‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 46 sur 207 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

maladie et santé, puissance et faiblesse, bonheur et malheur ; choses dont nous avons en nous les idées.

Nous avons déjà remarqué ces dbux mots, Dieu et créature, avec les idées qui leur répondent, A'étre qui fait tout et d'être fait par un autre,

A ridée d'être immuable, qui convient à Dieu, répond, dans notre esprit, ce qui est toujours de môme. A ridée de changeant, qui convient à la créature, répond de n'être pas toujours en même état.

Nous avons aussi les idées de beaucoup de choses naturelles ; par exemple, de tous les objets de nos sens. A ce terme, chaud ou froid, répond ce qui cause le sentiment que nous exprimons en disant : fai chaud ou fai froid. C'est ainsi que nous disons : Le feu est chaud. La neige est froide, A ce terme, doux ou amer, blanc ou noir, vert ou incarnat, répond ce qui cause en nous certaines sensations ; et, pour venir aux autres choses, à ce terme mouvement répond, dans les corps, être transporté d'un lieu à un autre. A ce terme repos répond demeurer dans le même lieu. A ce terme corps répond ce qui est étendu en longueur, largeur et profondeur. A ce terme esprit répond ce qui entend et ce qui veut ; & ce terme figure répond le terme des corps ; et ainsi des autres.

Nous avons aussi des idées très-nettes des choses que considèrent les mathématiques, telles que sont triangle, carré, cercle, figures régulières ou irrégulières, nombre, mesure, et autres infimes du même genre.

Les noms des choses qui se font par art, ou par invention et institution humaine, nous sont aussi fort connus. A ce mot de maison répond l'idée d'un lieu où

nous nous renfermons contre les incommodités du dehors. A ce mot fortification vépond Vidée d*une chose qui nous défend contre une grande force. Les lois, la police, le commandement, la royauté, la magistrature, les diverses formes de gouvernement ou par un seul homme, ou par un conseil, ou par tout le peuple, ont leurs idées très-claires qui répondent à chaque mot.

Quiconque prendra la peine de considérer ces mots, verra qu'il les entend très-bien, et démêlera aisément les idées qu'ils doivent rappeler, sans qu*il soit nécessaire de nous étendre maintenant sur tous ces objets.

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