‹ De la connaissance de Dieu et de soi-mêmeChapitre 58 sur 207 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

faux, comme faux. Car, de môme que le vrai est ce qui est, le faux est ce qui n*est point.

On connaît donc la fausseté d'une chose dans la vérité qui lui est contraire.

Ainsi, lorsque, en faisant ]e dénombrement des idées, nous y avons rapporté celles du vrai et du faux, il faut entendre que Tidée du faux n*est que Téloignement de Tidée du vrai.

De même, Tidée du mal n'est que l'éloignement de ridée du bien.

De cette sorte, à ces termes faux et mal répond, dans notre esprit, quelque chose ; mais ce qui y répond, c'est le vrai qui exclut le faux, et le bien qui exclut le mal.

Et tout cela est fondé sur ce que le faux et le mal, comme faux et comme mal, sont un non-étre, qui n*a point d'idée, ou, pour parler plus correctement, ne sont pas un être qui ait son idée.

Ce qui pourrait nous tromper, c'est que nous donnons au vrai et au faux, et môme au néant, un nom positif, mais de là il ne s'ensuit pas que l'idée qui y répond soit positive : autrement, le néant serait quelque chose, ce qui est contradictoire.

Au reste, on entend assez que le positif c'est ce qui pose et qui met ; et que le négatif est ce qui ôte. Le terme positif affirme, et le négatif nie, comme le porte son nom.

Page 1