I. Ce que c^est que le corps organique
La première chose qui paraît dans notre corps, c'est qu'il est organique, c'est-à-dire composé de parties de différente nature, qui ont différentes fonctions.
Ces organes lui sont donnés pour exercer certains mouvements.
Il y a de trois sortes de mouvements : celui de haut en bas, qui nous est commun avec toutes les choses pesantes ; celui de nourriture et d'accroissement, qui nous est commun avec les plantes; celui qui est excité par certains objets, qui nous est commun avec les animaux.
L'animal s'abandonne quelquefois à ce mouvement de pesanteur, comme quand il s'assoit ou qu'il se couche ; mais le plus souvent il lui résiste , comme quand il se tient droit ou qu'il marche. L'aliment
•I. Les progrès des sciences physiques et médicales depuis Descartes et Bossuet exigeaient pour ce chapitre et pour le suiyant la rectification de quelques erreurs. Parmi les annotations qui s'y rapportent les unes sont dues au docteur de Lens (Adrien - Jacques) , mon père, membre de l'académie de mé-
decine, décédé en i 846, et ont été publiées dans les éditions successiyes des OEuvres philosophiques de Bossuet, dont la première est de 4 843; les antres, qui sont nouyelles, ont été rédigées par son petit-fiU, Emile de Lens, aide d'anatomie. à la Faculté de Paris, ancien interne des hôpitaux.
est distnbac dans tontes les ])arties da corps, a* préjudice du cnurs qu'ont naturelle me ni les choses pesantes ; de sorte qu'on peut dire que les deux derniers mouvements résiateat au premier, et, que c'est une des différences des piuntes et des auimaox d'avec les autres corps pesants.
Pour donaer des noms à ces trois monvements divers, nous pouvons nommer le premier, mouvement naturel; le second, mouvement vital; le traisiènK, monvement animal : ce qui n'cmpèch^-a pas qwe le
tre ne soient naturels.
Ce mouvement, que nous appelons animal, est le même qu'on nomme progressif, comme avancer, reculer, mardier de côté et d'autre.
Au reste, il vaut mieux, ce semble, appeler ce mouvement animal que volontaire, 4 cause que les animaux, qui n'ont ni raison ni volonté, le font
Nous ponrrîons ajouter à oes mouvements le mouvement violent , tpii anive à l'animal quand on le traîne ou qu'on le pousse, et le mouvement coqt»1sif. Mais îl a été bon de considérer , avant toutes choses, ks trois genres de mouvemcMs, qui sont, pour ainsi parler, de la première rutention de la nature.
Le premier n'a pas besoiti d'oi^MKS, et c'est jiourqnoi nous l'appelons purement naturel, quoique les médecins réservent ce nom au mouvement du cceur. Les demi aulres ont besoin d'organes ; et il a fallu, pour les exercer, que le corps fût composé de plusieurs parties.
n. Hivîilon des panies du corps, et descriptioii des extérieures.
Elles sont extérieures et intérieures.
Entre les p^irtles estérie'"^, la [o-incipale est la
tête, qui au dedans enferme le cerveau, et au dehors, sur le devant, fait paraître le visage, la plus belle partie du corps, où sont toutes les ouvertures par où les objets frappent les sens, c'est-à-dire les yeux, les oreilles et les autres de même nature.
On y voit entre autres l'ouverture par où entrent les viandes, et par où sortent les paroles, c'est-àdire la bouche. Elle renferme la langue, qui avec les lèvi-es cause toutes les articulations de la voix par ses divers battements contre le palais et contre les dents.
La langue est aussi l'organe du goût; c'est par eue qu'on goûte les viandes. Outre qu'elle nous les fait goûter, elle les humecte et les amollit; elle les porte sous les dents pour être mâchées, et aide à les avaler. *
On voit ensuite le cou, sur lequel la tête est posée, et qui paraît comme un pivot sur lequel elle tourne.
Après, viennent les épaules, où les bras sont attachés, et qui sont propres à porter les grands fardeaux.
Les bras sont destinés à serrer, et à remuer ou à transporter, selon nos besoins, les choses qui nous accommodent ou nous embarrassent. Les mains nous servent aux ouvrages les plus forts et les plus délicats. Par elles , nous nous faisons des instruments pour faire les ouvrages qu'elles ne peuvent faire elles-mêmes. Par exemple, les mains ne peuvent ni couper ni scier; mais elles font des couteaux, des scies et d'autres instruments semblables, qu'elles appliquent chacun à leur usage. Les bras et les mains sont brisés en divers endroits, pour faciliter le mouvement, et pour serrer les corps grands et petits. Les doigts, inégaux entre eux, s'égalent pour embrasser ce qu'ils tiennent. Le petit doigt et le pouce servent a fermer fortement et exactement la