‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 158 sur 207 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

ceUe qu'il a d'échaufTer, selon celle qu'il a de sécher, selon celle qu'il a de brûler et de fondre certains corps, et ainsi du reste : De même, on peut regarder le cerveau selon qu'il peut recevoir les impressions des objets, et selon qu'il peut servir à la direction des esprits.

Toutes ces sortes de divisions se rapportent ordinairement à ces quatre : P' Du genre en ses espèces; II* Du tout de composition en ses parties; IIP Du sujet en ses accidents; IV* De t accident en ses sujets. Nous en avons rapporté des exemples suffisants.

Lorsqu'on divise en d'autres parties une partie déjà divisée, cela s'appelle subdivision^ comme quand, dans V Introduction ^ nous avons regardé l'homme en tant que composé d'âme et de corps, c'est une division ; et la subdivision a été de regarder Tàme dans sa partie sensitive ou intellectuelle, et le corps dans ses parties extérieures et intérieures, et ainsi du reste.

L'usage de la division est d'éclaircir les matières, et de les exposer par ordre. Ainsi, les divisions que nous venons de rapporter aident l'homme à se connaître luimême.

La division n'aide pas seulement à faire entendre les choses, mais encore à les retenir. L'esprit retient naturellement ce qui est réduit à certains chefs par une juste division.

Pour cet usage, il paraît que la division doit se faire, premièrement, en peu de membres, et, secondement, en membres ordonnés, et l'expérience fait voir que les

* C'est VlnUroduclion à la Philosophie, ou la Connaissance de Dieu et de soir-même^ que Bossuet cite. Ce passage établit, d^une Hunière certaine, l'authenticité de sa Logique,

divisions et subdivisions trop multipliées confondent l'intelligence et la mémoire.

Et la nature elle-même nous aide à faire ces divisions simples, parce qu'en effet les choses se réduisent naturellement à peu de principes, et qui ont de Tordre entre eux, c'est-à-dire qui ont un certain rapport : c'est ce que dans la division nous avons appelé minores ordonnés.

Ainsi, nous avons connu ce qui appartient à la division, tant dans sa nature que dans ses usages ; et il est aisé de voir, par les choses qui ont été dites, tant au chapitre précédent que dans celui-ci, que, quelque soit le sujet dont on veut traiter, il faut premièrement le définir, afin qu'on sache de quoi il s*agit ; et secondement le diviser, afin d'en connaître toutes les parties, ou de déterminer celles dont on veut traiter en particulier. Ainsi, dans les InsUtutes de Justinien, où il s'agit de donner les principes du droit, on définit premièrement la justice, en disanjt que c'est une volonté constante et perpétuelle de faire droit à chacun. Ensuite, on définit la jurisprudence, jctence des choses divines et humaines, de ce qui est juste et injuste. Après, on divise le droit en droit des gens, qui est commun à tous les peuples, et droit civil, qui règle chaque peuple particulier, comme les Romains, les Grecs, les Français, et celui-ci en droit public et particulier, et encore en droit écrit et non écrit, qu'on appelle autrement coutume

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