DÉSARTICULATION DU COUDE
La désarticulation du coude, qui paraît définitivement acceptée, est une opération difficile à pratiquer ; tous les procédés ont leurs inconvénients, tenant à diverses causes dont les deux principales sont : l’existence de' la poche olécrânienne et la rétractilité considérable de la peau du bras en avant et sur les côtés, mais principalement en dehors, sur le vivant comme sur le cadavre. Cette rétractililé existe quand même on a fait la section sous-cutanée du biceps ; elle a donc sa raison d’être dans la peau ellemême, quoi qu’on en ait dit.
Si l’on conserve la poche olécranienne, elle suppure presque fatalement (Salleron). Si pour la détruire on emploie le procédé à lambeau antérieur, taillé par transfixion avec section circulaire des téguments olécraniens au niveau de l’article, on voit presque fatalement aussi les deux tubérosités humérales sortir par la plaie. Le lambeau intérieur est toujours trop épais, par conséquent trop rigide et toujours trop pauvre en téguments.. Ces faits que j’ai tant de fois constatés sur le cadavre, qui ont été observés sur le vivant et dont j’ai lu plusieurs récits, m’ont engagé à modifier tous les procédés connus jusqu’à ce que j’en aie trouvé un qui me satisfasse; le voici. Il est basé sur la mauvaise qualité de la peau olécrânienne, les inconvénients de sa conservation et la nécessite de recouvrir les tubérosités humérales; il rentre dans le procédé elliptique et donne en définitive un lambeau anterieur préférable, il me semble, aux lambeaux latéraux.
1871. — Farabeuf.
Les deux points culminant et infime de l’incision doivent être nettement déterminés, et celui-ci marqué à l’encre. Le premier est le sommet de l’olécrâne, le second est situé sur la face antérieure des muscles épicondyliens, au moins à un travers d’avant-bras au-dessous de l interligne articulaire déterminé à l’aide des tubérosités humérales ou de l’olécrâne.
Ainsi le point infime (I, fig. 3) de l’incision est en dehors de l’axe de l’avant-bras, et, par conséquent, le tracé de lambeau semble rejeté en dehors, mais après la section de la peau et son raccourcissement beaucoup plus considérable dans ce sens, le lambeau redressé,^ pour ainsi dire, devient directement antérieur (voy. fig. 3).
L’incision qui serait tout à fait elliptique si le membre était cylindrique, est faite à la peau jusqu’à l’aponévrose et réunit les deux points culminant et infime par le plus court chemin; il n’y a pas à craindre beaucoup de faire un lambeau pointu. Cette incision, sur un avant-bras large de 9 centimètres, par exemple, passe sur le bord externe à 6 centimètres au-dessous de l’articulation, vient en avant au point infime, à 10 centimètres de l’article, remonte en dedans et, sur le bord interne, passe à 3 centimètres de l’interligne pour remonter au point de départ, le sommet de l’oléerâne.
La peau étant incisée et rétractée, on la pince erlre le pouce et l’index gauche pendant que l’aide tire sur la peau du bras, et, l’avant-bras étant fléchi, on coupe les muscles par transfixion, prenant soin de n’en pas trop garder ni en épaisseur ni en longueur. Le lambeau est relevé, l’articulation ouverte en avant, l’avant-bras luxé et l’olécrane dénudé le mieux possible. L’on n’a de cette façon que juste la quantité de parties molles nécessaire,
mais les tubérosités articulaires humérales sont parfaitement recouvertes et la poche olécranienne détruite; seu-
~ o F11p renrésente l’incision elliptique à lambeau antérieur, appliquée au coude. La fl'eche indique l’interligne I le ^nririoïdes
La peau du lambeau est déjà considérable:le trajet de
sion.
lement il faut que la peau de l’avant-bras soit saine dans presque la moitié de sou étendue ; c est le cas du la beau antérieur ordinaire qu’on peut fane assez long, mais jamais assez large à la hase.
Ai-je besoin de dire que je n’ai pas cherché autre chose que déterminer pour le coude comme pour le poignet, le minimum de parties molles à conserver pour avoir un bon moignon avec lambeau antérieur, dans le cas ou tout autre procédé serait inapplicable ou volontairement rejeté.