‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 144 sur 207 · LIVRE U · texte numérisé non relu

LIVRE U

la proposition : comme, par exemple, homme et animcU raisimnable^ sont égaux d'eux-mêmes, et ne s'étendent pas plus Tun que l'autre ; mais dans la proposition : Tout homme est animal raisonnable ^ ils ne le sont plus, parce que, ainsi que nous avons dit, par la aature de la proposition affirmative, l'attribut se prend toujours particulièrement. Ainsi, dans cette proposition: Tout homme est animal raisonnabU^ on veut dire que chaque homme est quelqu'un des animaux raisonnables, mais non pas qu'il est tout animal raisonnable ; autrement chaque homme serait tout homme, ce qui est absurde.

Quand les termes sont égaux seulement en euxmômes, la conversion qui s'en fait vient du c6té de la matière ; mais, quand ils sont égaux dans la proposition, la conversion qui s'en fait vient du côté de la forme, c'est-à-dire de la nature de la proposition prise en elle-même,

U sera maintenant aisé de déterminer quelles propositions se convertissent parfaitement ou imparfaitement.

Je dis donc, premièrement, que toutes les propositions particulières affirmatives se convertissent parfaitement, par la nature même des propositions ; comme, de ce qu'il est vrai de dire : Quelque homme est juste^ il est vrai de dire : Quelque juste est homme.

La raison est que les termes sont précisément de môme étendue, étant tous deux particuliers ; le si^et, par la restriction qui y est apposée, et l'attribut, par la nature même des propositions affirmatives : et, en effet, il parait que, dans l'homme qui est juste, il y a nécessairement un juste qui est homme.

Je dis, secondement, que les propositions négatives

universelles se convertissent parfaitement, par la nature môme des propositions. La raison est que les termes y sont pareillement de même étendue, étant tous deux pris imiversellement, comme il a été dit. Ainsi, de ce que nulle plante n'est animal, il s*ensuit que nul animal n'est plante ; et en eifet, s'il y avait quelque animal qui fût plante, il y aurait quelque plante qui serait animal, comme nous venons de voir.

Je dis, troisièmement, que les propositions univer selles affirmatives ne se peuvent, par leur nature, convertir qu'imparfaitement, et en changeant, dans la conversion, l'universel en particulier. Par exemple, de ce que tout honune est animal, il n'en peut résulter autre chose, sinon que quelque animal est homme. La raison est que les termes sont inégaux, l'attribut étant toujours particulier.

Et par là se voit parfaitement la différence de T universelle négative et de l'universelle affirmative, parce que, dans les négatives, le sujet et l'attribut ayant la môme étendue, autant que le sujet exclut l'attribut, autant l'attribut exclut le sujet ; c'est pourquoi, autant qu'il est vrai que nulle plante n'est animal, autant estil vrai que nul animal n'est plante : mais, au contraire, dans l'affirmation, où l'attribut, pour cadrer avec le sujet, se prend tougours particulièrement, si on le prend universellement, il ne cadre plus. Par exemple, si je dis : Tout homme est animaly pour faire cadrer animal et homme j il faut, par emimal, entendre quelque animal, ou quelqu'un des animaux. Par conséquent, si on ôte à animal sa restriction, et qu'au lieu de dire quelque animal^ on dise tout animalj il ne faudra pas

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