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CHAPITRE LVIII

Des opposés.

Après les catégories, Aristote explique (Gat., c. 10) en combien de sortes les choses sont opposées l'une à l'autre, et il en marque quatre.

L'opposition est entre deux choses qui se regardent l'une l'autre, et qu'on regarde aussi, par cette raison, comme mises à l'opposite.

Tous les opposés s'excluent l'un l'autre, mais en différentes façons.

Le premier genre d'opposés est fondé sur la relation. Gar les choses, par leur rapport, se regardent mutuellement, et s'excluent aussi l'une l'autre. Le double est opposé à la moitié, et la moitié au double ; le sem-

blable est opposé au semblable qui lui répond, et l'égal à régal ; le père et le fils, comme tels, se regardent mutuellement, et sont mis à Topposite Tun de, Tautre.

Le second genre d'opposition est la contrariété, comme le froid est contraire au chaud, le blanc au noir, le sec à l'humide : et Aristote remarque que ce genre d'opposition ne se trouve que parmi les qualités, quoiqu'elle ne se trouve pas entre toutes.

Le troisième genre d'opposition est VhabiUide et la privation. Avoir la vue, c'est l'habitude ; l'aveuglement c'est la privation de la vue.

Le dernier genre d'opposition est appelé opposition contradietoir^y qui consiste en affirmation, et en négation : Cela est, cela n'est pas; il est sage y il n'est pas sage, sont choses contradictoirement opposées.

La différence de la contrariété avec l'opposition privative et la contradictoire, consiste en ce que les termes des deux contraires sont positifs, par exemple, le chaud et le froid, au lieu que parmi les termes des deux autres oppositions, l'un est positif, et l'autre privatif ou négatif, ainsi qu'il a été dit *.

Au reste, on regarde quelquefois comme opposées les espèces qui sont rangées sous le môme genre ; et, en effet, elles sont incompatibles. Être chien, et être cheval, sont choses qui s'excluent mutuellement. Mais ces choses et autres semblables s'appellent choses différentes^ ou choses de divers ordres^ plutôt que choses opposées.

1 Chap. ZT, pag. tB,

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