‹ De la conduite de la guerreChapitre 6 sur 64 · DE LA DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA DEUXIÈME ÉDITION

Depuis l'impression de cet ouvrage, la guerre russojaponaise nous a apporté ses leçons.

Par suite des conditions, initiales notamment, qui l'ont accompagnée, elle diffère profondément d'une guerre européenne.

C'est à l'extrémité d'une voie ferrée unique, longue d'environ lo.ooo kilomètres, que se constitue et s'entretient l'armée russe. C'est de l'autre côté d'une mer large de 700 milles (Port-Arthur — Nagasaki) que se forme et doit agir l'armée nippone. Le théâtre d'opérations, Gorée-Mandchourie, n'a que de mauvaises routes et peu de chemins de fer. La guerre y garde par suite une allure plus ralentie que dans les pays à vie intense de l'Europe. Malgré une impulsion supérieure de premier ordre, elle ne peut y réaliser ces brusques déploiements stratégiques, ces marches rapides, ces attaques foudroyantes d'où sortent, comme des coups de tonnerre, les premières rencontres des luttes européennes.

Pas davantage elle ne met en jeu l'existence des deux nations opposées, mais seulement leur avenir. Le but de la guerre est restreint. Par là l'enseignement ne peut

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