D£ LÀ SECONDE ÉDITION VU
partout la terreur : qui enfin oublie l'Evangile et le cœur sacré de Jésus, et ses bras toujours étendus pour y appeler tous les hommes ; si Ton veut rompre: avec ce fanatisme dangereux que trop d'esprits confondent encore avec le Christianisme, il faut extirper entièrement les dernières fibres du Jansénisme ; il en faut signaler jusqu'aux moindres nuances dans notre dix-septième siècle, dans nos plus grands auteurs, et les Oratoriens doivent savoir les trouver, et les effacer au besoin, même dans leur plus classique écrivahi, et dans son plus sublime sermon. Voilà ce que nous croyons tous. Il n'y a donc plus de querelle. 11 n'y a plus entre l'Oratoire, si l'Oratoire est quelque chose, et la grande et sainte Société des Jésuites, qu'un frar temel embrassement.
L'autre point au sujet duquel beaucoup d'Oratoriens se sont trompés, nous semble être aujourd'hui, parmi les Catholiques, une question finie. Qui peut supporter aujourd'hui ce qu'écrivait le cardinal de Beausset sur l'Assemblée de 1682? Qui ne lui dirait avec M. de
« ration, par reconnaissance, par tendresse, enfin par « plaisir. Il y a de la joie dans leurs livres de piété, parce « que la nature et la religion y sont d'accord. Il y a, dans « ceux des Jansénistes, de la tristesse, et une religion conc trainte, parce que la nature y est perpétuellement mise « aux fers par la religion. Les Jansénistes disent qu'il faut « aimer Dieu, et les Jésuites le font aimer. Les Jansénistes « aiment mieux la règle que le bien ; les Jésuites préfèrent « le bien à la règle... Les Jansénistes ont trop d'horreur de « la nature, qui est cependant Tœuvre de Dieu *. »
1 Pensées et Maa:inxest t« I, titre m.
vu PRÉFACE
Maîstre : « C'est ici, Monseigneur, que nous nous séparons ! » Tous nous voulons l'intime unité intérieure de l'Eglise, libre enfin de toute division nationale. Tous nous voulons au dehors la liberté de l'Eglise à regard des pouvoirs temporels ; car tous, nous avons sous les yeux le vertige et la honte des pauvres Etats aveuglés qui oppriment les consciences. Nous deman- 'dons à notre tour que Ton n'oublie jamais la parole du Sauveur : « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu, et à (( César ce qai est à César. » Et nous disons avec saint Anselme : « Dieu n'aime rien tant en-ce monde, « que la liberté de son Eglise ^ »
Revenons au modeste point de départ qui a provoqué cette digression. Il s'agît de la seconde édition du livre De la Connaissance de Dieii.
Ce que nous en dirons d'abord, c'est que ce livre exprime les opinions philosophiques de son auteur, mais non pas ce que l'on pourrait appeler la philosophie de rOratoire. L'Oratoire n'a ni théologie ni philosophie particulière. L'Oratoire veut se bien garder de former école, si ce n'est, peut-être, école de paix, par la charité intellectuelle, par la fuite des extrêmes, par la conciliation de toutes les opinions soutenables, dans le milieu du vrai. Aussi, en dehors de la foi et des opinions qui contristeat l'Eglise, nous sommes libres. Quand Bossuet parle de la u sainte liberté » de l'Oratoire, il dit une grande parole à laquelle nous tenons. Or, où s'appliquera la liberté si ce n'est en philo-
< Nihil magis diligit DeuB iu hoc mundo quam libertatem Ecclesiae Buœ. Epist, ix, lib. IV.