‹ De la conduite de la guerreChapitre 4 sur 64 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

méticuleux qu'ils consacrent depuis de nombreuses années à administrer, nourrir, habiller, instruire leurs hommes, les a-t-il convenablement préparés à l'activité guerrière? Les a-t-il formés au jugement des situations et à la conduite des actes de la guerre ? En ces longs repos de paix, les institutions détournées de leur raison d'être, la lutte, « drame effrayant et passionné », ne se faussentelles pas souvent ? Les grandes manœuvres en ont-elles été au moins une image affaiblie ? Le commandement y a-t-il jamais rencontré ces circonstances pressantes où, sous le poids des plus lourdes responsabilités, il doit prendre de promptes décisions ? Peut-on voir sortir d'un service éminemment méthodique et régulier, les entrepreneurs de l'ouvrage le plus audacieux, le plus risqué, le plus difficile à mesurer d'avance ? Avec des habitudes qui leur ont créé une certaine nature, avec une mentalité de paix, aborderont-ils sûrement la guerre ? Est-ce savoir se battre, de porter à son côté une bonne épée, bien affilée, soigneusement entretenue ?

Pour combler la lacune, on a certainement organisé les fortes études militaires à l'usage d'une élite d'officiers ; on a créé l'Ecole supérieure de guerre. Le remède est à lui seul insuffisant. Le duelhste qui veut faire bonne figure sur le terrain, ne se contente pas de deux ans de salle dans sa vie; il se tient constamment en haleine par l'exercice. Si Pon veut avoir des hommes capables de penser la guerre et de la mener, le moment venu, c'est donc un entraînement constant à imposer de même à l'élite instruite. Moltke a, plus de vingt ans, dirigé en

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