‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 173 sur 207 · CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn

Des modes de syllogismes.

Il semblerait qu'il dût y avoir autant de façons d'argumenter, que les propositions et les termes peuvent souffrir de différents arrangements ; mais il y a des arrangements dont on ne peut jamais former un syllo« gisme : par exemple, nous avons vu que dépures particulières et de pures négatives, il ne se conclut rien.

LIVRB III. 477

Il y a grand nombre d'autres arrangements qui sont exclus par de semblables raisons ; et enfin il ne s'en trouve que dix-neuf concluants, qu on appelle modes utiles.

Âristote les a exprimés par la combinaison de ces quatre lettres A, J?, /, 0.

Par A, il a exprimé Tuniverselle affirmative ;

Par Ey l'universelle négative ;

Par /, la particulière affirmative ;

Par O, la particulière négative.

Selon cela, les philosophes qui ont suivi Aristote, ont exprimé les dix-neuf modes en ces quatre vers artificiels, faits pour aider la mémoire.

Barbara, Celarent, Darii, Ferio, Baralipton

Celantes, Dabitis, Fapesmo, Frisesomorum

Cesare, Camestres, Festino, Baroco^ Darapti

Feîapton, Disamis, Datisi, Bocardo, Ferizon.

Dans chacun de ces mots, il ne faut prendre garde qu'aux trois premières syllabes dont les voyelles marquent la quantité et la qualité des trois propositions du syllogisme ; ainsi, dansBarcUiptoneidansFrisesomorum, les syllabes qui excèdent trois, sont surnuméraires, et n'ont d'autre usage que d'achever le vers.

Les quatre premiers mots désignent quatre modes directs de la première figure, et les cinq autres en désignent cinq modes indirects, qui sont les mômes que ceux qu'on donne à la figure de Galien.

Ainsi, il y a neuf modes dans la première figure, qui sont compris dans les deux premiers vers.

La deuxième en a quatre, signifiés par ces mots : Cesare, Camestres, Festino, Baroco.

Les six autres mots appartiennent à la troisième, et tous ensemble font dix-neuf.

La plus excellente manière d'argumenter est cooiprise dans les quatre modes directs de la première figure. Deux de ces modes concluent universellement, et deux particulièrement ; deux affirmativement, et deux négativement. Ils sont exprimés par A, a, a. B, a, e.

A , f , t. Ey iy o, a. Bar- Tout ce qui est ordonné de Dieu est pour

le bien ; a. ba- Toute puissance légitime est ordonnée

de Dieu ; a. ra. Donc, toute puissance légitime est pour

le bien.

E. Ce- Nulle chose ordonnée de Dieu n*est éta-

blie pour le mal ; a. /a- Toute puissance lé^time est ordonnée

de Dieu ; e, rmi. Donc, nulle puissance légitime n'est éta

blie pour le mal.

A. Da" Tout homme qui abuse de son pouvoir

est injuste.

Quelque prince abuse de son pouvoir ; Donc, quelque prince est iiyuste.

Nul ipjuste n'est heureux; Quelque prince est injuste ; Donc, quelque prince n'est pas heureux.

Ces quatre modes sont directs et manifestement concluants.

La force du terme moyen s'y découvre clairement. On le voit pris universellement dans une prémisse, et encore dans la majeure qui se trouve la plus univers selle, et où ce terme important, qui unit les autres, est

Fe-

ri-

Page 1