‹ De la connaissance de Dieu et de soi-m^emeChapitre 50 sur 56 · ET ABRÉGÉ DE TOUT CE DISCOURS · texte numérisé non relu

ET ABRÉGÉ DE TOUT CE DISCOURS

J'ose donc vous conjurer encore une fois de lire celte Instruction et V Instruction précédente. Yous y trouverez la voie du salut et le repos de vos âmes dans les promesses de Jésus-Christ et de l'Evangile. Elles n'ont aucun embarras : tout y est clair, ou par les textes exprès de l'Ecriture, ou par la seule exposition de notre doctrine, ou par l'avea du ministre qui a voulu me combattre.

Puisqu'il est écrit que pour éprouver la foi des chrétiens^ « il faut qu'il y ait des hérésies * ; » puisque dès que Jésus- Christ a paru dans le monde, il a été dit de lui « qu'il éloit mis pour êlre en butte aux contradictions^, » et que l'homme inj^énieux contre soi-même devoit épuiser la subtilité de son esprit à pervertir en toutes manières les voies droites du Seigneur : avouez qu'il étoit de sa sagesse comme de sa puissance de préparer un remède aisé, par lequel sans dispute et sans embarras tout esprit droit pût connoître les schismes futurs. Le voilà dans la promesse de l'Evangile qui exclut toute interruption dans la succession apostolique et dans l'extérieur de son Eglise : par là l'intérieur est à couvert puisque la prédication toujours véritable, et qui jusqu'à la fin des siècles ne cessera de passer de main en main et de bouche en bouche, aura toujours son effet au dehors par l'assistance de Jésus-Christ, toujours présente. Voilà un caractère certain, qui jusqu'à la fin du monde notera les contredisants et les hérétiques.

Vous répondez : « On a tout, quand on a la vérité : le salut est infaillible à ceux qui la possèdent; mais on n'a rien avec l'ancienneté, la succession et l'étendue, lorsque 1"'

* I Cor., XI, 19. — « Luc, n, 34.

la vérité manque ; il faut donc chercher l'une et se mettre peu en peine de l'autre '. » Vous ne songez pas que Jésus- Christ a voulu mettre expressément la vérité à couvert par l'assistance qu'il promet à la succession; de sorte que quand vous dites : « Il faut chercher l'une et se mettre peu en peine de l'autre. » c'est de même que si vous disiez : ïl faut chercher la fin, et se « mettre peu à peine » des moyens donnés de Dieu pour y parvenir.

Mais, dites-vous, ce remède est foible ; l'autorité ne remédie point aux erreurs : ilyaeu des divisions dèsle temps des apôtres : « Si leur autorité échoua dès le premier schisme, que fera celle des papes et des évesques ? Àrius malgré le concile qui luy dénonça un anathème éternel, grossit son parti^ : » il en est de même des autres : comme qui diroit : La sévérité des lois n'empêche pas qu'il n'y ait des vols etdes massacres, doncce remède est peu efficace : que ferez-vous donc? Abandonnez tout; et parctt qu'il y a des esprits superbes et contentieux qui résistent à tous les remèdes, cessez de les proposer aux simples et aux droits de cœur.

Mais, poursuit-on, les apôtres n'avoienl donc qu'à aller par tout la terre y faire lire dans le Symbole l'article de l'Eglise catholique, » dont le nom mesmené se trouve pas dans les Écrits sacrez \ » et ils se sont tourmentés en Vâin à rechercher les prophéties : comme si chaque chose n'âvHDit pas son temps, ou qu'il n'eût pas fallu établir î'Eglisè catholique avant que d'en employer l'antoritë.

C'est en vain qu'on tâche de l'affoiblir, en disant que « le nom ne s'en trouve pas dahsles Ecrits sacrez: » 'quoi qu'il en soit, il est gravé dans le cœur de tous les chrétiens, et les protestants eux-mêmes n'ont pu s'empêcher de professer, comme nous, la foi de l'Eglise calh-oliqu^ avant toute discussion et tout examen.

» Tom. II, p. 542. — 2 Tom. II, 734.738, — 3 P. ôjl, etc.

SUR LES PROMESSES DE L EGLISE. o23

On trouve de l'oslentalion dans les « évesques et dans les curez, qui se voyent les maistres uniques de la religion ; qui, dit-on, s'élèvent fort au-dessus du reste des hommes, et qui veulent qu'on les écoute comme autant d'apostres infaillibles, dès le moment qu'ils portent le nom de pasteur^. » Il est vrai, il y auroit là une ostentation énorme; mais par malheur pour les protestants, elle n'est que dans leurs discours. Les évêques ne se croient maîtres ni auteurs de rien: toute leur gloire est d'enseigner ce qu'ils ont reçu de ceux qui les précédoient: on n'a jamais besoin d'aller bien loin pour trouver le novateur: c'est un fait toujours constant: nous avons dit plusieurs fois* que dans l'Eglise catholique, nul ne se montre soi-même en particulier, ni ne veut donner son nom à son troupeau: tous montrent l'Eglise et les promesses qu'elle a reçues en corps; ce n'est pas présumer de soi ni s'attirer une gloire vaine, que de mettre sa confiance aux promesses de Jésus-Chritt. et il est visible par le discours du ministre qu'il n'a pu nous imputer de l'ostentation qu'en altérant tous nos sentiments.

Si l'on étoit demeuré dans cette règle: si tout le monde avoit noté ceux qui sont sortis de la ligne de la succession, il faut avouer qu'il n'y auroit eu ni schisme ni hérésie, dont la source de tout le mal sera éternellement qu'il y a eu et qu'il y aura des esprits superbes, qui veulent se faire un nom, qui adorent les inventions de leurs esprits et se séparent eux-mêmes.

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