‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 145 sur 207 · LIVRE n · texte numérisé non relu

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s'étonner s'il ne cadre plus avec homme. Ainsi, de ce que tout homme est animal, il s'ensuivra bien que quelque animal est homme, mais non pas que tout animal est homme.

Je dis, quatrièmement, que deux particulières négatives ne se peuvent convertir, en aucune sorte, par la nature des propositions, parce que les deux termes ne peuvent jamais être de môme étendue ; l'attribut de la négative, môme particulière, étant toujours universel. Par exemple, de ce que quelque homme n*est pas musicien, il ne s'ensuit nullement que quelque musicien ne soit pas homme ; parce qu'il faudrait pour cela, que, comme il y a quelque homme qui n'est aucun des musiciens, il y eût quelqu'un des musiciens qui ne fût aucun des hommes.

De là donc il s'ensuivra que quand deux universelles affirmatives, ou deux particulières négatives, se convertiront, ce sera par la nature des termes, et non par la nature des propositions.

Dans les universelles affirmatives, cela se fait avec quelque règle ; car les termes qui signifient Tessence ou la différence, et la propriété spécifique, sont tous de môme étendue, comme il paraît, et par 1& se convertissent mutuellement. Ainsi tout homme est animal raisonnable y et tout animal raisonnable est homme; tout homme est risible, tout risible est homme.

Mais quant aux particulières négatives, quand elles ont ensemble quelque liaison, ce n'est point par ellesmômes, ni en vertu d'aucune règle. De cette sorte, s'il est vrai de dire que, comme il y a quelque triangle qui n'est pas un corps de six pieds de long, il y a aussi quelque corps de six pieds de long, qui ne sera pas un

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triangle, ce n*est pas que la vérité d*une de ces propositions entraîne celle de Tautre ; mais c'est que chacune d'elles se trouve véritable en soi.

Tout ce que nous venons de dire appartient à cette espèce de raisonnement composé de deux propositions, dont nous avons déjà parlé. C*est pourquoi Aristote traite cette matière à Tendroit où il parle du raisonnement ; mais comme tout ceci sert à connaître la nature des propositions, il semble naturel de le mettre ici.

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