LIVRE u
homme n'est animal^ je voudrais dire que l'homme ne serait aucun des animaux.
Et la raison est, qu'afin qu'il soit vrai de dire : L'homme est animaly il suffit qull soit quelqu'un des animaux ; mais afin qu'il fût vrai de dire : L'homme n'est pas animal^ il faudrait qu'il n'en fût aucun.
Ces propriétés des propositions afSrmatives et négatives sont fondées sur la nature de l'affirmation et de la négation, dont l'une est d'identifier et d'unir les termes dans leur signification, et l'autre de les séparer ; or je puis identifier et unir ces deux termes, homme et animal, pourvu qu'il soit vrai de dire que l'homme est quelqu'un des animaux ; d'où il s'ensuit que, pour les séparer, il faut que l'homme n'en soit aucun.
C'est pour^cela que les deux termes d'une négation véritable s'excluent absolument Tun l'autre. Si nul plante n'est animal, nul animal n'est plante ; et si nul animal n'est plante, nulle plante n'est animal : au lieu que les deux termes de l'affirmation ne s'unissent pas absolument Tun à l'autre ; car, de ce que tout homme est animal, il s'ensuit bien que quelque animal est homme, et non pas que tout animal est homme.
C'est une seconde propriété des propositions affirmatives et négatives, que nous allons expliquer en parlant des conversions.