CHAPITRE XV
Des ôtres appelés négatifB et privatifli.
De ce qu'un ôtre n'est pas un autre ôtre, et n'a pas en lui quelque chose, on a imaginé certains êtres qu'on
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appelle êtres négatifs ou êtres privatifs : par exemple, de ce qu'un homme a perdu la vue» on a dit qu'il était aveugle ; et puis, en regardant Taveuglement comme une espèce d'être privatif, on a dit qu'il avait ea lui Taveuglement.
Mais tout cela est impropre ; et il n'y a p«:«oone qui n'entende qu'être aveugle, ce n'est pas avoir quelque chose, c'est-à-dire n'avoir pas la vue.
Tout ce donc qu*il y a à considérer, c'est que ce qui n'a point quelque chose, ou il est capable de l'avoir, comme l'homme est capable d'avoir la vue ; et en ce cas, n'avoir pas s'appelle privation : ou il en est incapable, comme un arbre n'est pas capable de voir ; et en ce cas, n'avoir pas s'appelle négation.
La raison de ces expressions est évidente ; car le terme de négation dit simplement n'avoir pas, et le terme de privation suppose de plus qu'on est capable d'avoir ; et c'est ce qui s'appelle en être privé. On ne dit pas qu'une pierre a été privée de la vue, dont elle était incapable : cette privation ne regarde que les animaux qui peuvent voir.
Ces choses, légères en soi, sont néœssaires à observer, pour entendre le discours humain, et pour éviter l'erreur d'imaginer quelques qualités positives, toutes les fois que nous donnons des noms positifs.