‹ De la connaisance de DieuChapitre 6 sur 30 · DE LA SECONDE ÉDITION IX · texte numérisé non relu

DE LA SECONDE ÉDITION IX

Sophie ? Les maîtres terrestres sur la parole desquels jurent les disciples, ont fait leur temps. Qu'il nous soit donc permis de pratiquer la parole du Sauveur : « N'appelez personne sur la terre votre maître. Vous « tfavez tous qu'un maître, qui est le Christ. » Nous ne ferons donc pas vœu de penser plusieurs par un seul; mais aimons-nous les uns les autres, et nos esprits sauront s'unir, et formeront faisceau dans l'unité du vrai.

Deux critiques très fondées nous ont été adressées sur notre livre De la Connaissance de Dieu, On nous a reproché, avec raison, de n'avoir pas consacré un chapitre à saint Anselme. Nous avons promis de remplir cette lacune. Nous avions mis la main à l'œuvre et presque achevé notre travail, lorsque la maladie et la douleur nous ont ôté les forces. Cependant Tédition s'achevait : il fallut passer outre.

Une autre critique nous demande compte, avec raison, de notre concision au sujet de ce que nous appelons le Procédé infinitésimal. Nous avons affirmé que la raison, outre le syllogisme, a un second procédé tout aussi rigoureux, très vulgaire en pratique, très peu connu en théorie, et dont le calcul infinitésimal a précisé les règles, « en les mettant en usage effectivement », ainsi que s'exprimait Leibniz *. Cette assertion si capitale et si nouvelle en apparence, nous ne la démontrons pas assez, nous dit-on. Sans doute nous pourrions répondre que nos deux volumes De la Connaissance de Dieu ont en grande

* JS^ouv. Essais f liv. IV, eh. m, § 19.

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partie pour but de l'établir. Mais nous devons avouer cependant que sur le point délicat, sur la question de l'identité précise du procédé qui démontre Dieu et du procédé géométrique infinitésimal, nous avons été trop concis. C'était à dessein. Nous nous réservions de mettre ce point dans tout son jour, en sou vrai lieu, c'est-à-dire en Logique. Notre Traité de Logique, presque entièrement imprimé aujourd'hui, doit paraître sous peu de semaines. Là nous exposons notre idée en détail, et, à ce sujet, nous nous permettrons d'adresser une prière aux hommes compétents. Nous leur demanderons, après avoir lu, de vouloir bien juger, et de se prononcer pour ou contre :. ce qui n'est nullement un défi porté à la contradiction, mais au contraire un sincère désir d'être éclairé, d'être redressé ou soutenu dans une pensée, qui a pour nous bien peu de valeur, tant qu elle n'est pas pleinement partagée. Jusqu'à présent des juges fort éclairés sont en suspens : aucun ne nous a contesté directement notre assertion. Quelques-uns la regardent comme vraie.

Or ne serait-il pas d'un fort grand intérêt philosophique d'arriver à la certitude sur ce point? Notre description de ce procédé de l'âme qui s'élance sans intermédiaire, mais appuyée sur Dieu, à une affirmation plus grande que le point de départ ostensible de la pensée, est-elle une illusion, ou bien une vérité? Est-ce uiie vue claire et vraie d'un fait profond de l'âme que, dans la vie si complexe de l'esprit, la spéculation n'avait pas encore nettement aperçu? Nous donnons, dans notre Logique, autant qu'il est

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