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AOUT — SAINT-PRIVAT LA CONDUITE DE LA BATAILLE

I — Première manière de voir jusqu'à 9 iieures

Le prince Frédéric-Charles est en selle à 4 heures du matin ; les instructions qu'il donne quelques instants après à ses commandants de corps d'armée ont été résumées comme il suit dans l'Historique de la IP armée :

« Peu- de temps avant 5 heures du matin, Son Altesse Royale, commandant la II* armée, arrivait au bivouac du XI P corps, près de Mars-la-Tour.

« Les dispositions qu'elle prescrivait verbalement en cet endroit, et une demi-heure plus tard à Vionville, aux commandants de corps d'armée, ne pouvaient naturellement reposer que sur la connaissance que l'on possédait, à ce moment, de la situation de l'ennemi.

d Son Altesse Royale apprit que, dans la soirée du l'j août, r ennemi s' était retiré devant la 11^ armée, par les deux routes allant vers Pouest ou plutôt vers le nord-ouest ('). D'après ces nouvelles, Vidée que l'on s'était faite de la situation dans r après-midi du ij août restait la même.

« Le commandant en chef considérait même comme vraisemblable que le bivouac français qui avait été observé la veille à l'est de Gravelotte avait disparu.

Q) Aujourd'hui que l'on sait qu'il n'y eut pas de colonnes françaises à se mouvoir sur ces routes, on se demande d'où pouvaient venir ces renseignements qui justifiaient la décision prise le 17. Il est à présumer que c'est plutôt l'hypothèse solidement ancrée dans les esprits qui a fait voir des mouvements là où il n'y en avait pas en réalité.

4 10 LA MANŒUVRE POUR LA BATAILLE l8 QOÛt

« Il pensait, comme nous l'avons déjà dit, que l'armée de Bazaine ne voudrait pas accepter la bataille contre les forces supérieures de l'armée allemande, le dos tourné à Metz et à la vallée escarpée de la Moselle. Bien plus, Son Altesse Royale considérait comme probable, même le i8, que la IP armée j rencontrerait F ennemi vers le norcly soit sur son front, soit sur son flanc gauche. Ce n'était là, il est vrai, qu'une pure supposition Ç). »

L'état d'esprit particulier au quartier général de la IP armée depuis le i5 août se continue, dirons-nous. Pourquoi d'ailleurs aurait-il changé? On n'a rien cherché à connaître, on n'a rien appris.

On voit les Français en retraite par les routes de l'ouest ou du nord ouest; on les rencontrera sur son front, ou sur, son flanc gauche, tandis que Moltke les voit au nord, c'està-dire sur le front et en partie sur le flanc droit. Là est la divergence des deux quartiers généraux. En tout cas, à prévoir sans indice certain, l'un et l'autre vont se tromper; rieii n'est plus naturel, s'ils discutent entre eux, c'est dans les ténèbres et dans les ténèbres méthodiquement entretenues. Aucun de ces deux aveugles ne nous montrera la route à suivre.

« Une courte marche eu avant le i8 au matin nous apporterait la certitude ('). » Six corps d'armée feront bien la marche, mais la certitude sera longue à venir, comme on va le voir.

« Dans cette marche, il fallait surtout considérer que l'ennemi était sans doute peu éloigné et qu'ainsi la bataille pourrait avoir lieu immédiatement. Il était en conséquence indispensable de s'avancer non pas en longues colonnes da route, mais en grandes masses et prêt à combattre.

(0 Von- der Goltz, Opérations ae la Ih armée:.

l8 août SAINT-PRIVAT t\l l

« Pour ces motifs, le prince Frédéric-Charles regart'ait même alors comme très praticable de- faire marcher d abord le corps saxon et de le faire suivre par la Garde, quoique les lignes de marche que l'on avait assignées à ces deux corps se croisassent dans les environs de Mars-la-Tour ('), »

Pour avoir le XIP corps en tête de son armée, la Garde en seconde ligne dans le mouvement de flanc à gauche qu'il prévoyait, le prince Frédéric-Charles n'hésitait pas à ordonner le croisement à Mars-la-Toui* des deux corps d'armée. Il en résultera de sérieux retards. On passera outre.

(( En conséquence, les ordres verbaux donnés par Son Altesse Royale renfermaient à peu près ce qui suit :

La II* armée continuera sa marche en avant aujourd'hui dans la matinée. Sa mission est toujours de couper à l'ennemi la ligne retraite de Verdun, Ghâlons, et de le battre partout 011 elle le trouvera.

« Le XIP corps s'avancera de suite comme . échelon de l'aile gauche à 5 heures. La Garde à droite et en arrière du XIP corps, le IX^ corps à droite et en arrière de la Garde (à 6 heures matin).

» Le XIP corps se dirigera sur .Jarny; la Garde, sur Doncourt;

(( Le IX* corps, après avoir passé Vionville et Rezouville, continuera sa marche en laissant Saint-Marcel fortement à gauche.

c( En deuxième ligne, suivront, se dirigeant sur les intervalles, à droite le IIP, et à gauche le X* corps. Au IIP corps est adjoint'fe la 6* division de cavalerie; au X*, la 5*.

« L'artillerie de corps du IIP corps d'armée restera disponible comme artillerie de réserve de l'armée.

« A côté et à droite de la IP armée s'avanceront les deux

(') Vos DBR GoLTz, Opérations de la //« armée.

4l2 LA MANŒUVRE POUR LA BATAILLE j8 dOUl

corps de la F* armée : le VHP à droite et en arrière du IX^ le VIP plus loin vers Metz.

« Les convois resteront sur place

« La marche s'exécutera non pas en longues colonnes de route, mais par divisions massées avec l'artillerie de corps entre les deux divisions. 11 ne s'agit en effet que d'une marche d'un petit mille pour occuper la route septentrionale de Verdun. On fera repos après midi. »

Le prince Frédéric-Charles avait l'intention de se tenir pendant la marche en tête du IIP corps; il rendait compte de ces dispositions au Grand Quartier Général à Flavigny, ainsi que des renseignements venus des avant-postes.

« Sur la roule de Saint-Marcel à Doncourt, on n'aperçoit pas d'ennemi. Le camp de Saint-Marcel est évacué. Dans la nuit, on a marché sur cette route ('). y>

En résumé, il ne savait rien de plus que la veille à 2 heures du soir. Toute l'armée partait à l'attaque d'un ennemi hypothétique qu'elle allait chercher en se transportant d'abord à la route d'Etain.

« Le ptemier objectit que se proposait le commandant en chef de la IP armée était donc la route d'Etain, sur laquelle la division de cavalerie saxonne se trouvait déjà depuis la veille. C'est seulement quand les trois corps de première ligne auraient atteint cette roule à la ferme de Caulre, à Doncourt et à Jarny, que le commandant en chef avait l'intention de donner de nouveaux ordres en s'inspirant des circonstances (^). »

Mais si d'aventure l'ennemi réel, systématiquement négligé et perdu de vue, surgissait brusquement dans une direction quelconque, que devenait l'armée? s'il se trouvait

(1) Von der Goltz, Opérations de la 11^ armée.

(2) Guerre franco-allemande, par l'Etat-major prussien.

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simplement dans une direction non prévue, que devenait la manœuvre?

A quel difficile et dangereux débrouillage ne faudrait-il pas tout d'abord procéder dans l'un ou l'autre cas? On se réservait d'ailleurs de prendre de nouvelles dispositions une fois les trois corps de tête arrivés à la route d'Étain. A quelle heure arriveraient-ils? De prendre ces dispositions d'après les circonstances reconnues, d'après les renseignements recueillis; mais par qui reconnus et recueillis? On n'avait, en avant des corps de première ligne, que leur cava^ lerie de sûreté, agissant à courte portée. Si, dans sa marche en avant, cette cavalerie ne rencontrait pas l'adversaire (ce qui pouvait se présenter du fait d'un ennemi perdu de vue depuis trente-six heures), que ferait-on à la route d'Étain? Continuerait-on de chercher, avec les masses de la IP armée avançant péniblement, un adversaire en retraite dans une direction inconnue; continuerait-on d'abandonner la V^ armée à la Moselle? Tout ceci dit pour établir d'avance, comme on pouvait les prévoir, les faiblesses que la suite des faits relèvera contre une entreprise si vide de sûreté (sécurité, certitude), contre une conduite des troupes voulue et maintenue dans le brouillard par l'absence d'exploration portée, l'aprèsmidi du 17 ou aux premières heures du 18, à la route de Conflans, à 8 kilomètres et pas plus de Mars-la-Tour et de Vionville ; comme si on eût craint d'y voir trop clair !

En fait, le mouvement commençait à la W armée comme il était ordonné; mais le XIP corps présentant son premier élément à 5''5o, à Mars-la-Tour, la Garde ne pouvait se porter en avant qu'après 9 heures ('), les rues et les abords du village interdisaient à ces masses de se croiser.

(') Comme on le sait, les mouvements de la Garde et du XII^ corps amenaient un croisement des colonnes sur lequel le Grand Quartier Général croyait devoir appeler l'attention du commandant de la 11^ armée. « Toutefois

4l4 LA MANŒUVRE POUR LA BATAILLE j8 aOÛl

Le Grand Quartier Général arrivait, dès 6 heures du matin, sur la hauteur au sud de Flavigny.

Pour toute nouvelle, il y apprenait que la nuit du 17 au 18 août avait été calme sur le front des deux armées; il s'y montrait assez désappointé de ne pas avoir, au total, d'autres renseignements que ceux du 17, 2 heures du soir. Il est vrai qu'il n'avait rien demandé, rien prescrit, pas même indiqué les directions intéressantes à reconnaître.

On envoyait alors des officiers supérieurs aux quartiers généraux des deux armées.

On continuait, en outre, de discuter les hypothèses vraisemblables ; déjà, on ne croyait plus possible une retraite des Français par Gonflans, en raison de la proximité des masses allemandes; tout au plus était-elle possible encore par Auboué et Briey. Puis, sans autre renseignement, « on se confirmait dans l'opinion que le gros des forces françaises avait rétrogradé sur Metz et que la droite de la position ennemie devait se trouver à peu près à Amanvillers. Dans ces conditions, il semblait désormais inutile de èonserver à l'aile gauche la direction très divergente qui lui avait été assignée dans le principe ; vers 8 heures, le lieutenant-colonel de Verdy était donc envoyé à Vionville auprès du commandant de la W armée pour lui faire connaître comment on appréciait actuellemsnt la situation u Grand Quartier Général. Si la continuation de la marche en avant venait corroborer ces prévisions, la P* armée devait aborder l'adversaire de front, tandis que le IX^ corps attaquerait sa droite. La Garde for-

dans la prévision que l'aile gauche pourrait être chargée d'une opération indépendante, le commandant en chef de la 11= armée regardait comme préférable et plus conforme aux attributions de la Garde, de la conserver massée et moins éloignée du centre présumé de la ligne de bataille. Quant à l'inconvénient d'un croisement, il estimait y avoir suffisamment obvié en prescrivant le mouvement par dissions massées. 11 s'en tenait donc aux dispositions adoptées et en rendait compte de Vionville au Grand Quartier Général. » (Guerre franco-allemande, par l'Etat-major prussien.)

l8 août SAINT-PR|VAT 4l5

merait alors réserve et les autres corps demeureraient momentanément stationnaires ('). » Le prince recevant cet ordre à Vionville prescrivait :

Vionville, Si» 35 matin.

(( Le IX^ corps fera halte quand le gros de l'infanterie sera arrivé auprès de la ferme de Gaulre, au nord-est de Saint- Marcel, et poussera des pointes de cavalerie sur Leipzig et Saint-Privat-Ia-Montagne. Il se mettra aussi en communication par sa cavalerie avec la Garde, qui s'arrêtera près de Doncourt ))

(( On ne pouvait à ce moment prescrire d'autres mesures, ajoute l'Historique de la IP armée, car la force des troupes ennemies qui se trouvaient sur le flanc droit n'était pas suffisamment connue pour juger s'il serait nécessaire d'employer, outre le IX^ corps, d'autres fractions de l'armée. »

Gomme on le voit, la IP armée lancée au nord (Moltke), mais regardant surtout vers le nord-ouest (Frédérie-Gharles), est arrêtée dans sa marche par Moltke; pour lui, l'ennemi n'est plus en retraite vers le nord. G'est bien dans le vide que la IP armée, avancée à la roule d'Étain, sans service de sûreté, vient frapper. Il s'agit de la pousser dans une autre direction; elle reste à déterminer à ce moment encore. Dans l'inconnu de la situation, le IX^ corps attaquera sur Amanvillers, les autres corps seront momentanément maintenus en réserve. La question, ainsi transmise au commandant de la IP armée, est totalement neuve pour lui. Il se rend avec modération à cette nouvelle manière de voir, et prescrit en définitive, à son armée, de faire halte à la route d'Étain. Faute d'éclairage à 6 kilomètres, l'ensemble des forces est réduit à marquer le pas face au nord, laissant ainsi toute liberté à l'adversaire que l'on veut attaquer cependant.

<■) Guerre franco-allemande, par l'Ff af -major prussien.

4l6 LA MANŒUVRE POUR LA BATAILLE l8 ClOÛt

En tout cas, d'où le commandant de la \Y armée complet-il faire sortir la lumière qui éclairera la direction à donner à sa masse de six corps d'armée? De reconnaissances de cavalerie envoyées parle IX^ corps (') de Caulre (4 kilomètres de Vionville) sur Leipzig (à 6 kilomètres) et Saint-Privat (8 kilomètres). C'est dire qu'avant deux heures au moins, elles n'auront pu faire parvenir de renseignements; on continuera de marquer le pas. Mais comment compter sur les renseignements de patrouilles de cavalerie, pour mener dans la bonne voie une pareille armée ? Forcément, ils sont aléatoires et superficiels. La suite montrera Tinsuffisance de ces renseignements obtenus sur l'armée française, qui ne se couvre pas cependant. Que fût-il advenu devant une armée ayant un système d'avant-postes, ou la moindre idée de manœuvre?

Une fols de plus, constatons-le : un commandement préoccupé tout d'abord d'agir en connaissance de situation, eût, de Vionville, galopé à la route d'Étain, pris en main un système de découverte, poussé une masse d'escadrons avec des batteries dans la nouvelle direction intéressante, celle de Saint-Privat, en la faisant soutenir par une avant-garde d'infanterie et d'artillerie, capable de continuer la reconnaissance ou de recueillir des escadrons. Au vu des découvertes réalisées, en quelque sorte sous ses yeux, par cette avant-garde, il eût sans temps d'arrêt continué la manœuvre de son armée.

Le général de Steinmetz arrivait vers 8 heures sur le plateau au sud-ouest de Gravelotte, il avait déjà reçu du colonel d'Unger (chef d'état-major du Vil' corps) l'avis que la position ennemie du Point-du-Jour à Leipzig ne s'était

(') Il dispose de la brigade de cavalerie hcssoisc

j8 août SAiNT-puivAT 417

pas modifiée ; il avait également reçu de Moltke la dépêche (Je Ponl-à-Mousson, 18 août, 4 heures du matin : « Dans le principe, l'attitude du VIP corps doit être défensive. La

haison avec le VHP corps ne peut se faire qu'en avant »

Il ne changeait rien aux ordres donnés la veille, mais prescrivait, à 7 heures, au P' corps, d'envoyer vers Vaux une brigade avec de l'artillerie pour agir, de la rive droite de la Moselle, contre une attaque ennemie qui se développerait sur Ars. En conséquence, le gros du VIP corps s'échelonnait dans le ravin de la Mance, d'Ars vers Gravelotte. Le VHP corps s'était avancé à 6 heures sue Rezonville, son avant-garde sur Villers-aux-Bois, en liaison avec le IX^ corps qui marchait sur Saint-Marcel ; il comptait prendre position près de Rezonville pour pouvoir se mettre en marche vers la droite ou vers la gauche, comme le général de Gœben en rendait compte au commandant de la I" armée.

Telle était, vers 8 heures du matin, la situation des trois quartiers généraux à Flavigny (Grand Quartier Général), à Vionville (quartier général de la IP armée), au sud-ouest de Gravelotte (quartier général de la P* armée), isolés les uns des autres; opérant d'après l'ordre du 17 août, à 2 heures, mais en suivant, des vues propres, toujours dans le brouillard : le Grand Quartier Général commençait, sans raison appréciable, à nfe plus voir la masse des Français en mouvement au nord, mais en retraite sur Metz, s'étendant jusqu'à Amaavillers; celui de la IP armée cherchait les Français vers le nord-ouest; celui de la P^ armée n'avait d'inquiétude que pour la vallée de la Moselle.

Là n'est pas certainement un modèle de commandement supérieur, exposant et imposant ses vues et sa manœuvre, capable de la faire comprendre et exécuter, pour en faire sortir un résultat visé à bon escient. Tout lui est interdit,

4l5^ LA MANŒUVRE POUR LA BATAILLE l8 COÛt

par l'inconnu dans lequel il s'est mis et reste plongé. Les amours-propres des subordonnés aidant, chacun tire en aveugle de son côté. Comme conséquence, il ne peut y avoir de manœuvre d'ensemble. Pas davantage, les commandants d'armée n'apporteront la victoire. Elle naîtra d'une cause f-ccidentelle : l'initiative heureuse d'un subordonné.

Quant aux troupes, vers 9 heures :

Le général de Maislein, commandant le IX^ corps, recevait l'ordre de Vionville, à 8^ 3&, au moment où ses colonnes atteignaient la ferme de Caulre. Il établissait la 18' division et l'artillerie de corps au nord de la route avec avant/-garde à Vernéville; la 26* division au sud;

La Garde commençait à quitter Mars-la-Tour (9 heures);

Le XI P corps commençait à se masser à Jarny;

Le III^ était maintenu en réserve à Vionville (ordre de Moltke) ;

Le X^ se disposait à rompre de Tronville;

Les 5^ et 6* divisions de cavalerie étaient encore à Vionville et Tronville.

Sur le front de la II" armée patrouillaient les cavaleries divisionnaires, en avant des corps d'armée arrêtés. La division de cavalerie saxonne seule se trouvait à l'ouest de Jarny.

Plus à droite, le VII I^ corps était à Rezonville, avantgarde à Villers-aux-Bois, une flanc-garde à Bagneux; sa cavalerie avait constaté l'occupation de Saint-Hubert, du bois des Génivaux, et aperçu les masses ennemies (un et demi à deux corps d'armée) à l'est du ravin de la Mance « Le général de Gœben avait pris le parti de s'établir à Rezonville, dans une position expectante, et d'y attendre que la situation se dessinât ('). »

f) Guerre franco-allemande, par l'État-Major prussien.

iS août SAINT-PRIVAT l\H^

Le VIP corps se massait au sud de Gravelotte, tenant encore avec des avant-postes la lisière est du bois de Vaux.

Ea résumé, quatre heures après le commencement de l'opajation entreprise, la stagnation est complète dans les deux armées allemandes. Heureusement pour elles, il en est de même dans le camp adverse.

Il — Deuxième manière de voir, de 9 heures à 10 heures

« Telles étaient les mesures que prit le commandant de la W armée, après avoir reçu la première communication du Grand Quartier Général. Avant de prescrire des mesures ultérieures, il était nécessaire d'attendre (à Vionville) de plus récentes nouvelles et d'autres éclaircissements qui ne pourraient tarder bien longtemps. »

Du côté de Gravelotte, il était déjà renseigné : « L'ennemi se maintenait sur les hauteurs à l'est de Gravelotte et ne faisait nullement mine de les abandonner. Mais on attendait des renseignements de l'aile gauche. » Il arrivait d'abord un rapport du XII' corps :

Au nord de Labry, Si" 5o.

c( De l'artillerie ennemie paraît être en position à l'ouest « de Valler^y ; on aperçoit également des colonnes de cette « arme à l'ouest de Valleroy et au nord de Doncourt. »

« Cet avis était d'accord avec l'idée de Son Altesse Royale, le commandant en chef, qui supposait que l'ennemi s'était divisé. A droite, il se tenait en position sur les hauteurs du Point-du-Jour et, d'après ce rapport, il se montrait également à gauche. Sur sa droite aussi bien que sur son aile gauche, la IP armée paraissait être en contact avec des masses ennemies. Il ne restait qu'à attendre des éclaircissements plus dé-

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fail/és, que les deux corps des ailes chercheraient sans cloute à obtenir.

« Le rapport envoyé par le prince royal de Saxe fut déclaré inexact par un autre rapport de 9'' 3o. Ce dernier avis disait que des reconnaissances plus précises (') avaient fait connaître que Valleroy n'était pas occupé par l'ennemi... »

D'après cela, aucun contact ne s'était produit avec l'.ennemi à l'aile gauche de l'armée.

Le commandant en chef, ainsi que nous l'avons fait observer plusieurs fois, regardait comme probable de rencontrer l'ennemi dans la direction de Briey (nord-ouest). // ne croyait donc pas à une erreur complète et conservait la conviction que le XI P corps, à mesure qu'il se porterait en avant, lui ferait parvenir des rapports pareils à celui qu'il avait conlremandé. Peut-être même des troupes ennemies s'étaient-elles trouvées auprès de Valleroy et avaient-elles ensuite disparu. (Solidité de l'idée préconçue !)

Ajoutons encore que, dans l'intervalle de temps entre l'arrivée de ces deux nouvelles, le IX^ corps avait fait savoir de la ferme de Caulre que 9 les patrouilles qu'il avait envoyées dans les directions du nord et du nord- est n'avaient rien vu de l'ennemi ». Ce renseignement paraissait, comme les nouvelles antérieures, signifier que les troupes de l'adversaire n'occupaient pas un très grand front à l'ouest de Metz.

Le prince Frédéric-Charles croyait d'après cela préférable d^attendre que les reconnaissances eussent progressé davantage à l'extrême gauche de l'armée, avant de se décider complètement à converser à droite (^).

C) Preuve que des renseignements de valeur ne peuvent être attendus de patrouilles de cavalerie. Si l'on veut en avoir de certains, il faut consacrer des forces à leur recherche.

(-) Von DErt GoLTz, Opérations de la II' armée.

j8 août SAIXT-PRIVAT 4^ 1

Bientôt arrivait l'ordre suivant du Grand Quartier Général :

€ A l'aile droite du VIP corps, combat de tirailleurs insignifiant. Les troupes que l'on pouvait voir sur les hauteurs, vers Metz paraissent s'être mises en mouvement vers le nord, par conséquent dans la direction de Briey. Là I'^ armée ne semble pas avoir besoin n'autre secours que celui venant de Vion ville ou Saint-Marcel. »

Hauteur sud de Flavigny, gh 20 matin.

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