CHAPITRE VII
Dénombrement de plusieurs idées.
Rien ne nous fait mieux connaître les opérations de l'esprit, que de les exercer avec attention sur divers sujets. Comme donc la première opération est la simple conception des idées, il est bon de nous appliquer à quelques-unes de celles que nous avons dans l'esprit.
L*ftme conçoit premièrement ce qui la touche ellemôme ; par exemple, ses opérations et ses objets.
Nous savons ce qui répond, dans Tesprit, à ces mots, sentir, imaginer, entendre, considérer, se ressouvenir, affirmer, nier, douter, savoir, errer, ignorer, ôtre libre, délibérer, se résoudre, vouloir, ne vouloir pas, choisir bien ou mal, ôtre digne de louange ou de bl&me, de châtiment ou de récompense, et ainsi du reste.
Nous savons aussi ce qui répond à ces mots, vrai et faux, bien et mal, qui sont les propres objets que l'entendement et la volonté recherchent.
Nous savons pareillement ce qui s*entend par ces mots, plaisir et douleur, faim et soif, et autres sensations semblables.
Enfin, nous savons ce que signifient ces mots, amour et haine, joie et tristesse, espérance et désespoir, et les autres qui expriment nos passions.
A chacun de ces mots répond une idée que nous avons, et qu*il est bon de réveiller en lisant ceci.
Ces mots, raison, vertu, vice, conscience, et syndérèse, qui tous regardent nos mœurs, nous sont aussi fort connus, et nous avons compris ce qui leur répoAd dans notre intérieur.
Par là nous trouverons les idées de la justice, de la tempérance, de la sincérité, de la force, de la libéralité, et des vices qui leur sont contraires. Par exemple, à ce terme sincérité répond résolution de ne mentir jamais^ et de dire h vrai quand la raison le demande. A ce mot justice répond volonté constante et perpétuelle de rendre à chacun ce qui lui appartient, et ainsi des auti^s.
Il y a eQCore clés choses qui nous cqnviennent, commcj