. Si, par un oppel constant aux facultés et au:; travaux de l'espril, au raisonnement et au calcul en particulier, il monte une combinaison, il s'en rapporte ensuite au papier j à Vord/^ journalier, concis, laconique, du soin de la faire comprendre e| réaliser. Là s'arrête son action dirigeante. A la tête des armées allemandes manque ur. commandement qui cherche par son impulsion, par un entraînement efTectif des hommes, chefs subordonnés ou soldats, à imposer et à réaliser sa combinaison; qui prenne en main, le moment venu, l'argument unique et décisil cependant de la guerre, la direction de la bataille. C'est pour avoir manqué de cette faculté de commander que Mollke va être obligé de poursuivre, jusqu'au i8 août, son attaque préparée sur la Sarre, et qui lui échappe non du fait de l'ennemi, mais par l'initiative de ses subordonnés. En l'abvsence de ce commandement effectif, ce sont eux qui mènent et animent les troupes et par suite la guerre; ils ne sont pas qualifiés pour combiner une manœuvre, et alors il n'y a bientôt plus de manœuvre en cours d'exécution. Ain'y nous apparaît Moltke, impuissant à entretenir, par une action personnelle, la vie, dans une combinaison, son œuvre, incomplète d'ailleurs par organisation, comme on va le voir une fois de plus.

Admettons, en effet, pour un instant, l'existence de ce commandement allemand, désirable^ à la tête dss armées ; supi osons que Mohke soit parvenu à ralentir l'allure de h r* armée arrivée sur la Sarre le 6, à entretenir celle de la IP armée en voie de formation, va-t-il pouvoir continuer la préparation de son attaque des trois armées, sur la Sarre, pour le 9 ■?

En fait, la I'* armée aura, le 6, une avant-garde à Sarrebruck, une avant-garde à Vôlklingen;

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La IP armée aura également le même jour une avanigarde (5^ division) à Sarrebruck, mais le gros de ses forces ne pourra être sur la Sarre avant le 8 ou le g.

C'est donc deux jours que les avant-gardes tactiques des armées opposées vont rester en présence, à 8 kilomètres les unes des autres, dans une situation où le combat peut naître du moindre incident de la part de l'ennemi ou de l'armée. Qu'adviendra-t-il, s'il survient?

Le VIP corps évidemment soutiendra son avant-garde engagée. Le IIP corps, sans doute, agira de même.

Le combat va s'étendre des corps d'armée aux armées, qui, n'étant pas prêtes (au moins la IP), vont encore engager une bataille avec des forces insuffisantes. La bataille, dans ces conditions défectueuses, recommence forcément par le fait que les troupes au contact de l'ennemi, celles qui font de la sûreté, appartiennent précisément à ce corps de ba- 1 aille incomplet, que l'on veut réserver encore, et auquel on ne craint pas cependant de demander simultanément de marcher, de vivre, de se concentrer, de manœuvrer et de se garder. A aucun moment aucune de ces tâches n'est pleinement remplie. Ici apparaît bien l'imperfection du système d'attaque sur une seule ligne (deux ailes, un centre); d'un corps de bataille sans avant-garde générale, chargeant chacune de ses colonnes de pourvoir à sa sûreté. Cette inévitable sûreté entraîne la colonne, puis les colonnes voisines, dans la bataille, qui n'est ni prête ni voulue.

Quoi que Mollke pense en effet à Mayence, la sûreté avec toutes ses conséquences s'impose toujours d'une façon logique aux premières troupes mises en présence de l'adversaire. Les actions que provoque cette proximité ne peuvent être évitées. Sur la première ligne, les fusi's et les canons partent parfois tout seuls, par une action spontanée de ceux qui les tiennent; parfois le combat s'engage en vertu d'une

l8o LA MANŒUVRE POUR LA BATAILLE 6 QOÛl

idée préconçue, bien arrêtée, d'aborder l'ennemi (décision Kamecke); mais ils partent à coup sûr quand l'ennemi attaque; ils partent encore quand l'ennemi se retire, si le commandement n'intervient pas pour suspendre une action contre lui : Wœrth, Spicheren (décision Steinmelz), Borny sortent de cette retraite réelle ou entrevue de l'ennemi. Dans un cas comme dans l'autre, la sûreté doit être traitée pour enrayer l'ennemi qui attaque, car on n'est pas en état de le recevoir,, la bataille n'est pas prête ; pour l'observer, le suivre, l'accrocher quand il se retire, sans cela la bataille serait montée à vide. Les commandants d'avant-gardes tactiques ne pouvant traiter la question de sûreté, ni en connaissance dé cause, par insuffisance de renseignements sur la situation des deux partis (l'ennemi, leur armée), ni sans entraîner le gros des colonnes tenu encore en réserve, il faut bien avoir, en avant du corps de bataille, un organe spécial, capable de V éclairer et de le couvrir; capable de prendre et de maintenir le contact avec l'ennemi ; d'aborder cet adversaire et de traiter avec lui d'une façon indépendante, pour le reconnaître, puis pour le maintenir tout le temps et sur l'espace nécessaire au gros pour se réunir, en vue d'une bataille défensive ou offensive, montée à propos sur le vu de renseignements de valeur.

L'absence de cet organe indépendant a interdit à Mollke la possibilité de réaliser aucune de ses combinaisons : la concentration des V^ et II* armées sur la Lauter, la bataille des trois armées sur la Sarre; ses troupes sont entraînées avant que la combinaison se développe.

Il a bien cependant une notion de la sûreté (art d'agir sûrement); elle est incomplète.

Le renseignement, en effet, est surtout demandé et attendu d'agents spéciaux qui opèrent à l'étranger;

La sécurité, moyen de se soustraire aux entreprises de

6 août LA BATAILLE DE SPICIIERE^ 1 8 1

l'ennemi quand on n'est pas en état d'y répondre, Moltke la demande à la distance, à l'exclusion de toute couverture (concentration sur le Rhin, bataille de Marnheim, réunion sur la Lauter, plus tard manœuvre de Damvillers).

Mais quand il n'y a plus de distajice, quand les troupes approchent de l'ennemi, les renseignements sont tardifs; l'espace qui sépare les deux armées disparaît, par suite la sûreté n'existe plus. La notion est donc incomplète qui croit pouvoir se passer du renseignement direct et de la résistance, demandés l'un et l'autre à cet organe propre, l'avant-garde, qui seul permet d'avancer sans danger et en connaissance de la situation adverse, d'asseoir des dispositions rationnelles sur une situation constamment reconnue, grâce à un contact permanent.

En admettant donc que Moltke eût commandé de la façon la plus explicite, la plus claire et la plus obéie, il ne pouvait encore, faute d'une avant-garde, garantir aucune durée à la manœuvre projetée, car il n'était pas maître d'éviter à son corps de bataille une action prématurée qui n'était en rien cependant l'affaire voulue.

Son système d'attaque (un centre et deux ailes) n'est alors viable que devant un ennemi qui n'attaque pas^ ne recule pas, ne manœuvre pas, complètement infirme au total, avant toute mainmise sur lui.

Après avoir signalé les faiblesses ou plutôt les insuffisances du commandement allemand de 1870, cherchons ses éléments de force. Car enfin ses succès sont indiscutables; d'immenses résultats, aboutissant au renversement de la puissance française, la première de l'Europe, pensait-on en 1870, ne sont pas des accidents, mais bien les effets de causes supérieures qui se perçoivent également. Une, entre autres, frappe à la lecture de l'Historique de l'État-major prussien.

182 L(A MANCEUVUE POUR LA BATAILLE 6 aOÙt

Quand Mollke raconte et discute les événements de la Sarre, du 6 aoûl, qui constituent bien une violation flagrante el formelle de ses intentions et de ses ordres, ce ne sont cependant que justifications de sa part accordées à tous ses subordonnés, dût parfois, même en soufl*rir la vérité historique.

« Sur la Sarre, on supposait l'ennemi en retraite. Pour Tarrêler ou pour garder tout au moins le contact, il fallait donc nécessairement agir. Chacun pour ainsi dire en avait le sentiment instinctif, et, comme il semblait que ce fût la question non plus même d'un jour, mais de quelques heures peut-être, les troupes de tête passaient à l'action d'ellesmêmes et sans plus tarder. Mais celte démarche répondait aussi aux vues des autorités supérieures, bien qu'au moment où l'on s'y décidait, leurs ordres ne fussent pas encore parvenus.

c( A l'heure où le général de Steinmelz approuvait à Elweilcr le projet du VIP corps 'de franchir la Sarre, la i4^ division avait déjà engagé le combat, sur la rive gauche; et avant même que l'on eût reçu du prince Frédéric-Charles Tordre de suivre les Français l'épée dans les reins et de s'assurer des ponts de Sarrebruck, la g* brigade, mise en marche par le général de Dœring, avait déjà sa tête de colonne aux: abords du champ de bataille.

(c Le mouvement du général Kamccke ne venait pas à rencontre des dispositions de ses chefs, puisqu'il était opéré contre un ennemi qui se repliait. C'est dans une hypothèse analogue que, dans la soirée du 5 déjà, le commandement suprême avait autorisé de Mayence la I'^ armée à franchir la frontière en aval de Sarrebruck ('). En attaquant de sa

(') Autorisation parvenue le 7 à la \^^ armée, ce qui laisse planer le doute sur le jour où elle fut donnée.

0 août L.V BATAILLE DE SPICIILIŒX l83

oropre initiative, la il\' division demeurait donc complcleinent dans l'esprit du plan de conduite de rÉIat-major allemand, qui tendait toujours à ce but de. demeurer sur les talons de l'adversaire. Il est assurément de toute probabilité que cette attaque aurait échoué si la i^^ division n'avait été soutenue, mais, dans ce cas même, Tennemi était amené à f.iire halte, et un échec partiel, inlligé à une petite fraction de l'armée par des forces supérieures, serait demeuré sans résultat sérieux sur le cours des opérations (')... »

Ici apparaît un système chez Mollke :

i) Dans la conduite de la guerre : sa manœuvre de la Sarre, avec les troLS armées réunies, a été renversée par la décision du divjsionnnire de Kamecke (comme celle de la Lauter, par la décision de Stcinihctz portant de lui-même son armée à la Sarre, le 6), il n'en parlera plus; bien plus, il se garde de récrnninor contre les faits accomplis où d'en l)lâmer les auteurs; il se borne à enregistrer le passé pour ei faire le point de départ d'une nouvelle combinaison.

2) Dans le commandement^ comme on Ta vu, il couvre de sa propre autorité les erreurs et les fautes des subordonnés, il les prend à son compte ; non seulement il évite de blâmer les exécutants, ce qui les dégoûterait d'agir, mais il les approuve y ce qui les engage à l'action. Il estime qu'en principe leur initiative hardie produira d'heureux efTets, ,car généralement elle s'exercera à propos; dans le cas contraire, elle se complétera par une habile conduite de leur troupe engagée sous leur propre responsabilité : tous ses subor-

(') Guerre franco-allemande, par l'État-mnjor prussien.

C^est également par des explications analogues (voir page 296) que Moltke justiGera, après le il\ août, l'initiative juste en principe^ dangereuse en fait, (.les généraux von der Goltz et Manteuffel, transgressant les ordres reçus pour boucher les trous d'une combinaison imparfaite de ce commandement supérieur et lointain qui reconnaît, après coup, la justesse de leurs décisions et la faiblesse de ses prévisions.

lS4 LA MANŒUVRE POUR LA BATAILLE aOÛt 0

cloimcs ont une instruction non seulement suffisante, mais supérieure à leur situation. Cette initiative est à maintenir tout d'abord. C'est ainsi que, par plus d'action^ il espère sauver non sa combinaison, rarement connue et suivie des exécutants, mais une combinaison improvisée par eux, qui aboutira quand même à la victoire. S'il n'a pas ainsi la bataille et la victoire projetées par lui et grosses de conséquences, il aura encore des succès tactiques recueillis par ses sous-ordres, apportant tout d'abord le renversement de Vennemi, avec ses puissants effets moraux; désemparant le commandement adverse, l'obligeant à subordonner ses projets, l'amoindrissant de toute façon, facilitant de la sorte la tâche qui reste à accomplir aux chefs allemands.

Ici se montre une nouvelle conduite de la guerre de masses, aux mains non d'un génie, mais d'un ensemble d'hommes capables, conception théoriquement inférieure, c'est évident, mais sûrement praticable à toute armée instruite.

On a vu les conclusions auxquelles conduit un examen a priori de la journée du 6 août, au point de vue tactique. L'étude a posteriori' les confirme pleinement.

Les Allemands ont en effet combattu, à Spicheren, avec une masse de 60.000 hommes magnifiquement réunie par le seul sentiment de la camaraderie. Que pouvaient-ils rencontrer? D'abord le 2' corps français, à trois divisions, ayant derrière lui toute l'armée française, savoir : I division à Sarreguemines.

— à Puttelange.

^ j — à Marienthal.

— à Saint-Avold.

1 division à Boucheporn.

Du 4" corps <' — à Téterchen.

( — à Boulay.

La Garde en réserve à Faulquemont et Courcelles.

6 août LA BATAILLE DE SPIGHEREN l85

Dispositif qui était loin d'être parfait puisqu'il comportait :

\Jn front de /f5 kilomètres de Téterchen à Sarrr guemines;

Une profondeur de 45 kilomètres : Forbach — Gourcelles ;

qui permettait néanmoins d'avoir, le 6, à la bataille, en plus des trois divisions du 2* corps, les quatre divisions du 3^ corps, ayant à faire j pour cela, chacune moins de i5 kilomètres (4 heures de marche), beaucoup moins en tout cas que les divisions prussiennes engagées ce jour-là :

Venant la i4^ de Lebach,

— i3^ de Bettingen,

— i6' d'Ottweiler,

— 5^ de Neunkirchen;

qui permettait au total de réunir sept divisions françaises contre les trois divisions prussiennes (i4°, i6', 5*) réellement engagées dans l'afifaire, de transformer en désastre l'audacieuse entreprise de Kamecke, à la seule condition toutefois, nécessaire et suffisante, d'avoir à la tête des troupes françaises des chefs doués des quahtés d'initiative, de décision et de sohdarité qui animaient les généraux prussiens. Une fois de plus, la victoire était allée au commandement le plus digne de commander.

Mais le dispositif français permettait en tout cas, le 7, de concentrer :

Le 3' corps français vers Puttelange,

Le 4^ corps français vers Haut-Hombourg^

La Garde française vers Saint-Avold, de réunir à cette masse le 2' corps, qui n'était pas défruit; d'attaquer dès lors, avec iSo.ooo hommes, les forces allemandes aventurées sur la rive gauche de la Sarre, trois corps d'armée, VII% VIII*, IIP, abandonnés à eux-mêmes, pendant deux jours entiers — les 7 et 8 août — en présence de toutes

J 86 LA MANŒUVRE POUR LA BATAILLE 6 GOÛl

les forces françaises de Lorraine réunies. Ainsi apparaissait bien la gravité de la crise ouverte inconsidérément le 6, appelée à durer deux jours. Malgré l'échec tactique, ici se présentait une occasion qu'un commandement français éclairé n'eût pas manquée, parce qu'il ne pouvait et ne pourra jamais rien faire de mieux que de frapper dès que toutes ses forces sont réunies (').

On verra par la suite les appréhensions de Moltke pour son débouché de la Sarre et les craintes rétrospectives qui saisissent Steinmetz devant cette situation.

Le général de Steinmetz n'était arrivé que fort tard sur e terrain de l'action qu'il avait approuvée et provoquée. « Mais il ne donnait personnellement aucun ordre relatif à la direction des opérations ; d'ailleurs tout allait bien et il n'y avait plus de fortes réserves disponibles (^). » Le sort de la journée était fixé sans sa participation. « A 7'' So, il se rendait sur le Rotherberg ; à ce moment, on entendait le bruit du canon du côté de Forbach, ce qui donnait heu de supposer que la i3^ division était entrée en ligne. »

Peu de temps, après il rentrait à Saint-Jean, sans être plus fixé sur l'arrivée de la i S*" division, sans savoir s'il avait eu un résultat décisif, si les Français étaient en retraite. Toute la nuit, une idée fixe hante son esprit : « Glùnimer (i3^ division) est-il à Forbach ? »

Eu tout cas, il ordonnait :

Aux VIP el VHP corps de rester, le 7, dans leurs positions de Sarrebruck et de Vôlklingen;

A la 3' division de cavalerie, de venir à Sarrelouis et de reconnaître la route de Metz ;

(') Pour des raisons analogues, le même jour, 6 août, le maréchal de Mac- MahoD devait refuser une grande bataille ; il n'avait qu'une partie de ses forces. (2) Von ScHiix, Opérations de la />■« armée.

0 aOÛl LA BVTAILLE DE SPICHEREN 187

Au I" corps et à la i'^ division de cavalerie, de se concentrer à Lebach et à Sarrelouis.

C'est évidemment tout ce qu'il pouvait prescrire dans son état d'ignorance, devant un horizon encore chargé d'orages.

Du côté français, l'étude de la journée du 6 août s'arrête promptement , la critique perd évidemment- ses droits, là où il n'y a que la valeur des troupes à considérer. Comme on l'a vu précédemment, si les chefs prussiens du 6 août s'étai^.t trouvé . à la tête des divisions françaises, du 3^ corps en particulier, l'affaire de Spicheren eut été certainement une victoire française. Mais ceux qui commandaient ces divisions manquaient de toutes les qualités qui furent déployées en face.

« Un trait caractéristique à noter chez tous les chefs français qui furent envoyés au secours de Frossard, c^est leur complète passivité, qui attend constamment l'impulsion du dehors. Les généraux français ne marchent qu'en vertu d'ordres fermes venus d'en haut; chacun d'eux s'attache, pour l'exécution de ces ordres, à la lettre, et se trouve complètement déconcerté quand survient tout à coup une situation qui n'est pas prévue dans l'ordre... Ils auraient agi d'après l' « esprit » de leurs instructions s'ils s'étaient portés en temps opportun au secours du général Frossard..., mais en réalité, au heu de le soutenir pendant le combat, ils ne prirent part qu'à sa retraite... A l'inverse des Allemands se lançant dans le combat avec une hardiesse excessive et la ferme assurance que les camarades viendront à leur secours, du côté français, chacun considérant sa propre situation avec la conviction qu'il ne pouvait pas compter sur son voisin, chacun se sentit seul et regarda involontairement en arrière. Quant à tenir compte de la situation générale de la guerre, à y conformer sa propre conduite, ce qui était de

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toute nécessité, personne chez les Fj^'ançais n'y songea le moins du monde. Chaque ordre fut exécuté « à la lettre » et non a d'après son esprit ». En toute circonstance se manifestait une répugnance complète à agir ('). »

Si les chefs français sont tels, il importe de connaître le système qui les a produits.

Les bases de ce système sont une fausse conception par le commandement de ses droits et de ses devoirs : « Il prétend confondre les pensées et les volontés des chefs en sous-ordre de toute une armée, dans la pensée et la volonté du commandant en chef, sans tenir compte de l'éloignement, du temps, des accidents possibles, et même de l'initiative indépendante de l'adversaire, toutes choses qui exigent, d'une manière ou de l'autre, des résolutions spontanées de la part des chefs en sous-ordre ('). d De là résulte, une centralisation absolue, purement théorique d'ailleurs, contraire aux besoins de la pratique, déniant à tout inférieur le droit de penser et d'agir sans ordre ; de là résulte, chez les sous-ordres, une habitude invétérée de subordination aveugle, inerte, absolue, érigée en loi souveraine; entraînant l'activité, l'inaction, puis l'abandon de l'idée d'offensive, car le subordonné, inerte la plus grande partie de sa carrière, ne peut devenir un chef à décision. Par là sont supprimées encore la personnahté et l'initiative des chefs en sous-ordre; ils ne doivent qu'attendre des ordres. Mais alors eux-mêmes ne pourvoient plus aux nombreuses nécessités journalières de la vie en campagne, qui d'ailleurs ne peuvent être réglées par le haut commandement; ils ne se gardent pas, ils ne s'éclairent pas, ils n'osent pas se servir de leur cavalerie; celle-ci est aussi empruntée et timorée quand par hasard ils l'envoient en reconnaissance.

(') De VVoyde, Causes des revers et des succès de i8/0.

6 août LA BATAILLE DE SPIGHEREN 1 89

Bientôt l'aveuglement devient absolu sur ce que fait l'ennemi. A l'inaction succède la surprise, à celle-ci la défaite, qui n'en est qu'une forme. Vainement cherche-l-on d'oii pourrait sortir le mouvement d'un organisme où l'on a systématiquement tué la vie. Du Grand Quartier général, penset-on? Là, on ose assumer la tâche de penser et de décider pour tout le monde; en agissant ainsi on compte mener une nouvelle Grande Armée à la manière de Napoléon. Sans parler des exigences croissantes de la guerre, auxquelles ces deux grandeurs elles-mêmes n'avaient pu suffire, on perd de vue qu'on n'a ni les exécutants de la grande époque, ni le génie incomparable de l'Empereur. Dans des ordres qui ne visent ni l'action, ni même une opération d'ensemble, on règle alors les mouvements des corps d'armée, des divisions, des troupes de cavalerie sans leur fixer de but ni leur laisser de liberté, comme si, « quand vient l'heure des décisions, alors que les événements se précipitent coup sur coup, on n'était pas obligé, bon gré mal gré, de relâcher les rênes et d'autoriser chacun à prendre les dispositions qu'il juge lui-même le mieux appropriées à la situation immédiate, sous la réserve, bien entendu, de rester dans les limites des instructions qu'il a reçues de l'autorité supérieure, et dont le sens général consiste à laisser à chacun la latitude nécessaire pour agir d ('). Gomme si Napoléon luimême n'avait pas écrit : « En règle générale, le commandement en chef ne doit indiquer que la direction générale, déterminer simplement les buts à atteindre ; quant aux moyens à employer pour y parvenir, ils doivent être abandonnés au libre choix des organes d'exécution, sans quoi le succès est impossible. »

« Un commandement supérieur comprimant systémati-

(') De Wotde, Causes des revers et des succès de i8yo.

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quement la pensée et la volonté de ses suborJonn's, prétendant manier ses troupes à lui seul, comme s'il s'agissait des pièces aux échecs, ne pouvait s'étonner d'avoir à ses côtés, aux heures difficiles d'une campagne, au lieu d'auxiliaires énergiques, de simples /?fb7S ('). ))

Mais il croyait après tout aux victoires de soldats. Les qualités natives de la race pouvaient, au jour de l'action, suppléer une direction défaillante; encore n'eût-il pas fallu étouffer ces dons naturels, prôner la puissance décisive des feux, la défensive, par suite l'immobilité.

Devant cette passivité poursuivie et obtenue de tous, les excès et les intempérances mêmes de l'initiative allemande devaient aboutir au succès; le 6 août commence de l'établir.

La victoire va toujours à ceux qui la méritent par la plus grande force de volonté et d'intelligence.

(I) De Woydk, Causes des revers et des succès de i8jo.

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