‹ De la connaisance de DieuChapitre 4 sur 30 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

Philippe de Néri ou le cardinal de Bérulle» et, avec Tapprobation du Souverain Pontife, au lieu d'Oratoire de Jésus ou d'Oratoirô de Marie, nous avons pris un troisième nom qui implique à nos yeux les deux autres : l'Oratoire de l'Immaculée Conception. Nous croyons posséder dans ce nom une lumière et une force, et peut-être essaierons-nous bientôt d'expliquer quelle est cette force et cette lumière.

D'après cela, est-il nécessaire d'ajouter que le malheureux antagonisme théologique qui a scandalisé tout un siècle, qui souvent opposait l'Oratoire de Jésus , du moins dans plusieurs de ses membres, à la Société de Jésus, ne saurait aujourd'hui renattre?Le fondement doctrinal de cette lutte n'existe plus. L'Oratoire aujourd'hui croit, avec les Jésuites*, avec l'Eglise entière, que si l'on veut rompre décidément avec ce sombre esprit de religion farouche qui a tant effrayé les âmes, qui vient de Calvin ; qui maudit la nature, qui maudit la raison, qui nie la liberté; qui méprise l'art, la science, l'effort humain; qui ramène la fatalité; qui rend le salut impossible; qui cherche

^ L'aimable et clairvoyant Joubert, l'homme, peut-être, le plus libre de préjugés qui ait écrit en notre siècle, disait à ce sujet : « Les Jansénistes insistent sur ce qui « est incertain, obscur, affligeant, et glissent sur le reste : c ils éclipsent les vérités lumineuses et consolantes par c l'interposition des vérités opaques et terribles... La tbéo- « logie, quand ils nous Texposent, n'a que la moitié de « son disque, et leur morale ne regarde Dieu que d'un « œil... Ils semblent aimer Dieu sans amour, et seulement « par raison, par devoir, par justice. Les Jésuites, au con- « traire, semblent l'aimer par pure inclination, par admi-

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