LIVRE II
On doit comprendre parmi les propositions composées^ celles où celui qui fait la proposition exprime tout ensemble ses dispositions, avec la chose même qu'il veut proposer, comme quand je dis : J'assure ou je soutiens que le vertueux est le seul habile, on ne marque pas seument la vérité qu'on propose, mais encore avec quelle certitude on la croit.
De telles propositions se peuvent séparer en deux. rassure est une proposition, ainsi que nous avons dit, en expliquant la force du verbe ; et Le vertueux est le seul habile, en est une autre.
On demande à quel genre de propositions se rapportent celles que TÉcole appelle modales, et si elles ne font point une espèce particulière.
Les propositions modales sont celles où se rencontre un de ces quatre termes : nécessaire, contingent, possible, impossible.
Nécessaire, est ce qui arrive toujours ; contingent, ce qui arrive quelquefois ; possible, est ce qui peut arriver ; impossible, est ce qui ne peut arriver.
Ces quatre termes modifient les propositions, c'està-dire qu'elles n'expliquent pas seulement que la chose est véritable, mais encore de quelle manière elle est véritable.
De telles propositions se réduisent naturellement en propositions simples, comme quand je dis : // est nécessaire que Dieu soit ; il est impossible que Dieu ne soit pas ; il est nécessaire que la terre soit mue; il est possible, ou bien impossible qu'elle le soit ; c'est la même chose que si je disais : L'être de Dieu est nécessaire, le nonêtre de Dieu est impossible ; le mouvement de la terre est nécessaire, ou le mouvement de la terre est possible, ou le mouvement de la terre est impossible.
Ainsi, ces propositions ne sont point une espèce particulière ; ce sont de simples propositions, qui se réduisent en propositions complexes ou incomplexes, selon la nature des termes dont elles se trouvent composées.