‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 184 sur 207 · LIVRE m · texte numérisé non relu

LIVRE m

que deux propositions; on sous-entend la troisième comme claire : par exemple, Ton dit :

Vous et f s juge ;

Donc, il faut que vous écoutiez.

La majeure est sous - entendue : Tout juge doit écouter.

Souvent même Targument est réduit à une seule proposition, comme quand Médée prouve à Créon qu*il est injuste, en lui disant seulement : Qui Juge sans écouter les deuoo parties , est injuste; elle sousentend comme claire cette mineure : Vous jugez sans écouter; et la conséquence, donc, vous êtes injuste.

Bien plus, il arrive souvent qu*en deux ou trois mots se renferme tout un long raisonnement. Médée prouve à Jason qu*il est coupable de tous les crimes qu'elle a faits pour lui, en lui disant seulement : Celui à qui sert le crime en est coupable * ; comme si elle lui eût dit : Qui sait le crime, qui le laisse faire, qui s'en sert, qui veut bien lui devoir son salut, en est coupable ; or, Jason a fait tout cela; donc, il est coupable de tous les crimes que j'ai faits.

G*est ainsi qu'il eût fallu parier, pour mettre l'argument en forme ; mais cette forme fait trop languir le discours ; et il est plus fort de dire en un mot, que celui à qui le crime est utile en est coupable.

Page 1