IV. Les parties qui sont au-dessous de la poitrioe
Du côté droit est le foie. Il enveloppe un côté de l'estomac ^ aide à la digestion par sa chaleur (1). H fait la séparation d< bile d'avec le sang. De là vient qu'il a par-dessous un petit ys seau^ comme une petite bouteille, qu'on appelle la vésicide du i où la bile se ramasse^ et d'où elle se décharge dans les intesti Cette humeur âcre^ en les picotant, les agite, et leur sert con d'une espèce de lavement naturel , pour leur Cah'e jeter les exe ments (2).
La rate est à l'opposite du foie ; c'est une espèce de sac ^ gicux, où le sang est apporté par une grosse artère, et rapporté les veines, comme dans toutes les autres parties, sans qu'on pu remarquer dans ce sang aucune différence d'avec celui qui pi par les autres artères; quoique l'antiquité, trompée par la cou) brune de ce sac , l'ait cru le réservoû* de l'humeur mélancoliq et lui ait, par cette raison, attribué ces noirs chagrins, dont ne peut dire le sujet (3).
Derrière le foie et la rate, et un peu au-dessous, sont les d reins , un de chaque côté, où se séparent et s'amassent les sér tés, qui tombent dans la vessie par deux petits tuyaux, qu'on peUe les uretères, et font les urines.
Au-dessous de toutes ces parties sont les intestins, où, pai vers détours, les excréments se séparent, et tombent dans lieux où la nature s'en décharge.
Les intestins sont attachés et comme cousus aux extrémités mésentère ; aussi ce mot signiûe-t-il le milieu des entrailles.
Le mésentère est la partie qui s'appelle fraise dans les animj par le rapport qu'elle a aux fraises qu'on portait autrefois cou.
C'est une grande membrane étendue à peu près en rond, i repliée plusieurs fois sur elle-même; ce qui fait que les intes qui la bordent dans toute sa circonférence, se replient de la m sorte.
(1) Le foie n*est pas plus chaud que les autres organes.
(2) La bile a pour usage d*émulsionner les matières grasses qui ae pas digérées par restomac, et de les rendre absorbables.
(3) Les fonctions de la rate sont encore indéterminées.
On voit sur le mésentère une infinité de petites veines f^as déliées que des cheveux , qu'on appelle des veines lactées, à cause qu'elles contiennent une liqueur semblable au lait, blanche et douce comme lui, dont on verra dans la suite la génération.
Au reste, les veines lactées sont si petites, qu*on ne peut les aper^ cevoir dans l'animal qu'en l'ouvrant un peu après qu'il a mangé, parce que c'est alors, comme il sera dit, qu'elles se remplissent de ce suc blanc, et qu'elles en prennent la couleur.
Au milieu du mésentère est une glande assez grande (i). Les veines lactées sortent toutes dès intestins , et aboutissent à cette glande comme à leur centre.
n parait, par la seule situation, que la liqueur dont ces veines sont remplies, leur doit venir des entrailles, et qu'elle est portée à cette glande, d'où elle est conduite en d'autres parties , qui seront marquées dans la suite.
Tous les intestins oai leur pellicule commune qu'on appelle le péritoine, qui les envebppe, et qui contient divers vaisseaux, entre autres, les ombilicaux, appelés ainsi, parce qu'ils se terminent au nombril (2). Ce sont ceux par où le sang et la nourriture sont portés au cœur de l'enfant, tant qu'il est dans le ventre de sa mère. Ensuite ils n'ont plus d'usage, et aussi se resserrentils tellement^ qu'à peine les peut-on apercevoir dans la dissection.
Toute cette basse région, qui commence à l'estomac, est séparée de la poitrine par une grande membrane musculeuse, ou, pour mieux dire, par un muscle qui s'appelle le diaphragme. Il s'étend d'un côté à l'autre dans toute la circonférence des côtes.
Son principal usage est de servir à la respiration. Pour l'aider, il se hausse et se baisse par un mouvement continuel, qui peut être hâté ou ralenti par diverses causes.
En se baissant, il appuie sur les intestins, et les presse; ce quia de grands usages, qu'il faudra considérer en leur lieu.
Le diaphragme est* percé, pour donner passage aux vaisseaux qui doivent s'étendre dans les parties inférieures..
Le foie et la rate y sont attachés. Quand il est secoué violemment , ce qui arrive quand nous rions avec éclat, la rate, secouée
(1) G*est le paocréas; mais il n*a aucun rapport avec les Taisseaux lactés oa cbyliféres. Le pancréas sécrète on liquide analogue à la salive, qui en versé dans le duodénum par le eanal paneréaiique,
(2) Ko Utia umbilicuê.
en même temps , se purge des humeurs qui la surchargent (i). D'où vient qu'en certains états , on se sent beaucoup soulagé par un ris éclatant.
Voilà les parties principales qui sont renfermées dans la capacité de la poitrine^ et dans le bas-ventre. Outre cela, il y en a d'autres qui servent de passage pour conduire à ceUes-là.
V. Les passages qjoA condaisent anz parties ci-dessos décrites, cfest-à-dire
rœsophage, et h trachée-artère.
A rentrée de la gorge sont attachés l'oesophage , autrement le gosier, et la trachée-artère. GSsophage sigi^ en grec, ce qui porte la nourriture (2). Trachée-artère et âpre-artère (3), c'est la même chose. Elle est ainsi appelée, à cause qu'étant composée de divers anneaux, le passage n'en est pas uni.
L'œsophage, selon son nom, est le conduit par où les viandes (4) sont portées à l'estomac, qui n'est qu'un allongement, ou, c<»nme parle la Médecine, une dilatation de l'extrémité inférieure de l'œsophage (5). La situation et l'usage de ce conduit, font voir qu'il doit traverser le diaphragme.
La trachée-artère est le conduit par où l'air qu'on respire est porté dans le poumon, où elle se répand en une infinité de petites
(i) Nous ne connaissons pas les humeurs qui surchargent la rate : eUo ne contient que du sang.
(S) De otao , fut. du ▼. çip», porter, et ça'^îv infin. de f^d^fù, inusité, manger.
(3) Tpo^xuc signifie en grée, âpre, raboteux.
(4) Ici, comme plus haut, et dans ce qui suit, etande est pris dans le sens d*aliments en général. G*est ce que signifie le mot de basse latinité vianda, synonyme de vialieum, et dérivé comme loi de via : a «t'ondc. eibaria^ iter faeitndi neeessaria ad vietum; eibui^ etea^ vielui, «tAlieum. » ( Glottaire de du Cange, ) Le mot viande y est donné dans le même sens t «Dure chose serait et est de faire contraindre gens de diverses bonnes villes et notables, oser et vivre de pareilles viandes, et par especial de pain, qui ett le principal el la plut noble viande pour sustentation de corps humain. » Viande a perdu ce sens et ne signifie plus que la chair de certains animaux.
(5) L*estomao n*est pas une dilatation de l'œsophage. Ce sont deux organes différents , ayant leur fonction différente : l*un est un canal de transmission, T autre un réservoir où s*opère une élaboration de ralimenl.
irancbes, qui à la fin deviennent imperceptibles; ce qui fait que le poumon s'enfle tout entier par la respiration.
Le poumon repoussant Tair par la trachée-artère avec effort, forme la voix, de la même sorte qu'il se forme un son par un tuyan d'oi^e. Avec Tair sont aussi poussées au dehors les humidités superflues qui s'engendrent dans le poumon, et que nous crachons.
La trachée-artère a dans son entrée une petite languette qui s'ouvre pour donner passage aux choses qui doivent sortir par cet endroit-là (1). Elle s'ouvre plus ou moins ; ce qui sert à former la voix, et diversifier les tons.
La même languette se ferme exactement quand on avale ; de sorte que les viandes passent par-dessus , pour aller dans l'oesophage, sans entrer dans la trachée-artère, qu'il faut laisser libre à la respiration. Car si l'aliment passait de ce côté-là, on étoufferait. Ce qui parait par la violence qu'on souf&e, et par Tefiort (jQ'on (ait, lorsque la trachée-artère étant un peu entr'ouverte , il y entre quelque goutte d'eau qu'on veut repousser.
La disposition de cette languette étant telle qu'on la vient de voir , il ^ensuit qu'on ne peut jamais parler et avaler tout ensemble.
Au bas de l'estomac , et à l'ouverture qui est dans son fond, il y a une languette à peu près semblable, qui ne s'ouvre qu'en dehors (2). Pressée par l'aliment qui sort de l'estomac , elle s'ouvre , mais en sorte qu'elle empêche le retour aux viandes , qui continuent leur chemin le long d'un gros boyau , où commence à se Cèdre la séparation des excréments d'avec la bonne nourriture.
(1) On la nomme l'épiglotle; mais ce qu*on en dit ici est une erreur. Ce qîû sert à former et à diversifier les tons, c*est la glotte, constituée pur la réttnioD des eordet voealei.
(S) A rouverture inférieure de Testomac, que Ton nomme pylore, il ■'existe pas de languette semblable à Vépiglotte ; il y a seulement un rétrécissement formé par Tépaississement des fibres musculaires. Par TefTet t'use sensibilité spéciale, cette ouverture ne laisse ordinairement passer que les aliments qui ont subi la digestion stomacale, et que Ton nomme chyme. Par exception seulement, dans quelques circonstances pathologiques , le pylore laisse refluer dans Teslomao la bile ou les matières intesUnalea.
50 f>E LA CONNAISSANCE