‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 190 sur 207 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Division de I Vgument en démonstratif et probable ; et premièrement

du démonstratif.

Après avoir distingué les arguments par leur forme, il les fait encore distinguer par leurs matières.

Les matières sont de différentes natures : les unes sont parfaitement connues, les autres ne le sont qu'en partie ; les unes sont nécessaires , les autres sont contingentes *,

On appelle matières nécessaires, celles qui ont des causes certaines, ou qui peuvent être réduites à des observations constantes; tel qu'est, par exemple, Tordre des saisons et le cours des astres.

On appelle matières contingentes, celles qui, au contraire, ne peuvent être réduites à aucun principe fixe et certain^ telles que sont, par exemple, la maladie ou la santé, les conseils et les affaires humaines.

Ainsi est-il nécessaire que nous mourions tous ; mais quand et comment, c*e&t matière incertaine et contingente.

Les choses universelles sont nécessaires; les choses particulières sont contingentes. Tant que la nature subsistera comme elle est, on sait qu'il y aura des hommes ; quels ils seront et combien, est chose contingente à notre égard.

^ Voyez, à la fin du volume, note E.

Il est maintenant aisé de définir la démonstration : o'est un argument en matière nécessaire et parfaitement connu, qui en fait voir nettement la nécessité; telles sont les démonstrations de géométrie.

Il y a deux sortes de démonstrations : une qui démontre que la chose est, qu*on appelle la démonstration quodsit; l'autre qui dénote pourquoi la chose est, qu'on appelle cur sit, ou propter quid.

Par exemple, c'est autre chose de démontrer qu'il y a diversité de saisons par tout l'univers ; autre chose de montrer d'où vient cette diversité.

A cette division de la démonstration se rapporte encore cette autre, qui la divise en démonstration a priori, ou par les causes ; et en démonstration a posteriori, ou parles effets.

Ainsi, on connaît que la saison plus douce est arrivée, ou par la cause, c'est-à-dire par l'approche du soleil ; ou par les effets, c'est-à-dire par la verdure qui commence à parer les champs et les forôts.

L'argument qui mène à l'inconvénient est une manière de démonstration par les effets. On prouve qu'une chose est mauvaise quand elle produit de mauvais effets ; on prouve qu'une chose est fausse

quand il s*ensuit des choses fausses. Nous avons donné ailleurs des exemples de cet argument * .

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